The Foreshadowing

Entretien avec Alessandro Pace - le 10 avril 2012

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Winter

Une interview de




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The Foreshadowing a frappé un grand coup dans  le monde du gothic doom avec la sortie de Second World, une oeuvre qui contribue à donner ses lettres de noblesse à ce genre alliant pesanteur et finesse. Un tel album méritait bien une petite interview et Les Eternels on posé quelques questions au guitariste et fondateur du groupe, Alessandro, qui, en plus de parler de l'album, nous expose ses goûts et influences musicales.

Winter : Salut ! Peux-tu présenter brièvement le groupe pour ceux qui ne vous connaissent pas ?

Alessandro : The Foreshadowing existe officiellement depuis les années 2005/2006. Je suis le fondateur et créateur du groupe et j’ai décidé d’engager mes amis de longue date Franceso Sosto pour les claviers et Andrea Chiodetti comme second guitariste dans le line-up de départ. En fait le groupe s’est formé bien avant, fin 1999. Nous nous connaissions déjà et nous avions essayé de composer et de peaufiner des titres, mais le processus créatif avait dû s’interrompre pour deux raisons bien simples : nous ne pouvions pas trouver d’autres musiciens valables qui soient intéressés par le son gothic-doom et, entretemps, j’avais rejoint Klimt 1918, et donc nous avons décidé de suspendre notre activité. C’est seulement vers la fin 2005, une fois que chacun d’entre nous avait acquis de l’expérience au sein des groupes les plus importants de la « scène romaine », que nous nous sommes reformés pour retenter le coup. Nous trois avons donc composé les chansons et les arrangements de notre premier album Days of Nothing (sorti chez Candlelght Records en 2007), et nous avons rapidement été rejoints par Jonah Padella (batterie) et Marco Benevento (chant). Nous avons également demandé de l’aide à notre ami Davide Pesola (Kimt 1918) pour les parties de basse. Avec le même line-up nous avons enregistré notre deuxième album Oinos (sorti chez Cyclone Empire en 2010) et, avant le Summer Breeze Festival de 2010, nous avons engagé Francesco Giulianelli à la basse après une longue et difficile sélection. Pour le reste, tu sais ce qu’il en est.

Winter : Est-ce que je dis unes stupidité si j’affirme que la voix de Marco est similaire à celle du chanteur de Depeche Mode, Dave Gahan ? Cette comparaison avec Depeche Mode vous embête-t-elle ?

Alessandro
: Cette comparaison peut être faite, oui. C’est également une des raisons pour laquelle nous l’avons choisi comme chanteur ; en réalité, nous cherchions ce type de voix grave et profonde. Nous sommes tous des grands fans de DM d’ailleurs !

Winter : Avez-vous songé à inclure des voix féminines ?

Alessandro 
: Non, je dois admettre que cela pourrait être amusant d’ajouter quelque chose comme ça dans notre musique, mais il y actuellement trop de groupes qui utilisent des vocaux féminins et du coup c’est trop… ordinaire et banal. Je pense que la scène gothic-doom est saturée de voix féminines.

Winter :  Ce qui me frappe sur The Second World, c’est sa qualité permanente. Il n’y a pas chansons plus faibles ou même de passages faibles... Etes-vous des perfectionnistes ? Passez-vous beaucoup de temps pour composer chaque chanson ?

Alessandro
: Le temps que nous avons passé pour une chanson est assez variable. Bien sûr, il y a des chansons qui sont venues spontanément lors d’une répet' tandis que d’autres ont nécessité des mois pour être achevées de la meilleure manière possible. Dans tous les cas, quand nous composons un album nous passons le plus de temps possible sur chaque petit détail, donc en ce sens je peux dire que nous sommes des perfectionnistes. Pour nous, la qualité musicale est un des objectifs principaux.
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Winter : Même si pour moi, les deux groupes sont assez différents, je suppose que les gens ont tendance à vous comparer à Paradise Lost. Est-ce ainsi ? Aimes-tu cette comparaison ?

