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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 11 février 2015
Sa note : 16/20

LINE UP

-Kier Kemp
(chant)

-Laurence Beveridge
(chant)

-Cyrus Barrone
(guitare)

-Drew Woolnough
(basse)

-Luke Illingworth
(batterie)

TRACKLIST

1) Intermission
2) Say What You Want From Me (The Gost You Left Behind)
3) Turn Your Heaven To A Tomb
4) Exploding Heart Disorder
5) Edge of Eternity
6) Taste the Iron on Your Lips
7) Our Nature's Unnatural
8) Dream Of You
9) Brave the Night
10) In Wondrous Rage
11) Neon in the Dance Halls
12) Batten Down The Hatches
13) Maeby
14) Unbreakable Hearts
15) Lucifer's Shroud
16) City Falls To Dust

DISCOGRAPHIE


Fearless Vampire Killers - Unbreakable Hearts



-  Fiston ! Hé ho, fiston !
-  Quoi ?
-  Écoute moi ça ! Ça va te plaire !
-  Ah.
-  C’est un groupe de djeunz, il fait de la super musique trop top ! Écoute ce morceau, ça s’appelle "Neon in the Dance Halls"… C’est trop top !
-  Ah. Oui, c’est pas mal. Par contre, arrête de dire « djeunz », ou « trop top », s’il te plaît.
Avec mon fils, on a les mêmes goûts, on s’entend vachement bien. Il suffit que je lui passe un truc de dj… de jeunes de sa génération et il saute au plafond.

 
Et dans le cas présent, il a bien raison, le deuxième album de ces Anglais est excellent. Virevoltant, souvent surprenant, d’une qualité telle qu’on en oublierait presque leur look horrible à mi-chemin entre les Jonas Brother et la troupe de Marilyn Manson époque Grotesque. Selon la sacro-sainte Wikipedia (détentrice de la Vérité Absolue), les petits gars citent tout un tas d’influence, de Green Day à Queen en passant par Metallica. Tellement d’influences qu’une personne normalement constituée n’ayant pas écouté Unbreakable Hearts se chope forcément un énorme fou rire. Elle rit, rit et rit jusqu’au moment où elle commence à écouter l’album et se rend compte que… c’est vrai. Unbreakable Hearts est un sacré mélange. Bon, attention, la base c’est quand même du gros rock, mélange de Muse, Green Day (justement), voire Offspring, mais les influences métalliques, voire metalcoreuses (metalcoriques ? metalcoriennes ?) sont indéniables et utilisées presque toujours à bon escient. Le « presque » c’est pour ce passage metalcore sur "Maeby", bien incongru, mais pour le reste, les chorus de guitares sur l’excellent et trépidant "Edge of Eternity", sur le bridge de "Neon in  the Dance Halls", sur l’entrée de "Unbreakable Hearts", j’en passe et des meilleures, démontrent que les loustics ont effectivement dû écouter quelques groupes de chevelus et ont su comment s’en inspirer.
Le groupe ne ment pas plus quand il cite Queen. On aurait pu parler aussi de Supertramp sur "Taste the Iron on Your Lips", mais ce qui est certain, c’est que plusieurs titres ont également un petit côté rock-opéra du genre de celui qu’on entend sur Bohemian Rhpasody ("Dream of You"). Bref, les tueurs de vampires ratissent large et bien, voire très bien. Unbreakable Hearts est un album varié, exécuté par des musiciens prolifiques (seize titres !) et la plupart du temps inspirés, capables de pondre des titres très rythmés, accrocheurs et impactants ("Turn Your Heavn to a Tomb", "Edge of Eternity", "Neon in the Dance Halls" ou encore le plus épique "Unbreakable Hearts"), mais aussi d’être crédibles dans les sessions d’allumage de briquet (ah, ça ne se fait plus dans les concerts ça ?). "Taste the Iron on Your Lips" ou "Brave the Night" font en effet partie des meilleurs morceaux de l’album, et quand FVK s’essaye à des sonorités plus sombres ("Lucifer’s Shroud"), ils restent crédibles, là où beaucoup de groupes similaires sombreraient dans le ridicule. Le seul reproche que l’on peut faire à l’album, reproche d’une logique imparable eu égard au nombre de chansons proposées, c’est que certains titres, sans être de véritables fillers, sont clairement d’un niveau moindre que les bombes évoquées précédemment. Le sautillant "Our Nature’s Unnatural", "In Wondrous Rage", ou encore "Maeby" (c’est un single de l’album, c’est sûr ?) sont quand même largement moins convaincants que leurs petits copains. Pas de quoi ternir la sensation de grande qualité de l’œuvre, cependant.

 
Fearless Vampire Killers est au pop rock un peu dur ce que Leprous est au metal (si c’est pas un compliment ça…). Unbreakable Hearts est un album riche, varié en diable, plein de bonnes idées démontrant une assimilation très intéressante de diverses influences et bien loin des à-priori que peut engendrer ce genre de formations. Si nos amis de la Perfide Albion arrivent à maintenir le niveau montré sur la grande majorité des chansons et s’abstenir d’inclure quelques titres plus poussifs sur leur prochain album, ce dernier sera une pure merveille.



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