6475

CHRONIQUE PAR ...

98
Tabris
Cette chronique a été mise en ligne le 15 mars 2014
Sa note : 17/20

LINE UP

-Ben Vanvollenhoven
(chant+guitare)

-Cat Guirguis
(chant+clavier)

-Daniel Warrington
(chant+basse)

-Matthew Bell
(guitare+arrangements orchestraux)

-Andrew Craig
(batterie+percussions)


TRACKLIST

1) A Triptych Journey
2) The Mire
3) Disenchanted
4) L'appel du vide
5) Ethereal Blindness
6) Embrace the Mayhem
7) An Somnium
8) As Soleness Recedes


DISCOGRAPHIE


Rise of Avernus - L'Appel du vide
(2014) - doom metal metal prog orchestral - Label : Code666



Quelle est cette étrange figure de carnaval que nous délivre Seth Siro Anton pour figurer cet Appel du Vide ? Une femme nue, cachant son corps avec une fausse pudeur, affublée d’un chapeau de bouffon à grelots, le regard tourné vers nous avec une expression indéfinissable, ténébreuse à souhait ? Est-elle inquiétante ou sensuelle ? C’est là toute la question que l’on se pose. C’est là toute l’aura qui enveloppe la musique de The Rise of Avernus. Le groupe né a Sydney en 2010 a déjà tout pour attirer l’attention, d’emblée ! Un premier EP qui a  remporté le succès sur la scène metal australienne, une tournée à partager l’affiche avec avec Enslaved, Rotting Christ, ainsi que Apocalyptica, ce sont là des débuts forts prometteurs me direz-vous ! Mais qu’est-ce qui ferra la différence ? Ne va-t-on pas encore voir un album se noyer dans la masse d'un genre déjà riche ? Que cache ce mystérieux domino ?
 Cet
Appel du Vide distille un doom metal orchestral de grande classe, à n’en point douter. Tout les codex du genre étant parfaitement respectés. Une atmosphère mélancolique à souhait, une orchestration proprement fantasmagorique et des voix .... Parlons en de ces voix. Dès le premier titre, "A Triptych Journey", un dialogue merveilleux s’instaure entre voix masculine et voix féminine. La première, est tantôt growl, tantôt claire, mais presque toujours dure, inquiétante, impérieuse, donnant à la musique tout son caractère épique. La voix de Cat, quant à elle, est aérienne, pure, d’une saisissante limpidité et d’une mélancolie extrême, non sans évoquer ces chanteuses de fado par instant, comme dans le titre "Disenchanted" qui a vraiment, au contraire de son nom, tout d’enchanteur ! En dialogue ou en cœur, les voix se mêlent donc de manière sublime ; il ne s’agit pas d’un contraste, mais d’un accord parfait qui nous est ainsi offert !
Mais la particularité de cet album, n’est pas de nous servir uniquement les classiques du Doom avec une élégance indéniable, mais  de nous offrir en outre de gracieuses échappées expérimentales qui ponctuent délicieusement tout l’album et en constituent l’originalité. Que ce soit un violon plaintif, seulement accompagné des pulsations précipitées de la batterie sur un "Etheral Blindness", un saxophone accordant une touche jazzy à un "Embrace The Mayhem", ou encore ces quelques touches arabisantes de "The Mire" .... Sans oublier ce merveilleux piano qui régulièrement vient monologuer pour nous, ou cette guitare qui semble être une voix émue elle même .... A chaque écoute, une nouvelle surprise se révèle pour notre plus grand bonheur, car les morceaux sont tels des tableaux faits de mosaïques, qui révèlent toute leur beauté selon la manière dont on les regarde ! Différents à chaque regard !
Le tout pour se clore sur cet époustouflant et poignant "As Soleness Recedes", où tout se fait sensible et puissant, instrumentation et voix, dans un denier souffle absolument superbe !

 
Les mots me manquaient jusqu’à présent pour décrire cet album. Puis, je l’ai écouté alors que j’étais à observer un paysage de forêt tourmentée, encore marquée par l’hiver, vierge de tout feuillage, à la fois triste et beau. C’était un bel endroit, paisible, propice à une écoute solitaire et attentive.  Je me suis alors enfin laissée portée par le souffle froid et délicieux de cette musique, qui habillait merveilleusement le décor qui m’entourait. J’ai alors perçu à quel point cette musique est riche, complexe, belle. Elle mérite une écoute fine, elle mérite votre écoute, car elle est, à n’en point douter, totalement passionnée.

 
 



©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7