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CHRONIQUE PAR ...

77
Sven
Cette chronique a été mise en ligne le 24 février 2015
Sa note : 16/20

LINE UP

-Aurélien Fouet-Barak
(chant+percussions)

-Baptiste Bertrand
(chant+guitare+programmation)

-Olivier Guyot
(basse+basse fretless)

-Wojtek Wojcik
(batterie)


TRACKLIST

1) Enter The Playground
2) Unicorns Represent
3) The Void Ahead
4) Les gens qui parlent seuls
5) HV InDaHouse
6) La Vérité (Biscuit Mou Couverture)
7) The Grain
8) Neo
9) Go With The Flow
10) Tout s'efface
11) Bienvenue
12) Outro

DISCOGRAPHIE


Human Vacuum - Enter The Playground
(2014) - fusion - Label : TMTC Production



Bonjour Monsieur, et bienvenue chez Human Vacuum. Notre plat du jour ? La maison vous conseille le Enter The Playground et son délicieux mélange de guitares vintage des années 2000, de basse groovy, de chant polymorphe et polyglotte et de happenings inattendus, le tout avec un son résolument morderne. Oui ? Ça vous tente ? Installez-vous et mettez-vous à l’aise monsieur, nous vous servons dès que c’est prêt.

France. Début du 21e siècle. Alors que l’on pensait le neo-metal mort et enterré depuis des années, une jeune formation issue de la région parisienne tente de faire revivre un style qui n’a pas délivré grand chose de valable depuis plus de dix ans. Au programme, donc du nü-metal. Mais pas que… On a affaire ici à un croisement improbable. Une fusion débridée entre de nombreux styles et de nombreuses influences, qu’il sera impossible de lister tant l’ensemble est assimilé, mixé, mélangé, le tout au profit d’une musique qui fait plaisir à ses auteurs, c’est indéniable et cela s’entend, mais aussi et surtout à ses auditeurs. Et c’est bien là le plus important. Que l’on soit fan ou non du « genre » à la base, pour peu que l’on puisse classer la musique du groupe dans un genre en tant que tel, les éléments sont tellement nombreux et les morceaux sont tellement variés que tout fan de metal au sens large pourra y trouver son compte. Du neo-metal donc,  on y a droit sur le titre éponyme, sur le bien-nommé "Néo" ou sur "La Vérité", qui est une « google-trad » de "The Truth" de Limp Bizkit (le fameux Biscuit Mou). La plupart des autres titres sont plus compliqués à mettre dans une case. "Unicorns Represent" par exemple, fait coexister des chœurs à la Manowar, des couplets en rap sur une base surf-rock, un refrain digne de System Of A Down et un solo néoclassique que l’on doit au guitariste d’Helioss. Rien que ça !
Tous les morceaux sont différents, mais on y reconnaît le son « Human Vacuum », porté notamment par la guitare de Baptiste Bertrand et par le chant d’Aurélien Fouet-Barak. Le premier délivre des riffs qui savent se faire ici gras et puissants ("Les gens qui parlent seuls"), et là clairs, cristallins et incisifs ("Tout s’efface"), et se mélangent, se succédent et se complétent au gré des compositions. Le guitariste nous gratifie également de son growl profond sur certains refrains. Le second est l’autre point fort de l’album. Même si les plus tatillons pourront être gênés par un accent quelque peu franchouillard et par un sigmatisme inhabituel sur les parties en anglais notamment, le chanteur dévoile une palette pour le moins éclectique (clair, growl, rap, reggae, chœurs...) qui force l’admiration. Le ton est tantôt humoristique ("Neo", "Unicorns Represent"), tantôt bien plus sérieux comme sur "Tout s’efface", sur lequel le duo avec Asphodel (ex-Pin-Up Went Down, öOoOoOoOoOo) fonctionne merveilleusement bien. Le leader est par ailleurs responsable de la quasi-intégralité des textes, qui sont une autre des (nombreuses) qualités du quartet. Quant à la section rythmique, elle n’est pas en reste. La batterie, toujours précise, s’adapte parfaitement aux différents styles prodigués et n’en fait jamais trop. La basse, délicieusement audible, est un modèle de groove. On notera au passage l’excellent travail sur la production que l’on doit à Zoé Von Herrschaft, également bassiste de The CNK. 


On finit l’écoute avec l’impression d’un album étonnamment maîtrisé là où le pitch pouvait laisser craindre le pire. Et avec la furieuse envie de voir le groupe en concert, comme si le message délivré sur l’outro avec force autotune du meilleur goût avait un effet hypnotique. La barre du premier album est passée avec brio, on ne peut que souhaiter à « Aspirateur Humain » le meilleur pour la suite.

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