Alessandro
: Ce peut être une comparaison facile et un peu rapide, mais ce n’est pas un scandale de la faire si cela aide à nous classer dans un style de métal bien défini. Il s’agit des pionniers du gothic-doom metal, je pense que la plupart des groupes gothiques ont été influencés par leur œuvre, dire le contraire serait mentir !
Personnellement, je suis fan de leur musique depuis leur deuxième album Gothic et j’ai aussi aimé leur période Host. Maintenant, je pense que nous avons acquis une personnalité si forte en termes de style et de composition que nous nous sentons un groupe bien différent de Paradise Lost, comme tu l’as dit toi-même.


Winter : Le côté gothique de votre musique est plus proche de Sisters of Mercy, The Mission ou Asylum que de Christian Death ou Das Ich, par exemple. Quand les groupes de métal veulent inclure des éléments gothiques, ils utilisent souvent des vocaux à la Rozz William (MonumentuM par exemple). Ferez-vous de même un jour ?

Alessandro 
: Mmm je ne pense pas, je préfère les groupes que tu cites comme plus proches de nous.


Winter : Vous n’incluez pas de solos de guitar dans l’album, pourtant très mélodique. Considérez-vous les solos comme quelque chose de trop « rock and roll » ?

Alessandro
:  Il y a quand même quelques courts solos de guitare dans certains de nos morceaux, en général je les utilise quand je sens que la partie concernée requiert ce genre de solution. Dans notre musique il n’y a rien de décidé a priori. Si tu pensais à du shred ou du rock n’roll, il est clair que cela ne nous va pas. Je faisais ce genre de choses par le passé avec un de mes anciens groupes (Dope Stars Inc.)


Winter : Les paroles semblent évoquer poétiquement la fin du monde et les catastrophes. La fin du monde est-elle proche ? Sommes-nous tout au moins proches de la fin du monde tel que nous le connaissons ?

Alessandro
: Dans cet album, notre concept de l’Apocalypse doit être vu comme une sorte de révolution. Une révolution qui part de l’intérieur, ce doit être une révolution spirituelle. Nous devons simplement purifier nos vies de ce que l’homme a créé jusqu’à maintenant : une société mécanisée et deshumanisée, faite d’industrie, d’autoroute, de gratte-ciels, de voies ferrées, de trafic etc. Nous devons de nouveau prendre notre temps et chercher un nouveau monde, un second et meilleur monde. Nous devons mettre fin au premier monde en changeant notre façon de penser, notre mentalité.


Photo_FORESHADOWING_2_358h_300w Winter : L’un de vos morceaux s’appelle "Reverie is a Tyrant". Le métal gothique est en général assez fortement basé sur des sujets poétiques ou oniriques. Aimes-tu cet aspect de cette musique ?

Alessandro
: Cela dépend de la musique et de l’atmosphère créée. J’ai aimé des choses comme ça dans le passé, même si je préfère une approche introspective et réaliste des paroles en général.


Winter : en ce qui concerne le métal, quelles sont tes principales références/influences parmi les groupes de heavy-metal classiques ?

Alessandro
: j’ai commencé à écouter du métal avec des groupes comme Metallica, Black Sabbath, Testament, Slayer, Candlemass, Celtic Frost… Ce sont vraiment mes principales influences concernant le heavy-metal classique.


Winter : Quel est le profil de vos fans ? Des metalheads ou des gothic freaks ?

Alessandro
: Les deux à la fois, j’espère ! J’aime l’idée que différents types de public écoutent notre musique.


Winter : Et toi, te sens-tu plus proche de la scène métal ou de la scène gothique ?

Alessandro
: Un peu plus proche de la scène métal, puisque c’est la musique que j’écoute et que je joue depuis le plus de temps.

Winter : Es-tu intéressé par d’autres styles musicaux ?


Alessandro 
: Bien sûr, j’ai écouté du classique, du dark, gothique ou néo-folk, de l’indus, du prog, de la pop au fil du temps. En général, j’aime écouter ce qui est bon pour mes oreilles, indépendamment du genre.

Winter : Sur l’album precedent, vous avez fait une reprise de “Russians" de Sting. Pourquoi pas une reprise de "Never Let Me Down Again" un jour ?

Alessandro
:  Ah ah, bon choix, même si en fait ce serait trop banal de faire une reprise de DM, plein de groupes l’ont déjà fait ! Je choisirais une autre chanson de DM de toute façon, mais qui sait si un jour on ne fera pas ça, juste pour le fun... :)

 


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