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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 21 mars 2014
Sa note : 12/20

LINE UP

-W
(chant)

-LXIV
(guitare)

-JC
(basse)

-CHCl3
(batterie)

TRACKLIST

1) Conquer All
2) Art of Ascension
3) Living Water
4) None
5) Extacy and Rapture (in. Honey in the Lion)
6) Live Forever
7) Elevated Existence

DISCOGRAPHIE

Hyperion (2014)

Woland - Hyperion
(2014) - black metal post - Label : Indie Recordings



Woland. Woland ? Woland. Mystérieux étranger dans un roman russe dont le nom évoque le Voland, démon du Faust de Goethe. Le chroniqueur se doit aussi de faire ses recherches afin de vous emmener en terrain connu. En espérant qu'il s'agisse bien de ce Woland... Qui dit Woland dit Finlande également (et non la Woland, l'autre pays du fromage pour ceux en manque de culture gastronomique). Et black metal à tendance post comme on se doit de l'être quand on veut aller plus loin que le black (ou qu'on ne sait pas vraiment quoi dire sur sa musique).

Post oui. Car si Woland a retenu le grain froid du genre et son chant raclé, il goûte très peu à l'avalanche de blast et aux riffs trémolos. Et le son d'ailleurs s'il est froid de guitare, sonne aussi froidement moderne en même temps qu'il impose une grosse caisse très ronde assez proéminente. Du coup, Woland c'est un peu de black sans être black, black Flamby ? Pour eux, comme pour notre cher Président François Woland, le changement, c'est maintenant. Mais changer pour changer est-ce la panacée pour autant ? Quand on parle de post black, la réponse est malheureusement trop souvent amère. C'est un peu le constat qui nous accable à première écoute. Ok, ça ne fait pas du black metal, mais ça ne fait pas non plus de metal très attachant ou intéressant. Les riffs défilent, dans une veine qu'il est difficilement qualifiable d'autre chose que de moderne justement (pensez un peu à Soilwork version Stabbing the Drama), les chansons itou et on arrive à la fin de l'album sans vraiment pouvoir retenir un passage. A-t-on même le souvenir d'avoir changé de chanson ?
On se dit que la force de ce disque sera donc son intérêt sur la durée, que les écoutes vont le révéler et l'enrichir de mille gemmes. Oui et non. Les riffs sont effectivement recherchés, on note des passages comme le quasi solo flamenco de "Living Water" qui accroche l'oreille, mais pourtant on espère instamment plus de peps, plus d'ambiance, plus de génie. Ce qui n'arrive malheureusement pas de manière éclatante. Un titre comme "Extacy and Rapture" apporte lui aussi ses quelques passages qui changent, des breaks intelligents ou çà et là un riff qui n'est pas austère, pourtant il faudra être de la frange la plus moderne du metal pour espérer apprécier cet effort qui appuie trop souvent sur des rythmiques syncopées poum-tchac technoïde. C'est peut-être là la plus grande faiblesse de cet album : sa trop grande volonté à sonner moderne. A tout prix. Qu'importe le prix à payer. Et ce prix à payer est la monotonie (et ce ne sont pas les passages au piano qui masquent faussement cet état de fait qui nous font changer d'avis). Pourtant on ne peut pas dire que le black metal soit avare de monotonie, seulement ici elle n'est pas compensée par une atmosphère qui nous happerait dans les monts et merveilles.


La critique est dure car sûrement cet album a un public à trouver, il l'a probablement trouvé même, mais... sans vouloir être un passéiste, il manque un peu de vie à ces compositions pour réellement nous transporter. Que faire ? Pousser le bouchon vers plus de complexité et s'oser quelques incartades vers le blast fugace pour réveiller l'auditeur ? Être plus mélodique ? Les rapides montées en puissance de "Elevated Existence" ? C'est au groupe de trouver les réponses. Pour le moment, il pose des bases intéressantes même si un poil ennuyeuses.


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