CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
le 12 janvier 2014




SETLIST

Uneven Structure

Awaken
Frost
Hall
Exmersion
Buds
Awe
Limbo
Dianoia
Egocentric Focus
Higher Quiddity

The Algorithm

Trojans 
Antikythera Mechanism 
Access Granted
Isometry
Logic Bomb
Bouncing Dot 
Harder Better Faster Stronger (Daft Punk Remix) 
Machine (Born Of Osiris Remix) 
Warp Gate Exploit

AFFILIÉ

The Algorithm
Lille - La Péniche
(22 mars 2016)
Paris - La Cigale
(25 janvier 2013)

22 décembre 2013 - Paris - Le Batofar


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Le 22 décembre au Batofar, See You In The Pit avait décidé de faire plaisir aux amateurs de djent et de musique technique en faisant venir quatre groupes (Cycles, Kadinja, mais surtout Uneven Structure et The Algorithm) pour une soirée essentiellement française. Alors il était hors de question que Les Eternels loupent le passage de deux groupes aussi talentueux que celui de Mathieu Romarin (Uneven Structure) et celui de Rémi Gallego (The Algorithm). Et on peut dire après cette soirée qu’ils ne font pas mentir leur réputation.

Le Batofar est déjà bien rempli, essentiellement de jeunes entre 15 et 30 ans, lorsque Cycles attaque avec son deathcore mâtiné de djent. Pour eux, c’est une grande première puisqu’ils jouent leur tout premier concert. Pourtant, même s’ils ne s’avèrent pas très communicatifs, ils ne démériteront pas offrant une prestation carrée et une énergie qui fait plaisir à voir (notamment venant des deux chanteurs), ce qui contrebalance avec le manque d’originalité de leur musique. Un début prometteur donc. Ensuite, vient le tour de Kadinja qui, pour l’occasion, fête la sortie de leur premier EP (qui en réalité sortira dix jours plus tard). Encore une fois, ils sont jeunes et jouent dans un metal progressif dense et lourd à la Periphery, Ever Forthright ou Protest The Hero. Accompagné de trois guitaristes (dont Max Michel guitariste live de The Algorithm), le groupe joue grave grâce aux sept cordistes, technique et offre quatre très bons morceaux qui donnent envie d’en entendre davantage. Ils impressionnent  (aussi bien au niveau du chant clair/growl que des instruments) et on sent que dans la salle pas mal de personnes étaient venus pour eux. Un très bon point qui ne sera entaché que par un son légèrement brouillon et par l’absence de batteur fixe, ce qui obligera le groupe à en faire tourner trois (Jean Ferry de Uneven Structure, Mike Malyan de The Algorithm et Monuments et Grégoire Michelet) et hachera inévitablement le concert. Dommage, car Kadinja aura impressionné ce soir-là par leur maîtrise technique, mélodique et leur agressivité.

Place ensuite à Uneven Structure dont la présence est assez imposante sur l'étroite scène de la péniche avec pas moins de trois guitaristes plus un bassiste. L'accordage des guitares étant cependant plus proche d'une basse standard que d'une gratte standard, imaginez le souffle de fréquences graves dans la figure... Niveau setlist, les gars ne se casseront pas la tête : 7 titres de Februus dans l'ordre de la galette suivis des 3 premiers titres de 8. Voilà. Très bon choix cependant de commencer par Februus avec "Awaken" qui « djent » d'entrée avec ce riff incrompréhensible rythmiquement ce qui n'empêche pas d'headbanguer maladroitement. Première évaluation du chant au passage qui s'avère aussi convainquant en clair qu'en saturé que sur album, vraiment bluffant. On regrettera plutôt un léger statisme du chanteur, même si la largeur de scène ne permettait pas des folies. Les morceaux s'enchaînent donc comme sur album, quasiment sans interruptions, recréant de la sorte une atmosphère très forte. Proche stylistiquement de TesseracT, il est appréciable de retouver ces ambiances aériennes si caractéristiques de la formation de Metz. Mais ce sont les polyrythmies folles de "Hail" qui remporteront les faveurs de votre serviteur. La fin de set s'avère très brutale avec 8 (premier album du groupe ressorti cette année dans une version « retravaillée») et un poil trop écrasante mais conclut un excellent set du groupe hexagonal.

C'est à présent le tour du gros morceau de la soirée, quand débarque le frêle Rémi Gallego sur fond du début de "Trojans", accompagné de son comparse génial Mike Malyan à la batterie. La tension monte d'un cran et la folie gagne rapidement la fosse après le lancement du beat de l'enfer pour faire tanguer le navire. L'intégralité du concert sera un joyeux bordel dans la fosse majoritairement composée de metalheads n'ayant que faire des codes de danse électro. Niveau compos, les morceaux ne ressemblent pas à ceux studio car retravaillés en direct par notre bidouilleur préféré et la dynamqiue apportée par la batterie apporte un énorme plus à ce travail. On aimerait faire autant d'éloges à Max Michel, guitariste accompagnant depuis peu l'Algorithme, mais on peine à entendre ce qu'il joue, un peu noyé entre le tourbillon schizophène électronique et le tabassage de fûts en règle du Britannique. "Access Granted" reste un des moments marquants du concert entre cette rythmique insoutenable et surtout injouable et cette pause WTF assez géniale au milieu. Les morceaux les plus electo comme "Logic Bomb" remportent toutefois largement les suffrages de l'audience. Le seul bémol du show, qui était toutefois prévu, c'est bien évidemment sa durée ! 45 minutes de Mike Malyan seulement, c'est injustement court tout en restant incroyablement long pour le bonhomme qui doit mémoriser toutes les détails de ces morceaux fous (on rappelle que ce n'est pas son groupe à l'origine) mais surtout tenir physiquement ! Après une reprise peu marquante de Born Of Osiris car sans batteur et relativement plate, Rémi invite sur scène les membres de Uneven Sturucture pour l'accompagner sur "Warp Gate Exploit", morceau idéal pour conclure et qui prend une toute nouvelle dimension avec du chant dessus.

Excellente soirée en compagnie de la crème de la scène djent française ! Après deux sympathiques premières parties, Uneven Structure s'affirme comme un groupe incontournable de la scène et qui a les moyens de faire encore mieux. Quant à The Algorithm, il s'avère définitivement une valeur sûre en live et une expérience incroyable à vivre au moins une fois. Au vu du succès exponentiel du bonhomme et de ses invitations de plus en plus prestigieuses sur les plus grands festivals de la planète, on lui souhaite le meilleur pour la suite en espérant cependant le revoir très vite et, à l'avenir, beaucoup plus souvent dans nos contrées ! 

Merci à Ptilouis pour avoir contribué à la première moitié de ce live-report !






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