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CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
Cette chronique a été mise en ligne le 17 janvier 2015
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Brett Campbell
(chant+guitare) 

-Devin Holt
(chant+guitare)

-Joseph D. Rowland
(chant+claviers+basse) 

-Mark Lierly
(batterie)

TRACKLIST

1) Worlds Apart
2) Foundations
3) Watcher in the Dark
4) The Ghost I Used to Be
5) Ashes
6) Vanished

DISCOGRAPHIE


Pallbearer - Foundations of Burden
(2014) - doom metal - Label : Profound Lore Records



Pallbearer a tout du groupe de hipster. Chemise à carreaux de rigueur, barbe velue comme on l'aime, style catalogué doom metal dans sa version la plus classieuse et lumineuse (sorte d'équivalent de ce qu'est Sunbather pour le black metal). D'autre part, signé chez Profound Lore Records et encensé à l'excès par Pitchfork et ses apôtres, il semblerait que le groupe ait déjà là atteint le stade de la consécration parmi le cercle élitiste des initiés.

Empruntant de la marche funéraire avec son tempo sonnant le glas à chaque mesure, la formation américaine sait aussi dénicher un sacré groove avec une basse tant vrombissante que surprenante dans ses lignes ! Certes, nous avons bien là affaire à du doom tantôt traditionnel (Candlemass venant en tête parmi les maigres références en la matière de votre serviteur), mais allant intelligemment parfois lorgner vers les sonorités plus gothiques, avec ses guitares larmoyantes qui ne sont pas sans rappeler celles du compère Mackintosh de Paradise Lost à l'époque de Gothic justement. On peut aussi penser au début de carrière d’Anathema, dans une moindre mesure. Car le tout est développé avec une approche très savamment mélodique et encore une fois… lumineuse. Jamais procession funèbre ne fut si divinement illuminée par la grâce que "Watcher In The Dark", sommet indiscutable de la galette, à la décharge cathartique des plus systématiques.
Le chant sera le point le plus épineux pour le néophyte. A la fois clair et plaintif, il s’inscrit dans la tradition d’un timbre nasillard propre au genre, tout en restant beaucoup plus classe et surtout plus varié que la moyenne. Six titres pour une heure de rituel qui passe comme une lettre à la poste, je vous laisse le savant calcul pour estimer la durée moyenne de chaque messe. On a bien là affaire à un bloc uniforme et cohérent, tout en sachant éviter l’écueil de la répétition, chaque titre possédant un petit quelque chose de marquant : "The Ghost I Used To Be" et son accalmie magnifique, l’intro si lourde et suffocante de l’opener "Worlds Apart" et son pont en cantiques, "Vanished" tirant pleinement dans le « funeral »  tout en conservant un chant angélique… Inutile de repréciser que ce genre de son lourd et avant tout porté sur l’ambiance, s’appréciera dans des conditions mentales et d’environnement toutes particulières afin d’extraire la substantifique moelle au plus profond de l’épais son de nos acolytes.


Musicalement, la musique de Pallbearer reste largement très originale car difficilement catégorisable précisément. Évoquant une multitude d’influences sans jamais parvenir à mettre le doigt sur une, le groupe trouve son salut évidemment aussi par sa qualité d’écriture, proposant un album extrêmement solide et sans failles. Point de temps mort et point de faux pas, The Foundations of Burden se hisse facilement dans le top du genre pour l’année 2014.


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