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CHRONIQUE PAR ...

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Fromage Enrage
Cette chronique a été mise en ligne le 24 février 2014
Sa note : 14/20

LINE UP

-Joseph E. Martinez
(chant+guitare+claviers)

-Michael Repasch-Nieves
(guitare)

-Joel Munguia
(basse)

-Dana Filloon
(batterie)

TRACKLIST

1) Meditations
2) The Time Of Perfect Virtue
3) Shamanic Rituals
4) A Day Dark With Night
5) The Purge
6) Battle in the Sky
7) Nothingness
8) Forgiving the Cleansing Meteor

DISCOGRAPHIE


Junius - Days of the Fallen Sun
(2014) - post rock (je crois) - Label : Prosthetic Records



Depuis toujours, Junius me donne mal à la tête. Ce n'est pas la faute de sa musique, rassurez-vous. Non, c'est plutôt l'impossibilité à caser ce groupe dans un genre précis qui me filerait la migraine. Post-rock ? On est loin des canons définis par Godspeed You ! Black Emperor ou Mogwai. Post-punk ? Pas vraiment. Metalgaze ? Dans l'eau. Rock alternatif ? C'est déjà mieux, mais... Non, y'a pas à dire, aucune étiquette ne convient réellement.
 
Alors essayons d'aborder la musique de Junius sous un angle plus descriptif : ce groupe natif de Boston joue un rock très plombé, aux structures rappelant le post-rock. La lourdeur de leur son est souvent comparée à Deftones. Mais surtout, Junius se distingue par une atmosphère résolument mystique et spirituelle, tant dans les thèmes abordés (la vie après la mort, notamment), que dans la sublime voix incantatoire de Joseph E. Martinez, l'usage des claviers ou l'omniprésence de la reverb. La discographie du groupe comprend deux albums studio, sortis en 2009 et 2011, un split avec Rosetta, ainsi qu’une farandole d’EPs. En 2014, Junius revient avec une offrande modeste, mais pas moins excitante : un nouvel EP de huit titres, pour 25 minutes de musique.
Une précision pour commencer : il s'agit plutôt de quatre morceaux, chacun étant accompagné d'une petite introduction atmosphérique. Je ne vais pas m'étendre dessus, Junius a toujours aimé les interludes et il n'y à pas grand-chose à en dire. Concentrons-nous plutôt sur les quatre vrais titres. Pas trop de changements à l'horizon, la musique de Junius est toujours aussi unique, spirituelle et envoûtante. Grosse ouverture avec "The Time Of Perfect Virtue", tableau céleste apocalyptique porté par la voix de cristal de Martinez. Le refrain est déclamé avec la gravité et l’emphase d’une prophétie, tandis que les guitares orageuses tonnent dans un fracas jubilatoire. "A Day Dark With Night" renoue quant à lui avec la sensibilité du premier album. Martinez déploie tout son talent vocal dans une supplique crépusculaire et passionnée. Un long passage instrumental avant l’ultime refrain laisse aux guitares puissantes et aux claviers éthérés l'occasion se répondre admirablement.
Petite surprise avec "Battle in the Sky" et son atmosphère fiévreuse, presque gothique, renforcée par de courtes rafales de voix saturée, une première pour le groupe. Surprenant, mais pas déplaisant. Peut-être iront-ils plus loin dans cette voie pour le troisième album ? Le disque s'achève en apothéose avec "Forgiving the Cleansing Meteor", titre qui avait été un avant-goût prometteur de l’EP. Assez post-rock dans sa structure, le morceau démarre par la contemplation affligée d’un monde en ruines. Martinez est plus à fleur de peau que jamais, tandis que Dana Filloon impressionne par sa frappe martiale. Puis une salve de chœurs majestueux lance la montée en puissance du morceau qui s’élève haut, très haut au-dessus des astres.  Et c'est dans cette atmosphère d'aube mystique que Junius ferme son EP en psalmodiant « We are the dreams of god, we are the light, we are the fire ». Magnifique conclusion.


Eh bien voilà, on n'est pas plus avancé. Junius continue d'avancer, et sa musique est toujours aussi unique en son genre. La formule demeure rudement efficace, bien qu'un peu routinière après deux albums et de nombreux EPs. Difficile de décrire avec de simples mots l'atmosphère si spéciale que peut dégager un album de Junius. Alors, au lieu de jouer à la bataille des étiquettes, le mieux à faire est encore de leur prêter une oreille attentive. Ils le méritent.


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