CHRONIQUE PAR ...

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Fromage Enrage
le 16 juin 2014




SETLIST

King of the Absurd
From the Pain of Loss (I Learnt About the Truth)
The Black Circus
Melancholic
Filaments Of Armageddon
Swarm Attack
A Lake That Drained
Complete
Cantos

Rappels :
Gypsies Dance Pt.1
Gypsies Dance Pt.2

AFFILIÉ

Manticora
Paris - Nouveau Casino
(11 septembre 2006)

02 juin 2014 - Paris - Le Divan Du Monde


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C'est toujours un grand moment de retrouver un de ses groupes favoris. On enfile son plus beau t-shirt, on réécoute les classiques avec une pointe de nostalgie. Et c'est après une journée d'intense excitation que l'on rentre dans une salle surchauffée, prêt à en découdre. Et... hein ? Quoi ? Mais où est passé tout le monde ?

En effet, il n'y a PAS foule ce soir au Divan du Monde. C'est bien simple : je nous ai comptés, on est trente cinq, sans compter le-très sympathique- barman et l'ingé son. Wow. Ça fait bizarre, très bizarre dans une salle qui peut accueillir deux cent metalleux. J'ai plus l'impression d'être sélectionné pour une émission de télé-réalité que de participer à un concert. Seven Kingdoms est donc en train de jeter ses dernières forces dans la bataille lorsque j'arrive au milieu d'une salle qui ne m'a jamais paru aussi spacieuse. Bien évidemment, le groupe officie dans le même registre que les stars de la soirée. Je ne connais pas les morceaux interprétés, mais les compères se donnent du mal, la chanteuse en particulier, qui a vraiment l'air de s'éclater. Devant un public si réduit, il faut saluer leur courage et leur implication. Les décibels retombent et Seven Kingdom range le matos. L'heure est venue d'attendre la tête d'affiche. Décidément, cette soirée est bizarre ! On a toute la place pour circuler, tout le monde entend les conversations de tout le monde... drôle d'ambiance. Qu'à cela ne tienne, le temps de siffler une bière, les lumières s'éteignent. Les stars de la soirée sont là, et prennent place pendant que l'évocatrice introduction "If" de l'album 8 Deadly Sins retentit, dans sa version studio, à travers les haut-parleurs de la salle. Derrière les fûts, Mads Wolf suit la rythmique morceau en air drumming. On le sent motivé et prêt à en découdre. Les hostilités démarrent de manière intense, mais classique : le majestueux "King of the Absurd" et sa rythmique surpuissante offrent une entrée en matière tonique et mélodique.
Évidemment, un concert avec trente personnes n'a pas grand-chose à voir avec un set devant une salle bondée et surchauffée. Pas de pogos, pas de slams, pas de wall of death ni d'autres réjouissances brutales. Les trois fans hardcore (dont je fais partie), placés tout devant, headbanguent à tout va et scandent les paroles avec ferveur. Le reste de l'audience apprécie le spectacle plus calmement, un peu plus loin de la scène, une bière à la main. Quelques photographes font crépiter leurs appareils. Mais sur scène, on se donne à fond. Et la soirée passe vite, très vite. Manticora déroule son power metal épique avec une fluidité et une maîtrise extraordinaires. Le dernier album en date, le plus si récent Safe, est encore à l'honneur puisque trois extraits en seront joués : "From the Pain Of Loss (I Learned About the Truth), "Complete", ainsi que le mélancolique "A Lake That Drained". Pas de place pour les ballades ou les mid-tempo, Manticora joue vite et bien : soli supersoniques, riffs en acier trempé, double grosse caisse frénétique. Et bien sûr, ce bon vieux Lars très en voix, à l'occasion d'un "Melancholic" très fédérateur ou d'un"Cantos" qui n'a pas volé sa place parmi les grands classiques du groupe.
Histoire que le bougre reprenne un peu son souffle, ses camarades le mettront dehors le temps d'un "Swarm Attack" aussi réjouissant qu'inattendu. Toujours issu de l'album "Hyperion", nous aurons également droit à la généralissime "Filaments Of Armageddon", avec, en guest-star, Sabrina Valentine de Seven Kingdoms qui viendra assurer les vocalises féminines du morceau, tout en délicatesse. Un très bon moment. Lars et sa bande sont toujours aussi fondus du bouquin de Dan Simmons, puisque Lars se fera une joie de rappeler à quel chapitre de la saga correspond quel morceau. Déjà l'heure du rappel : Manticora décide de nous achever avec la doublette des "Gypsies Dance". La première partie, avec ses riffs d'acier et sa rythmique démentielle, fait tourner la tête du public. Pendant la seconde, les membres de Seven Kingdoms, redescendus dans le public, décident d'enquiquiner un peu leurs confrères danois en faisant mumuse avec un crâne en plastique qui traînait sur la scène. Pas déconcentrés pour deux couronnes, Lars et tous ses compères (dont un nouveau petit jeune à la basse) assurent le morceau du début jusqu'à la fin.


C'est déjà terminé. Quel dommage que Manticora n'ait pas plus de succès en France, quand on connaît la qualité de leur musique et l'énergie qu'ils déploient dans leurs prestations live ! Pourvu que la faible affluence de ce soir ne les empêche pas de revenir très vite. Toujours est-il qu'en plus d'être de bons musiciens, les membres de Manticora sont très humbles et proches de leur public. Presque immédiatement après le concert, ils sont descendus au stand de merchandising pour discuter avec la poignée de fans qui les attendait. Un vrai plaisir, je vous dis !


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