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CHRONIQUE PAR ...

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Lotus
Cette chronique a été mise en ligne le 24 avril 2014
Sa note : 18/20

LINE UP

-Jordan Dreyer
(chant+percussion)

-Chad Sterenberg
(guitare)

-Adam Vass
(basse)

-Brad Vander Lugt
(batterie+percussion+clavier)

TRACKLIST

1) Hudsonville, MI 1965
2) First Reaction After Falling Through The Ice
3) Woman (In Mirror)
4) Scenes from Highways 1981-2009
5) For Mayor in Splitsville
6) 35
7) Stay Happy There

8) The Child We Lost 1963
9) Woman (Reading)
10) Extraordinary Dinner Party
11) Objects In Space

 
Tout en rouge, sauf les Woman, mais il faut choisir. Choix trop difficile.

DISCOGRAPHIE


La Dispute - Rooms Of The House
(2014) - hardcore Post-screamo calmement cinématographique - Label : Better Living



J’accorde énormément d’importance au cover d’un album… Le visuel compte beaucoup à vrai dire, nous devrions savoir à quoi nous attendre rien qu’en regardant cette image. Des corps déchiquetés pour du goregrind ou du brutal death, des croix inversées et une pseudo-cathédrale pour du black ou une tapette avec un poing en l’air révolté pour du hardcore de gonzesse. La Dispute m’a tapé dans l’œil. Du gris, du gris bleuté, du gris quoi, et des tableaux. Ouais des tableaux, on peut en peindre des choses sur un tableau.

Après un Wildlife super sympa, rapide et violent (comparé à Rooms Of The House bien évidemment, ça reste ultra soft), La Dispute nous livre ce bijou, et quel bijou ! Le truc assez traître, c’est qu’à la première écoute on s’emmerde, ouais clairement. C’est soft, trop soft, la voix screamo-slam très peu pour moi et les guitares limites rock, mouais mouais. Et bien tu t’fous l’doigt dans l’œil jusqu’à la moelle épinière mi amigo ! Plusieurs écoutes sont nécessaires pour pouvoir apprécier ce Rooms Of The House… Franchement. Le concept c’est quoi ? Va savoir, mais c’est cinématographique as fuck ! Pas à la manière d’un Hypno5e, non vraiment pas mais plutôt à la manière d’un La Dispute. Chaque morceau nous conte une histoire, dramatique bien souvent, à la manière d’un Grand Corps (ou Core, merci S1pho’) Malade, une telle qualité d’écriture pour du hardcore c’est absolument magique. Ras le bol des « garde la tête froide », « soit fort » et autres conneries, ici nous avons droit à de vraies histoires (enfin, vraies… On s’est compris hein!) originales. De vraies émotions s’échappent de cette galette mélancoliquement grise et forte.
A vrai dire, la vraie force de cet album repose sur le chanteur/scénariste et ses histoires touchantes et tristes aux accents de nostalgie nuageuse, une voix sincère, claire et directe. Pas la peine de gueuler pour faire passer un message fort, la preuve est ici même mes amis. Ce chanteur est définitivement une perle. Mais n’oublions pas les deux gratteux ! Ils tissent à deux, un décor spatio-temporel de premier choix digne des plus grands films des années 90’ pour toutes ces belles comptines, les mélodies sont justes et sont utiles surtout. Pas de branlettes techniques ou autre tapping arpeggios sweepé à 245 BPM, non, ici l’essentiel. De toute manière vu ce qui se passe dans ces histoires on a pas vraiment le temps et l’envie de s’embarrasser avec ces futilités. Mais bon dieu ! Même si ces guitares sont simples, on ne peut s’empêcher d’ouvrir la bouche quand un riff magique s’échappe comme à 2 :33 sur "Stay Happy There" ou ce moment d’explosion sur "The Child We Lost 1963", la chair de poule est encore présente… Du tragique "Hudsonville, MI 1956" naviguant sur des vagues de beauté larmoyante au pur slam nostalgique de "Objects In Space" absolument poignant… La Dispute vise le cœur et l’imagination.


Une révélation ! Malgré quelques moments de relâchements, je parle des deux morceaux "Woman", ce Rooms Of The House est un quasi sans fautes. Guitares franches et efficaces, chanteur fabuleux aux textes merveilleux et ambiances surprenantes. Un post-hardcore sympa et poétique qui plaira sans aucun doute aux amateurs de Touché Amoré ou même Being As An Ocean (attention, un poil plus hard). Un cinéma auditif, aux décors riches et dramatiques. Bravo messieurs, et merci.


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