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CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
Cette chronique a été mise en ligne le 19 décembre 2014
Sa note : 17/20

LINE UP

-Mária Molnár 
(chant) 

-Thomas Williams
(paroles sur 4. et 5.)

-Dömötör Gyimesi 
(chant+guitare)

-Gergo Drahota 
(basse)

-János Mayer 
(claviers)

-Péter Csontos 
(violoncelle sur la 6) 

-Jeno Miklós Godó 
(batterie)

TRACKLIST

1) Ethereal Eternity
2) Black Spiral
3) Memento Mori 
4) The Last Drop Falls
5) Presentiment 
6) Presentiment (Part II) 
7) False Sense of Confidence 
8) It's Ubiquitous
 

DISCOGRAPHIE

Presentiment (2014)

Dreamgrave - Presentiment
(2014) - death metal metal prog dark metal Hongrois que c'est du bon ! - Label : Autoproduction



La dématérialisation de la musique a transformé et fait évoluer le quatrième art à la vitesse exponentielle des débits de bande passante internet. Comme tout ne peut pas être noir dans ce tableau, le système permet aussi de découvrir (dans le puits sans fonds des sorties) quelques trésors que l'ancien système n'aurait pu permettre. C'est ainsi qu'au détour de plusieurs clics je découvre Dreamgrave et son premier album Presentiment.

Il est des histoires de groupes et de musique parfois un peu étonnantes :  Dömötör Gyimesi, fan de musique, compose à ses heures et finit par faire une démo de ses compositions qui connait un étonnant (selon ses propos) succès l'encourageant à aller plus loin et composer directement un album. Commencent alors les difficultés usuelles : stabiliser un line-up et produire ses compositions. Deux rencontres vont faire avancer son projet : d'abord celle de János Mayer qui, avec ses claviers, apportera la touche progressive à la musique, puis celle de la soprano Maria Molnár qui donnera une nouvelle dimension aux compositions. Le groupe se stabilise ainsi et trouve définitivement son style. Une base metal rock devenue progressive avec de belles couleurs lyriques et mélodiques ("Presentiment"). Parfois le rock se fait death ("Memento Mori "), voire blackisant ("Black Spiral"), mais se calme dans des variantes plus gothico-épique (" It's Ubiquitous") jusqu’à pousser parfois sur des arrangements ou bridge jazz ("False Sense of Confidence"). L'ensemble reste très cohérent et le fil conducteur dark progressif est superbement orchestré.
On met d'ailleurs un peu de temps à entrer dans l'album car les presque deux minutes trente de "Ethereal Eternity" ont cette contrainte de durer (un poil trop), tout en laissant l'énorme avantage de préparer l'auditeur en le plongeant doucement mais surement dans l'univers musical du groupe. La « spirale noire » entraîne ensuite l'auditeur dans trois quart d'heure non stop, mais parfaitement maîtrisées, d'un univers aux inspirations et influences tellement diverses qu'il est impossible de donner exemple ou de comparer. Bref la pièce du boucher ! Prenez vos références musicales les plus fortes et balancer les contre Dreamgrave qui en sortira des compositions personnelles et puissantes. Alors si parfois on ressent quelques défauts (légers) essentiellement dus aux moyens (quelques reprises et arrangements surprenants) l'excuse est spontanée car en transpire l'humanité des musiciens. L'émotion est en première ligne, notamment dans les passages de Mária Molnár. Mais les instruments ne restent pas de coté. Lorsque les claviers n'envoient pas un solo aérien c'est la guitare qui prend le relais, soit en tonus, soit en feeling. Ajoutez une batterie technique mais humble, accompagnée d'une basse pas si timide, et l'on découvre toujours « un nouveau truc » à chaque écoute.
Une écoute chassant l'autre! Lorsque la première écoute qualifiait certains passages de longs, lents ou incompris, la seconde et les suivantes requalifient à l'inverse le perçu. Vous en avez beaucoup vous des albums et des compositions qui parviennent à s'adapter à votre humeur ou sentiments mais en les tirant vers haut ? Une espèce d'adaptabilité de l'émotion pour toujours faire du triste joyeux (la mélancolie ? le blues ?) et le joyeux et la gaieté en sérénité forte ou une spiritualité retrouvée?  Si tout cela est affabulation et bien tant mieux, car Presentiment apporte l'émotion qu'on cherche irrémédiablement en écoutant de la musique. Au final, l'album se prend dans son ensemble et intégralité, et même si quelques chansons peuvent se détacher en single, l'aventure et l'expérience se vivent en version longue de par son coté dark progressif. L'album eut il été meilleur du coup avec plus de moyen? Assurément non, cela aurait gommé l'humanité du propos.

Quel délire S1pho...! De la fantaisie et de la fantasy ! Dreamgrave n'invente rien avec son album Presentiment mais livre et se livre dans son art qu'il a choisi musical. Inspiré et influencé par un nombre incroyable de styles, tout en gardant une ligne principale progressive que l'on nommera sombre pour ne pas se tromper sur le sens du mot dark. Pour ma part il est l'un de mes albums préférés pour cette année. Bravo !
 



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