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CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
Cette chronique a été mise en ligne le 18 janvier 2015
Sa note : 17.5/20

LINE UP

-Rorschach
(chant)

-Niko
(guitares)

-S.A.D.
(basse)

-Howahkan Ituha
(claviers+programmation)

- #
(claviers+programmation)

TRACKLIST

1) Hellalujah
2) Ego Fandango
3) The Walking Fed
4) I'm a Nerd

5) Modus Operandi
6) Black Widow
7) Last Bullet for a Gold Rattle
8) Lazy Boy
9) Deadly Scenes

DISCOGRAPHIE

Deadly Scenes (2015)

6h33 - Deadly Scenes
(2015) - barré metal prog groov, fou, dansant - Label : Kaotoxin



Mis sous les feux des projecteurs grâce en partie à leur collaboration avec Arno Strobl sur l’excellent The Stench From the Swelling, les gars de 6h33 cherchaient à se reconcentrer sur eux-mêmes, à prouver qu’ils savaient encore et toujours composer de la musique sautillante, variée, fofolle, mais surtout de qualité. Alors, ils se sont penchés sur un concept proposé par Rorschach, celui des sept péchés capitaux. Des péchés aussi variés qu’abordables de différentes manières. Et c’est à un tourbillon d’idées et de twists que le groupe nous convie avec Deadly Scenes, un disque sous forme de véritable comédie musicale.

Car plus que jamais, les 6h33 se sont lâchés sur cet album que ce soit au niveau des orchestrations ou des voix. Ici point de barrières, toutes les folies sont permises tant qu’elles permettent de rendre justice au thème de l’album. On ne s’étonnera donc pas d’entendre dès l’intro "Hallelujah", une chorale chanter les louanges aux Christ tandis que Rorschach, enfin libre de faire pleinement le pitre, entonne de sa voix théâtrale couplets et refrains sur fond de musique dansante et entêtante. Le morceau est court, plutôt direct et passe comme une lettre à la poste. Pourtant, ce n’est que le début, car dès la présentation du premier péché ("Ego Fandango"), l’album va prendre une tournure plus progressive. Les morceaux restent cohérents, mais n’hésitent pas à sauter du coq à l’âne. D’un côté, il y a les morceaux plutôt metal, comme la frénésie furieuse et grandiloquente d’"Ego Fandango" qui débouche sur les rythmiques tribales et les voix lancinantes et sinueuses de "The Walking Fed", pour nous embarquer vers la schizophrénie latente d’"I’m a Nerd", mélangeant couplets très énervés aux vocaux hardcore et refrains joyeux à coups de banjo et de guitares. De l’autre, les 6h33 montrent leur amour pour les musiques de films avec une grande place attribuée aux orchestrations, mais aussi grâce à des morceaux clins d’œil comme "Modus Operandi" pour Dany Elfman, ou encore "Last Bullet for a Gold Rattle" qui n’est pas sans rappeler un Ennio Morricone se transformant en Devin Townsend. Oui, vous lisez bien, cet album en met véritablement partout.
Et s’il en met partout, il fallait bien que Rorschach se démène à mort pour rendre tous ces péchés crédibles. Et c’est ce qu’il fait avec brio, n’hésitant pas à beugler ("Ego Fandango", "I'm a Nerd"), à en faire des caisses ("Modus Operandi") ou à avoir une voix bien plus aérienne ("Lazy Boy"). Mais il n’est pas le seul à participer à cette joyeuse fête puisqu'une chanteuse, Béné, apporte une touche féminine bienvenue sur certains morceaux ("Black Widow") et que les jeux de voix se font beaucoup plus présents ("Modus Operandi", "Black Widow"), notamment grâce à la présence bien plus importante de chœurs qui renforcent les ambiances. Pour autant, 6h33 reste assez fidèle à lui-même sur des morceaux qui, tout en restant variés, avec des parties instrumentales ultra prenantes, gardent ce côté dansant et assez immédiat ("Hallelujah", "I’m a Nerd", "Black Widow"). Cet aspect direct contraste avec le long final en trois actes, "Deadly Scenes", qui offre un panorama assez complet de ce que peut être 6h33, que ce soit dans ses aspects les plus théâtraux avec une sublime montée post-rock en fin de deuxième partie, ou un final très rock. Bref, du très bon, qui tout en étant sensiblement différent notamment grâce à quelques riffs bien sentis, se rapproche plus de The Stench From The Swelling que d'Orphan of Good Manners. Finalement, il est très difficile de faire des reproches à cet album qui s’avère très bien mixé vu la densité de la bête. Peut-être seulement pourra-t-on noter quelques références à Devin Townsend pas toujours très bien dissimulées (le refrain d’"I’m A Nerd" ou la voix aérienne de "Lazy Boy"), mais ce serait vraiment faire la fine bouche.

Peu importe la façon dont vous aborderez ce dernier album de 6h33, ces français sauront vous prendre par les sentiments. Que ce soit grâce à des refrains ultra catchy, des passages instrumentaux groovy, des montées purement progressives ou des passages plus ambiants, les 6h33 ont peaufiné leurs péchés pour les rendre imparables aux communs des mortels. Alors ne résistez plus et laissez-vous tentez comme moi par cette fête déjantée. Je vous promets que vous ne le regretterez pas.



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