CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
le 23 mars 2016




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The Algorithm
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22 mars 2016 - Lille - La Péniche


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Les temps ont bien changé depuis le dernier passage de Rémi Gallego à Lille. C’était au Midland, et les conditions techniques déplorables de la salle n’avaient pas permis au public, venu en masse, de profiter du talent du jeune Bordelais. Ce n’était que partie remise puisque près de trois ans plus tard, le projet électro/metal/expérimental/g33k/n’importenawak se rend à La Péniche.

Une première partie, pas de première partie ? Après l’annonce de Unstable pendant un temps, finalement il n’en sera rien. En raison de « problèmes administratifs », le groupe Lillois n’ouvrira pas, et c’est donc un public à froid qui va assister, quarante-cinq minutes après l’ouverture des portes, à la folie d’un concert algorithmique. Le jeune Français a opté pour une coupe à la Dave,et  c’est bien là le seul changement qu’il a apporté. Pour l’avoir vu à trois reprises déjà en trois ans (pourrais-je avoir un abonnement ?), je ne m’attendais pas le moins du monde à être déçu. Hormis son passage fastidieux dans une salle voisine de la ville, ses prestations au Cabaret Sauvage le 26 novembre 2014 et au 6K Fest le 17 janvier 2015 m’avaient laissé tout chamboulé et bouleversé.
En pleine promotion de son nouvel album à paraître le 1er avril (non, ce n’est pas une blague), Rémi, accompagné de Jean Ferry pour les live, va essentiellement jouer des chansons de Brute Force, dont les singles "Floating Point" et "Pointers", qui semblent laisser paraître un retour aux sources de Polymorphic Code. Toujours présente, cette multitude de références à l’univers des jeux vidéo qu’il avait laissé transparaître en masse dans Octopus4, mais avec une brutalité retrouvée. Mais quelle surprise (et légère déception) à l’entente de passages dignes d’un groupe de black suédois! Et même du Deafheaven par moments ! Et que dire des passages complètement électro/minimalistes proposés ? En bref, toujours cette capacité à marier tous les styles possibles.
Le jeu de lumière n’est pas en reste ! Une ambiance épileptique, à l’image de la musique déversée. On se demande encore comment Jean Ferry arrive à suivre pendant les morceaux. Certes, s’il faisait quelques fautes on ne s’en rendrait pas vraiment compte, mais tout de même, son assurance est assez déconcertante ! De même que Gallego, qui a définitivement adopté la guitare sur scène, alternant toujours avec aisance la table de mixage et l'ordinateur. Il se met même à effectuer quelques soli improvisés, plus ou moins utiles, comme cette reprise du thème de Fort Boyard pendant "Tr0jans". Car oui, il a tout de même gardé les tubes "Acces Granted", "Un Dernier Combat" ou "Synthesiz3r". On a même eu le droit à une reprise plus que bien venue de "Machine" de Born Of Osiris !
Des défauts ? Très peu. On pourrait citer le fait que les samples de voix n’étaient pas suffisamment puissants pour être appréciés, tout comme la guitare qui se devinait plus qu’elle ne s’entendait. Ou était-ce tout simplement la batterie qui était trop mise en avant ? Pour les fans purs et durs, ce n’est que détails, mais ceux qui découvraient ont pu être légèrement désappointés. Ils auront au moins pu admirer le talent de one-man show de l’artiste entre chaque morceau. A quand une petite reconversion ? C’est en revanche un set beaucoup trop court. OK, c’était un peu plus d’une heure tout de même, mais du coup, tout le monde dehors à 21h50. On a vu plus long pour une place à dix-sept euros.


Comme toujours, The Algorithm ne déçoit pas, en faisant part d’une incroyable énergie qui arrive à satisfaire tout type de public. Certes, la capacité maximale de la salle n’était pas atteinte, mais un set un mardi soir n’est jamais une bonne chose pour tout le monde. Merci à La Péniche d’avoir accepté cette date et en espérant que le prochain passage du groupe à Lille se fera au Splendid, si ce n’est au Zénith (que c’est beau de rêver).


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