CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
le 25 mai 2015




SETLIST

Mylets

And So I Watch You From Afar

Run Home
These Secret Kings I Know
Wasps
BEAUTIFULUNIVERSEMASTERCHAMPION
Gang (Starting Never Stopping)
7 Billion People All Alive At Once
Search:Party:Animal
Like A Mouse
S Is For Salamander
A Beacon, A Compass, An Anchor
A Little Bit of Solidarity Goes A Long Way
Tryer, You

Rappel:
Eunoia
Big Thinks Do Remarkable
Set Guitars To Kill
The Voiceless

AFFILIÉ

And So I Watch You From Afar
Paris - Le Batofar
(03 février 2014)

04 mai 2015 - Paris - La Flèche d'Or


And_So_I_Watch_You_From_Afar_-_Mylets_Paris_-_La_Fleche_d'Or_20150504

Voir les Irlandais d’And So I Watch You From Afar en concert, c’est se prendre une véritable claque dans la gueule. Car les gars savent y faire, balançant des riffs et de l’énergie à ne savoir qu’en faire alors que leur public crie, hurle et se remue comme jamais. Déjà impressionné par leur prestation lors du concert au Batofar l’année dernière, je ne pouvais décemment pas les louper en ce lundi 4 mai, jour de sortie de leur dernier album Heirs. Et je n’ai clairement pas été déçu, le show fut bouillant comme jamais et la Flèche d’Or devint l’espace d’un soir, un véritable four à hipsters.

Mais avant la grosse mandale, il faudra s’occuper avec la première partie, un jeune américain provenant de l’Arizona dont le projet s’intitule Mylets. Son deuxième album, Arizona, étant sorti sur le label Sargent House, il vient ici faire montre de ses talents à la fois de guitariste et de chanteur. Car, tenez-vous bien, l’homme sera seul, accompagné de ses samples ce qui rend le jeu de scène plutôt pauvre. Au niveau de la guitare, le jeune homme se débrouille très bien offrant des plans assez techniques et souvent très mélodiques, typiques du math-rock, agrémentés de quelques twists bienvenus. La magie opère, mais s’effondre très vite à chaque morceau... lorsqu’il décide de pousser la chansonnette. Car clairement, le guitariste malgré toute la bonne volonté du monde chante faux, de sa voix braillarde, et ce pendant tout son set. Dommage donc, mais s’il s’entoure d'autres musiciens son projet gagnera très probablement en intérêt.
Mylets se retire et la salle commence lentement à se remplir tandis que d’autres vont se recharger en bière hors de prix. Les lumières s’éteignent et le groupe démarre les hostilités sur la très efficace "Run Home". Devant, le public suit et saute un peu, mais comme le morceau provient de Heirs, un album sorti le jour même, il semble normal que la fosse ne soit pas totalement au taquet. Pourtant, l’enchaînement "Run Home", "These Secret Kings I Know" et "Wasps" est d’une efficacité assez redoutable et leur potentiel live devrait être décuplé dans les mois à venir. Bref, après ces trois morceaux d’échauffement montrant un groupe en grande forme (les guitares sonnent formidablement bien, la batterie ne mange pas tout le mix et la basse gagnera en intensité au fil du set), les choses sérieuses peuvent commencer. Dès les premières notes de "BEAUTIFULUNIVERSEMASTERCHAMPION" toute la salle se met à sauter, à se rentrer dedans à chaque riffs tandis que Rory Friers vit le moment à fond, gesticulant de partout avec sa guitare. Le groupe d’ailleurs n’hésite pas à faire durer certaines pauses, pour mieux relancer la foule ensuite. Un régal !
Et plus rien ne les arrêtera que ce soit la très efficace "Gang (Starting Never Stopping)" ou la plus calme "7 Billion People All Alive At Once", les gars sont à fond transpirant de partout tandis que le public répond à chacune de leurs injonctions. ASIWYFA a d’ailleurs un avantage assez certain pour le live : les rares paroles sont souvent d’une simplicité remarquable que même un inconnu pourrait les reprendre. C’est le cas sur de nombreux morceaux joués ce soir ("7 Billion People All Alive At Once", "Run Home", "Eunoia", "Big Thinks Do Remarkable"…).  Les Irlandais enchaîneront donc les titres, restant carrés et distribuant de l’énergie à revendre. Le public aura même le droit à un peu de groove sur "Search:Party : Animal" et la chance d’avoir "S Is For Salamander", un morceau bien rock directement issu de leur E.P. Letters. Bref que du bon ! Le groupe saura même finir en beauté son show avec la ballade finale du dernier album "Tryer, You" qui reposera tout le monde.
Attendez, finir ? Mais vous êtes fou, non ? Les fans de math-rock survitaminé n’ont pas assez jumpé et la salle n’a pas encore atteint une température indécente. C’est donc à ce moment-là que vint le rappel sur les premières notes joyeuses d’"Eunoia" de l’excellent All Hail Bright Futures. Et le public ne s’y trompe pas reprenant le chant en cœur, sautant, se bousculant et headbanguant sur le morceau et sa suite "Big Thinks Do Remarkable". La folie reprend alors que le groupe enchaîne sur la classique "Set Guitars To Kill". Rory Friers et Niall Kennedy sont en feu, tandis que Chris Wee cogne comme un furieux sur sa batterie. Les lightshow sont rouge et tout semble parfait. Le public n’en peut plus, éreinté par 1h30 d’un show intense et bouillonnant. Heureusement pour eux, ASIWYFA finira avec les guitares mélodiques et aériennes de "The Voiceless", un superbe morceau, et une très belle note mettant un point final à un concert survolté, maîtrisé de bout en bout.


Encore une fois, les Irlandais ont réussi à convaincre même les plus sceptiques ! Voir ASIWYFA en concert sera toujours quelque chose d'intense, un peu comme se prendre une bonne claque blindée d’énergie dans la tronche. On en ressort lessivé, heureux de ce déluge de sincérité et de bonne humeur. Et pour clôturer parfaitement la soirée, le groupe, tout transpirant et souriant, était présent à la sortie pour signer les différents albums achetés. Un beau cadeau, pour un concert exceptionnel !

Album photo Mylets : Das Silverfoto

Album photo ASIYWFA : Das Silverfoto


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