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CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
Cette chronique a été mise en ligne le 29 juillet 2014
Sa note : 14/20

LINE UP

-Devin Townsend
(chant+guitare+basse+clavier)

-Ché Aimee Dorval
(chant+guitare acoustique)

-Morgan Âgren
(batterie)

+guests

TRACKLIST

CD 1
1) Daddy
2) Mountaintop
3) Flight

4) The Code
5) Moon
6) Pier
7) Ether
8) Hejda
9) Forgive Me
10) Broken
11) Bones
12) Deathscope
13) The Field
14) The Bridge
15) Pure

CD 2
1) Ghost Wives
2) Drained
3) Dig For Gold
4) Dead Eyes
5) Drench
6) Mend
7) Where You've Been
8) Gone is Gone
9) Fight
10) Glass World 
11) Aquarius
12) Perspective 
13) Moonshine

DISCOGRAPHIE


Casualties of Cool - Casualties of Cool
(2014) - blues ambient atmosphérique - Label : HevyDevy Records



Devin Townsend a de l’imagination, de la ressource, ça c’est quelque chose qu’on ne pourra pas lui enlever. Alors quand une maison de disque refuse de publier un de ses albums, il passe par des moyens détournés comme le financement participatif et vu la renommée du type, ça ne pouvait qu’être un franc succès. C’est comme cela qu’il a procédé pour Casualties of Cool dont le projet a été financé à plus de 500%, la majorité du surplus allant à son nouveau grand projet une suite pour Ziltoid The Omniscient. Bref, succès d’estime déjà, mais qu'en est-il de cet album qu’il avait annoncé comme non-metal composé de morceaux hantés par le fantôme de Johny Cash ? Réponse dans ces quelques lignes.

Mettons tout de suite les choses au clair, si vous n’avez pas apprécié un tant soit peu Ghost ou Ki, l’écoute de Casualties of Cool risque de vous laisser sur votre faim. Car ici, bienvenue aux mises en ambiance longues, aux atmosphères aériennes enivrantes ("Fly") ou aux longs développements dénudés. Ici tout est fait pour créer une ambiance à la croisée des chemins entre l’ambient Ghost, le sombre Ki et une part de blues très bien restituée par une simple guitare acoustique ("Daddy" ou l’excellente "Mountaintop"). Non ici, vous n’avez pas à faire à un projet solo de Devin Townsend à part entière, mais plutôt à un side-project où il partage le chant avec Ché Aimee Dorval que nous avions déjà entendue dans Ki. Et sa voix colle parfaitement à cette lassitude ambiante. Les deux chanteurs se complètent parfaitement ("Mountaintop") et, quand la belle tient le micro seule, le résultat est tout simplement sublime ("Flight", "Bones"). Casualties of Cool est donc bardé de qualités avec des mélodies simples qui font mouche, des montées en puissance parfois géniales (le solo de saxophone fait par Jorgen Munkeby de Shining dans "Moon" ou la montée plus classique à grand renfort de chœurs sur "The Bridge"). Si à cela on rajoute une production impeccable faisant bien ressortir tous les petits sons qui ont servis à l’enregistrement, Casualties of Cool nous ravit.
Oui, mais pas complètement. Car comme je le disais juste avant, les développements sont très longs. Et comme Devin Townsend veut raconter une histoire cohérente (ici celle d'un homme attiré par une magnifique voix de femme sur une planète hostile, la planète étant une entité qui se nourrit des peurs de ses habitants en les appâtant grâce à une vieille radio d'où sort le chant de la femme), il y met de quoi nous faire ressentir la solitude. Et c’est à ce moment-là qu’arrivent des morceaux comme "Pier" avec seulement quelques bruits de pierres ou encore "Pure" et sa simple flûte que l’on entend de façon éparse, sinon rien… Le vide. Une crédibilité rendue possible grâce à la finesse de la production me direz-vous, mais c’était aussi le cas de Ghost. Pourtant les deux albums souffrent des mêmes défauts : trop longs (75 minutes) et trop ambiants. Pour certains cela ne posera pas problème et l’ajout des aspects bluesy et d’une ambiance plus froide en convaincra peut-être d'autres, pour le reste le défaut sera rédhibitoire et l’écoute de certaines pistes compliquée ("Deathscope"). D’ailleurs, si la première partie est très bluesy, la deuxième se veut plus fantomatique mélangeant les pépites (les très jolies "The Field" et "Ether") et les morceaux plus ambient ("Hejda", "Deathscope", même le single "Forgive Me" tire un peu trop en longueur). C’est sûr, Casualties of Cool ne laisse pas indifférent.

Encore une fois Devin Townsend est allé au bout de son idée avec ce disque, qu’il a composé en trois ans, quitte à ne pas plaire à tout le monde. Casualties of Cool s’il se rapproche de Ki et Ghost a une identité à part, plus bluesy, ce qui divisera forcément les fans. Mais force est de reconnaître que même si je n’adhère pas au disque dans son intégralité, l’idée tient la route et l’ensemble de l'oeuvre est réussi tout comme le CD bonus avec un "Perspective" sublime. Bien joué !


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