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CHRONIQUE PAR ...

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Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 14 juillet 2014
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Torsten Kinsella
(chant+guitare+clavier)

-Niels Kinsella
(guitare+basse)

-Lloyd Hanney
(clavier+batterie)

TRACKLIST

1) Fragile
2) All Is Violent, All Is Bright
3) Forever Lost
4)
Fire Flies And Empty Skies
5) A Deafening Distance
6) Infinite Horizons
7) Suicide By Star
8) Remembrance Day
9) Dust And Echoes
10) When Everything Dies

DISCOGRAPHIE


God Is An Astronaut - All Is Violent, All Is Bright
(2005) - post rock - Label : Revive



Fatigués du côté élitiste de Godspeed You ! Black Emperor et son post-rock ambiant basé sur de longs morceaux constitués principalement de bruits extérieurs à la musique ? Quatuor irlandais formé en 2000, God Is An Astronaut s’est déjà illustré en publiant un premier album, The End Of The Beginning, en 2004. Leur second effort studio, All Is Violent, All Is Bright, amène plus de cohérence dans leur musique qui prend alors une ligne directrice, évoquée plus bas.

Développant des morceaux plus courts que ceux des Québecois sus-cités, le quatuor va à l’essentiel du propos et ne retient que les explosions instrumentales liées par quelques développements. A la trappe donc les longues incartades champêtres de GY!BE, et ceci au profit d’atmosphères sculptées à la sueur des cordes et touches de clavier. "Fragile" pose les éléments qui feront ce disque : mélodie rappelant Sigur Ros soumise à une montée progressive en intensité, et qui explose en une décharge d’un blanc crémeux aux deux-tiers de la chanson. Cependant, nulle violence, mais l’apaisement seul face à une musique qui empoigne les tripes directement. God Is An Astronaut sait sculpter des tableaux sonores renvoyant à la pochette, évoquant tous ces objets blancs qui entourent le quotidien. Couleur violentant par moment la pupille, notamment au lever, mais permettant aussi d’adoucir une peinture en y distillant des nuances, le blanc occupe donc toute la trame musicale d’All Is Violent, All Is Bright.
Le morceau éponyme ne renvoie-t-il pas par exemple à de la neige tombant au sommet d’une montagne ? "Suicide By Stars" n’évoque-t-elle pas un voyage à travers des comètes et étoiles d’une pâleur presque agressive ? Toutes ces déclinaisons de la valeur colorée sont rendues possibles par les ingénieux empilements sonores, qui tirent parti de toutes les possibilités des instruments. Le clavier notamment est utilisé régulièrement, mais de manière judicieuse. "Forever Lost" fait ainsi se rencontrer un piano, des nappes de violons et une guitare électrique lors de sa première phase de développement. Un mélange qui peut paraître classique, mais qui une fois passé à la moulinette des Irlandais semble unique, et, chose heureuse, typique de leur son et de leur manière de composer. Cependant, certains reprocheront à l’œuvre sa grandiloquence et de manquer du dépouillement d’autres formations. A défaut de remplir ses morceaux de bruits de champs, les Irlandais cherchent à figurer des images par leur musique.
De ce fait, les paysages proposés à la vue peuvent aussi sembler froids et déshumanisés de par le manque de connexion avec le naturel et les nombreux effets nécessaires à la réalisation d’un morceau. Dans ce domaine, "Fire Flies And Empty Skies" pourra justement servir d’argument aux détracteurs du fait de son ambiance générale assez industrielle, sans pour autant être froide. L’emprunt final à un rock à grosse guitares typique de Nine Inch Nails confirme d’ailleurs cette impression. D’un point de vue émotionnel, le post-rock de God Is An Astronaut appelle surtout à la mélancolie. Mais une mélancolie douce et légère que quelques mélodies presque guillerettes sont souvent à deux doigts de balayer. En résulte un climat intriguant, entre souvenirs éthérés remontant en mémoire, cause d’un spleen passager ("Suicide By Stars" et son final tirant sur le shoegaze), et imagination de toiles nuageuses et laiteuses. Toutefois, "A Deafening Difference" a une mélodie plus faible, et casse un chouïa la transe dans laquelle plonge l’écoute, et c’est fortement dommageable au vu de la qualité des autres. 

Rêveurs de tous horizons, et autre fans de Sigur Ros, unissez-vous sous la bannière d’All Is Violent, All Is Bright, l’album spatial par excellence, qui vous fera planer haut, si haut. Un second disque qui place la barre musicale dans les nuages et est considéré par nombre d’amateurs, comme le sommet de leur discographie.



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