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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 07 novembre 2014
Sa note : 14/20

LINE UP

-Charles Elliot
(chant+guitare)

-Andy Nelson
(guitare)

-Eliseo Garcia
(basse)

-Scott Fuller
(batterie)

TRACKLIST

1) Human Obsolescence
2) Perfecting Slavery
3) Inanimate
4) Devouring The Essence Of God
5) One Percent Incomplete
6) Loathed In Life / Praised In Death
7) By My Demons
8) Laborem Liberat Te
9) The Inevitable Return To Darkness
10) Night's Blood

DISCOGRAPHIE

From Ashes (2012)
Obsolescence (2014)

Abysmal Dawn - Obsolescence
(2014) - death metal technique - Label : Relapse Records



La nouvelle scène death commence elle aussi à prendre de l’âge. Les petits nouveaux, qui faisaient notre bonheur à la place de gloires vieillissantes sur la pente descendante, sortent leur troisième, quatrième, voire cinquième album… D’une part, c’est un moyen de voir que les années passent sans que l’on puisse voir d’énorme mouvement ou révolution dans la scène ; d’autre part, cela permet de prévoir petit à petit quelles formations sont les plus susceptibles de durer. Abysmal Dawn signent avec Obsolescence leur quatrième méfait, en huit ans, soit un rythme assez standard, avec une réputation qui se taille petit à petit, à la dure.

Abysmal Dawn, si leur musique était à résumer rapidement, pourrait se rapporter à un mélange d’une base de Dying Fetus pour les riffs les plus mid-tempos et percutants et certains passages teigneux sur fonds de blasts, d’un soupçon de Morbid Angel dans la façon qu’ont certaines lignes de guitares de ramper plus sournoisement, et de pas mal de Death dans la façon de jouer des solos. Le groupe occupe donc le terrain d’un death metal frontal bien moderne, grâce à la grosse production assumée qui ne lui ôte pourtant pas toute personnalité, puisque celle-ci est constante depuis le premier album, avec un son tout à fait adapté au style. Dying Fetus était évoqué plus haut ; ce n’est pas anodin, certains passages y font rapidement penser, comme sur le départ d’ "Inanimate" où l’on se prépare à aller distribuer des mandales dans la fosse, mais les Américains s’en détachent par une autre constante dans leur musique : les refrains tubesques. Enfin, l’emploi de tubesque est probablement exagéré, puisqu’ils se contentent de rentrer rapidement en tête, et d’être bien identifiables, car particulièrement travaillés en ce sens. Bien souvent, cela passe par un phrasé spécifique du chant, comme sur "Inanimate", bien que ce ne soit pas la plus fragrante en ce sens, largement dépassée qu’elle est en ce domaine par une "By My Demons", par exemple. 
Ce mélange assez personnel, puisqu’enrichi de petits éléments comme les dissonances de "Devouring The Essence Of God" commence à être bien rôdé, les titres s’enchaînant et offrant autant de bonnes idées, bien que rien ne ressorte énormément de l’ensemble. Qui a déjà écouté les albums précédents retrouvera la musique du groupe qu’il connaît (et aime probablement) déjà. Inviter Christian Muenzner ou Bobby Koelbe ne fait pas beaucoup illusion puisque l’on ne saurait réellement dire où ils apparaissent. Reprendre du Dissection, en revanche, un peu plus, et rien moins que "Night’s Blood" qui plus est ; le résultat n’est pas très surprenant car, plutôt fidèle en dehors de deux ou trois subtilités rythmiques que ne capteront que les puristes totaux. Attention cependant : si de surprise il n’y a pas, la qualité est en revanche au rendez-vous. Les titres ne se mémorisent pas uniquement à cause de leur refrain, et les riffs marquants s’entassent les uns après les autres, tous construits de manière radicalement différente, bien que dispensant des sonorités similaires, imputables à la fameuse patte dont jouit la formation.

Abysmal Dawn, le groupe américain qui sera toujours là lorsque les piliers du genre raccrocheront les gants ? Au vu de la constance de ces pousses plus si vertes, la question est légitime. Offrant à chaque sortie un death de haute volée, marqué par une technique alléchante qui leur permet des artifices que d’autres n’oseraient tenter, ils l’émaillent de petite subtilité qui participent à lui  donner un caractère qui fait toujours revenir vers eux lorsqu’une nouvelle sortie se profile, même si celle-ci clame haut et fort « le changement, c’est pas pour maintenant ». La bande-son parfaite d’un quinquennat triste ?



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