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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 06 décembre 2014
Sa note : 17/20

LINE UP

-V.R.S.
(guitare+chant+batterie)

-Matt Gabnai
(basse)

TRACKLIST

1) Non Adoration State
2) A Collapsed Dream
3) Genetic Distortion Models
4) The Rotten Tree
5) Ill...
6) Let me Be Your Broken Spine
7) The Lighted Room
8) Koma Dolcontine
9) … Mind
10) Riding the Dead horse of Monotony

DISCOGRAPHIE

Miasmind (2014)

Sacrarium - Miasmind
(2014) - black metal - Label : Independent



C'est l'histoire tragique d'un groupe déjà défunt au moment où vous l'écouterez. Pourtant ce ne fut pas faute de se battre pour rester en vie, mais les difficultés à se faire entendre ont fini par avoir raison de ses velléités. C'est donc à titre posthume que se présente à vous Miasmind, testament final et œuvre définitive des Lorrains.

Son grand défi est maintenant de nous faire pleurer sa disparition, car il faut avouer une grande méconnaissance de ce que le groupe a pu produire (ce qui est compréhensible quand on regarde les raisons qui l'ont poussé à jeter l'éponge). Commençons par les faits : l'album se veut conséquent, les titres ne daignant guère descendre sous les cinq minutes. Il faudra donc faire preuve d'une détermination solide pour en venir à bout. Le son ensuite, froid, peu dense, laisse s'exprimer tous les instruments (on pense surtout à la basse qui joue de son droit à la parole de manière subtile et notable). Sortons des faits maintenant pour respirer cette musique : humer, traquer, s'imprégner. Car les compositions confirment ce que la longueur des titres laissait supposer, la complexité des structures va encourager l'assiduité et ce n'est qu'à la force des bras que cet album se dévoilera.
Le faible n'est donc pas le bienvenu. Cet eugénisme établi, il faut saluer la richesse ici proposée. Chaque chanson est un monde, mais ces mondes viennent s'agglutiner dans l'Univers que représente Miasmind dans son entièreté. Car si l'expression est commune, il n'est pas galvaudé de dire que ce disque s'appréciera comme un tout plutôt que comme une succession de morceaux. Difficile donc de ressortir particulièrement un titre, même si "Genetic Distortion Models" marque par sa folie rythmique et un riff exceptionnel dans son genre. Ne voyez toutefois pas là le signe d'un album qui manque de tenant sur sa longueur. Au contraire, il est fort, costaud et ne laisse rien au hasard. En fait, pour se laisser aller au jeu des comparaisons, il fait penser au Ordo Ad Chao de Mayhem. Disque opaquissime, ce n'est pas pour cela qu'il se rappelle en Miasmind.
Son utilisation inventive des rythmes, les riffs de guitare recherchés, et même les intonations du chant, voilà les qualités communes à ces deux albums. Albums épris de liberté d'expression, ils sonnent comme des déclamations vindicatives. Jolie référence, dont Miasmind se démarque pour vivre sa vie et générer un black metal à la fois cru et torturé, mais également fin et multiforme. Ses riffs, ses variations de rythmes, ses attaques à la basse, sont toutes des réussites évidentes. On atteint des sommets d'intensité, dotés d'une hystérie palpable régulièrement. Le fait que tout l'album soit à la hauteur souligne ses qualités (si vous tenez à lire des reproches, le chant déclamé est un peu limite). Bref à la lecture de ce concert de louanges, vous aurez saisi la direction de son chroniqueur : il s'agit là d'une réussite intense. Et le fait de savoir que le groupe mange d'ores et déjà les pissenlits par la racine est une grande tristesse.


Merveilleuse réussite, Miasmind est un disque qui doit être connu. Brûlot de black metal fin et intelligent, il n'oublie pas d'être froid et féroce pour ne pas sombrer dans l'élitisme intellectuel. Si ce n'est pas un disque ultime au sens où un In the Nightside Eclipse peut l'être, il s'agit quand même d'une claque black metal qui trône haut dans la hiérarchie française. Et peut-être mondiale.


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