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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 01 novembre 2014
Sa note : 12/20

LINE UP

-ar Ra'd al lblis
(chant)

-Ophis
(guitare+basse+chant)

-Naas Alcameth
(guitare+basse+claviers+chant)

-VJS
(guitare+basse+chant)

-Menthor
(batterie)

TRACKLIST

1) Prayer of Naphal
2) El Nox Illuminatio mea in Deliciis Meis
3) Lantern of Eden's Night
4) Things Which Are Naught
5) I Am the Gateway
6) Call of the Exile
7) Where Fire Never Dreamt of Man
8) The Witchfires of Tubak-Qayin
9) Salvation Is the Son of Leviathan (Alabas in Memoria)
10) The Otherness of Being

DISCOGRAPHIE


Nightbringer - Ego Dominus Tuus
(2014) - black metal - Label : Season Of Mist



Etre chroniqueur c'est avant tout être un être humain. Avec ses préjugés, ses idées préconçues. Tenez par exemple, Nightbringer : ça devait être un groupe usant et abusant du tremelo, typiquement américain dans son approche du black et donc pas très... black. Voilà pour l'arrière-pensée. Sauf que Nightbringer est un groupe qui peut faire mal. Surtout.

Vive la fin de la pensée préconçue s'exclame alors le philosophe avide et ivre de liberté. Bien lui en prend, il a raison dans sa déraison, mais ce qui nous intéresse ici s'est surtout que Nightbringer n'est donc pas une usine à tremolo black. Ce qui marque à l'entame de la galette, tout d'abord une intro qui met en ambiance, efficace dans son genre, et qui rassure un peu quant à l'aspect black metal de la chose à venir. S'ensuit une grosse mandale dans la gueule, du type qui met un poil sur les fesses à la première écoute. Enorme riff, blast imposant, mur de guitare consistant qui assiège l'auditeur. La ouache, quand on ne s'y attend pas, ça cloue. On se lance alors totalement dans l'écoute de l'œuvre que veut proposer le groupe et on veut en avoir plus, on veut se faire submerger par un déluge d'ambiances froides et dévastatrices. On veut sentir un souffle implacable nous dévorer de l'extérieur et nous remuer l'intérieur.
C'est le cœur altier que continue la session. L'album avance et on retrouve toujours ce mur de guitare. On reste impressionné, on ressent toujours cette puissance se dégager de la musique de Ego Dominus Tuus. Mais on est chiffonné. Ce qui fait un effet bœuf lors de l'ouverture de l'album devient un gimmick épuisant l'écoute avançant. En effet, si le côté écrasant de l'ensemble est toujours réussi, il pêche trop rapidement par lassitude. Cette amoncellement de blasts et de riffs lourds nous donne envie de voir ailleurs. Même les passages plus posés gardent ce côté lourd, sans respiration, et la production évidemment massive n'aide en rien. Nous sommes sous une chape de plomb à laquelle le disque ne donne aucune issue. Ce qui peut être une qualité dans des albums de doom par exemple ne l'est pas ici. C'est en grande partie à cause de cela qu'on ressent la lassitude, voire l'ennui.
Nightbringer aurait eu bon dos à s'essayer à l'introduction de partie plus atmosphérique, voire de claviers en nappe ou de guitare sèche. Bref, de la variation. Ou alors abandonner une production certes impressionnante en première approche mais finalement trop facile dans son effet. Et la facilité est un frein à la durée de vie. C'est d'autant plus marquant que cet album a la très mauvaise idée de durer 1 heure et 11 minutes, rien que ça. A croire que le groupe ne veut absolument donner aucune chance à l'auditeur de s'en sortir. Réduire des chansons, couper des passages, voilà qui ferait du bien également. Et puis on parlait de tremolo, on les retrouve disséminés çà et là. Et le tremolo trop trémolé c'est également un peu irritant. Donc faute de goût. C'est salement dommage car le groupe sait manifestement instaurer une ambiance sombre et dense. Il sait également jouer. Malheureusement il pêche par excès d'américanisme si je puis me permettre.


Vous finissez par trouver cette chronique méchante et vous avez raison. Pourtant il y a plus à retenir que ce que vous avez lu. Nightbringer sait composer de la musique, sait plomber son auditoire. Malheureusement il le fait avec un manque de finesse coupable. Et c'est cette culpabilité qui est sanctionnée car en voulant faire plus de black metal et moins de gros son les Américains pourraient viser sûrement plus haut. Là, on est las.


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