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CHRONIQUE PAR ...

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Wrathchild
Cette chronique a été mise en ligne le 07 avril 2014
Sa note : 13/20

LINE UP

-Ted Nugent
(chant+guitares)

-Derek St. Holmes
(chant+guitares)

-Greg Smith
(chant+basse)

-Mick Brown
(batterie)

TRACKLIST

CD1
1) Free For All
2) Stormtroopin'
3) Wango Tango
4) Just What The Doctor Ordered
5) Wang Dang Sweet Poontang
6) Need You Bad
7) Turn It Up
8) Raw Dogs & War Hogs
9) Dog Eat Dog

CD2
1) Hey Baby
2) Fred Bear
3) I Still Believe
4) Motorcity Madhouse
5) Cat Scratch Fever
6) Stranglehold
7) Great White Buffalo

DISCOGRAPHIE


Nugent, Ted - Ultralive Ballisticrock
(2013) - hard rock - Label : Frontiers Records



Le bonhomme est arrogant. Sur scène. En public. Quand il parle des droits de chacun de porter une arme. Quand il fait de la politique. Quand il n'en fait pas. Quand il fait de la télé-réalité. Enfin, peu importe le lieu, son arrogance est palpable. Il ne connait pas la demi-mesure, et c'est peut-être ce qui fait qu'il peut toujours faire des tournées sans sortir de disque essentiel. Et par la suite, ce qui explique le nombre d'albums live qui figurent dans sa discographie. Ce qui nous mène à ce Ultralive Ballisticrock enregistré en 2011 et qui a vu le jour en fin d'année passée. Lors de la sortie de son album live intitulé Sweden Rocks, il avait qualifié son groupe de parfait. Mais il s'est bien rendu compte qu'avoir Derek St. Holmes est un atout imparable, et ce dernier fut invité à rejoindre le Ted Nugent Group en 2011, ce qui donne une raison essentielle à cet énième album live.

On peut dire ce qu'on voudra de Ted Nugent - ou Oncle Ted, comme ils l'appellent là-bas - mais il a quand même bien la tête sur les épaules et la décision de réintégrer le chanteur/guitariste Derek St. Holmes au sein de son groupe est un coup de génie. Celui-ci est le parfait partenaire de Ted, avec un jeu de guitare plus fin, plus posé, moins erratique et plus fluide. Mais son meilleur atout est bien sa voix qui est ô combien supérieure à celle de son chef de groupe. Si Ted ne cesse de clamer haut et fort que sa musique n'est qu'en fait du rhythm'n'blues survitaminé, son affirmation prend toute sa valeur lorsque Derek chante les dits-morceaux. Sa voix a une chaleur et une tonalité qui transpirent ce rhythm'n'blues. Elle a une âme, elle est pleine de soul. Et il est un bien meilleur chanteur que Ted qui, trop souvent, se trouve à brailler ou hurler les paroles. Certes, tout ça, c'est du rock, mais dans sa forme primitive, brute, et qui s'inspire de ses racines noires. Un morceau comme "Stormtroopin'" ou bien encore "Wango Tango", c'est bien du rhythm'n'blues qui se cache dedans. Et du blues dans "Wang Dang Sweet Poontang" où Ted se trouve à donner une liste de divers grands artistes du genre tels que Muddy Waters ou bien John Lee Hooker. Pour en revenir à ce "Stromtroopin'", l'attaque de guitares de ce morceau est imparable et son final presque metal, précurseur de cette NWOBHM qui prendra place quelques années plus tard. Mais le magnifique morceau de bravoure de ce concert est bien "Stranglehold" qui monte tout doucement en puissance, prenant son temps, un peu comme un après-midi sudiste pour atteindre un paroxysme jubilatoire, le tout mené de doigts de maître par le vieux Ted qui montre toute sa dextérité.  
Cette nouvelle tournée qui s'intitule I Still Believe, fait suite à une chanson en téléchargement gratuit du même nom et dont le concert qui nous intéresse fut enregistré en Pennsylvanie, à Penn's Peak le 14 août 2011 dans une salle qui ressemble fortement à une grange dans laquelle quelques notables bovins ont sûrement dû défiler avant de partir avec le meilleur acheteur. 100% américaine avec un énorme drapeau en décor et un public voué à la cause de cet énergumène qui en dépit de ses 63 ans pourrait donner une leçon ou deux à bien des jeunots. Débordant d'énergie, c'est un concert presque non-stop remplit pour la majorité de titres antérieurs à 1980 - seuls trois morceaux sont sortis après 1982. Mais le monsieur sait donner du bon temps à ses fans et entre ses mains, le rock se lâche, se libère et fait fi de toutes attentes. Que dire de ce "Wango Tango" qui s'étire sur près de 9 minutes avec danseuses en uniformes de pom-pom girls sur scène? 100% US? Plutôt 300% oui! Bon, l'auditeur aura droit à de nombreuses tirades contre le gouvernement d'Obama, pour le droit de porter des armes, le droit de chasse ou bien encore pour montrer son support aux forces armées en intro de "Raw Dogs & War Hogs". Et oui, ce sont bien des fusils mitrailleurs en évidence sur la scène! En tant que meeting politique, on peut difficilement faire moins chiant. Mais pour ceux qui ne veulent que du rock'n'roll, eh bien, Oncle Ted les envoie balader - vocabulaire plus fleuri dans le texte. Bon, on peut regretter que toutes ces tirades n'aient pas été effacées du CD... car il faut bien dire qu'elles fatiguent un peu, tout comme ses nombreuses allusions à l'esprit, à ce « spirit » qui encompasse trop de choses pour les nommer. On perd un peu de vue le concert de rock, surtout sur la deuxième partie. Bien dommage car la musique est pleine d'énergie, de fougue rock'n'rollienne qui ne s'affiche dans aucun autre genre musical.


Concert endiablé disponible en édition CD avec DVD et qui, selon l'opinion de chacun, se perd ou se trouve dans les diatribes politico-vulgaires ou autres affirmations délurées du sieur Nugent - "Cat Scratch Fever" est le riff le plus connu au monde - mais qui reste une bonne claque rock'n'roll malgré tout. Pour paraphraser Ted dans le quatrième morceau de la set-list, ce concert est peut-être exactement ce que le docteur a prescrit. Quoi qu'il en soit, on ne peut que se ravir du retour de Derek St. Holmes au sein du groupe. Maintenant, il faudrait peut-être pondre un album digne de ce nom...


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