CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
le 09 février 2014




SETLIST

And So I Watch You From Afar

Eunoia 
Big Thinks Do Remarkable 
Like a Mouse 
BEAUTIFULUNIVERSEMASTERCHAMPION 
A Little Bit of Solidarity Goes a Long Way 
Ambulance 
7 Billion People All Alive at Once 
Mend and Make Safe 

Rappel:
Set Guitars to Kill 
Search:Party:Animal 
The Voiceless 

AFFILIÉ

And So I Watch You From Afar
Paris - La Flèche d'Or
(04 mai 2015)

03 février 2014 - Paris - Le Batofar


And_So_I_Watch_You_From_Afar_-_Man_Is_Not_A_Bird_Paris_-_Le_Batofar_20140203

Le lundi est une vraie journée de merde, Garfield vous le confirmera. Reprise du taf, manque de sommeil après un week-end génial, journée de travail bien chargée avec des collègues stressés qui ont la bonne idée de vous refiler tout leur stress, temps pourri, bref ce lundi était vraiment un lundi de merde. Quoi de mieux pour compenser tout ça qu’un concert dans une petite salle qui ne paye pas de mine, le Batofar, avec un groupe de rock instrumental coup de cœur de l’année 2013. Au final… ce lundi n’était peut-être pas tant que ça une journée de merde.

Il y a la queue devant le Batofar pour voir les irlandais de And So I Watch You From Afar ce lundi 3 février, surtout des jeunes, qui parlent pas mal de math rock et de post-rock dont je ne connais pas bien les noms (allez si, j’ai dégoté Jean Jean, un groupe de français faisant dans la musique instrumentale de qualité). Bref. Je rentre. Je me dirige vers le devant de la scène pour assister à la première partie. Les français de Man is Not a Bird (wouhou super le nom !) débarquent avec leurs mèches bien étudiées et offrent un mélange entre math-rock et post-rock pas mal influencé par les irlandais en tête d’affiche et God is an Astronaut . Ils alterneront de manière assez efficace pour des débutants les deux types de morceaux afin de ne pas lasser l’auditeur. Les guitares sonnent bien, la basse un peu moins, et le batteur s’avère très bon. Chacun maîtrise très bien son instrument, les rythmiques sont assez efficace et quelques personnes à l’avant s’extasient sur les doigts des gratteux qui délivrent de chouettes mélodies. Pas foncièrement original, le groupe ne déméritera pas, notamment avec un dernier morceau plein d’énergies. De quoi finir le set sur une note positive et convaincre les amateurs de leur acheter un T-Shirt pour les aider à financer leur premier album. Honnête.
Pause. La salle se remplit tandis que les irlandais s’accordent, changent la batterie et vérifient les micros. L’impatience commence à se faire sentir et c’est avec une explosion de joie que les musiciens d’And So I Watch You From Afar reviennent sur scène en jouant les premières notes joyeuses de l’introduction "Eunoia" et enchaînent sur les mélodies imparables de "Big Thinks Do Remarkable". Et le public ne s’y trompe. Le devant de la scène ne cesse de bouger et de sauter joyeusement dans tous les sens tout en reprenant les mélodies et les chœurs des morceaux. Les irlandais semblent visiblement heureux d’être là, moins d’un an après leur venue parisienne pour défendre All Hail Bright Futures. D’humeur joyeuse, le guitariste leader Rory Frears fera même une blague sur la salle « We’re on a boat ! ». Il est d’ailleurs véritablement sympathique avec sa longue barbe, son jeu de guitare varié et maîtrisé (aussi bien les riffs que le tapping) et son sourire dont il ne se départit jamais. Et les autres ne sont pas en reste avec un son impeccable, les guitares sonnent de façon claires et savent aussi être lourdes sur les passages plus metal ("BEAUTIFULUNIVERSEMASTERCHAMPION" et une bonne partie du rappel), la basse groove quand il le faut ("7 Billion People All Alive At Once") et la batterie reste bien pêchue. Et comme le public est à fond pendant tout le concert, le show se déroulera dans une euphorie très agréable qui gagnera progressivement toute la salle.
Une euphorie fort compréhensible vue la set-list proposée. Tous les albums seront représentés et les mélodies d’All Hail Bright Futures enchantent le public avec un "Ambulance" punchy et surtout un "Mend and Make Safe" dont les samples de flûtes et autres instruments à vent sont balancés live par le second guitariste et ajoutent une dose d’improvisation très agréable. Pour le reste, le groupe offrira un set très porté sur la guitare et il faut bien avouer que des morceaux comme "BEAUTIFULUNIVERSEMASTERCHAMPION" ou "7 Billion People Live At Once" ont des parties de guitares tellement jouissives et alternent savamment passages math-rock et post-rock tout en agrémentant cela de quelques touches metal, que le public ne peut que réagit au quart de tour à toutes ces mélodies. Heureusement qu’un morceau plus calme comme "A Little Bit of Solidarity" arrive à faire retomber la pression. Mais c’est surtout le rappel qui amènera le concert à un autre niveau de folie le groupe enchaînant les classiques "Set Guitars to Kill" où Rory Fears aura l'idée saugrenue un moment de lâcher sa guitare dans le public, "Search :Party :Animal" de Gangs et la magnifique "The Voiceless" et ses solos d’une beauté à pleurer pour achever le public. Ces trois morceaux alternant passages mélodiques et riffs saignants auront raison d’un public euphorique et finiront la soirée trop courte (ils ont joué 1h20-25) sur les paroles émues des différents membres du groupe.


A la sortie du concert, j’avais la banane. Les gars d’And So I Watch You From Afar ont ceci de bien qu’ils ont un air profondément sympathique. Et le public français ne s’y trompe pas en étant ultra réceptif en concert. Voir les irlandais en live est une chose à faire au moins une fois dans sa vie tellement ils dégagent d’énergie. On sent qu’ils s’éclatent entre eux et que la réaction du public leur donne encore plus de punch. Bref, rien de tel qu’un concert d’ASIWYFA pour savourer de belles parties de guitares et se remettre d’aplomb. J’en reprendrai bien davantage la prochaine fois.


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