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CHRONIQUE PAR ...

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Wrathchild
Cette chronique a été mise en ligne le 06 mars 2014
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Veronica Freeman
(chant)

-Pete Wells
(guitares)

-Aric Avina
(basse)

-Rikard Stjernquist
(batterie)


TRACKLIST

1)  Dream Of The Banshee
2)  Fractured
3)  Obey
4)  Fighting For My Life
5)  Scream
6)  Evil That We Do
7)  Crossing Over
8)  Cry
9)  Thornz
10)  Die To Love You
11)  Apex Nation
12)  Retrograde

DISCOGRAPHIE

Seasons Of Tragedy (2008)
Dominion (2011)
Obey (2013)

Benedictum - Obey
(2013) - heavy metal - Label : Frontiers Records



Obey est le quatrième album de ces défenseurs d'un metal moderne mais néanmoins toujours ancré dans une forte tradition classique. Il faut bien l'avouer, ils semblaient un peu avoir perdu de vue leur objectif en utilisant trop de claviers et tombant ainsi dans la masse de pseudo-pompeux. Le groupe est presque complètement remis à neuf puisque seuls Veronica Freeman et Pete Wells sont toujours ici. Les claviers ne sont attribués à aucun cinquième membre et ils accueillent dans leurs rangs l'ancien batteur de Jag Panzer, autre figure mythique du metal américain.

Il est difficile de refuser l'offre d'une chanteuse telle que Veronica. On se voit lui répondre par l'affirmative et ensuite de demander ce qui pourrait lui faire plaisir. Sa présence est telle que lui dire non serait presque comme refuser au Metal God, Rob Halford. D'ailleurs, des points communs entre les deux sont évidents. Oui, ils aiment bien le cuir. Mais, c'est surtout la voix qui les rassemble. Celle de Veronica est de celles qui vous font vous arrêter net, de celles qui vous fontt rendre compte de la puissance et de l'autorité de cette dernière. L'effet Castafiore avec le verre qui éclate à la fin de l'intro de ce nouvel album peut faire sourire, mais il sert surtout à bien mettre les choses en place. Benedictum est là pour en mettre plein la gueule. Sa prestation vocale est sans faille, étant tantôt autoritaire ("Obey"), possédée ("Scream"), ou bien encore rentre-dedans ("Fractured") à la limite du brisage de cordes. Le dernier son émis par celle-ci est un cri à donner la chair de poule à la fin de "Retrograde". Tout simplement impressionnante. Mais de telles vocalises tomberaient bien à plat si elles n'étaient supportées par des musiques de qualité. Et c'est bien le cas ici. Pete Wells est extraordinaire de dextérité et fluidité. Quant à Rikard, il assure un rythme et un tempo propre à supporter la voix de Veronica. Heureusement, seuls deux titres font retomber la pression tout au long de ce Obey tels que "Fighting For My Life" qui sonne horriblement nu-metal et un "Die To Love You" dont la gestation aurait dû être avortée puisqu'il représente le pire assemblage entre peu d'inspiration, des claviers inutiles et un tempo lent comme la molasse qui fait traîner ce morceau dans un marasme sans étincelles.
Heureusement, ces quelques retombées de pression n'enlèvent que peu à l'extrême qualité de cet opus, Benedictum offrant un kaléidoscope de styles à tout auditeur en mal de metal, s'assurant qu'aucune monotonie ne s'installe. Ils servent deux titres qui s'installent très bien dans le style classique. "Evil That We Do" est un morceau mid-tempo, dans un style Metal Church, et qui possède un refrain qui sera repris à tue-tête lors de concerts. Tony Martin, chanteur sur quatre albums de Black Sabbath, se joint à Veronica sur la poignante ballade heavy "Cry" qui traite du pauvre état de notre pauvre planète. Benedictum savent façonner des morceaux de metal moderne tout en montrant qu'ils savent assimiler les classiques, et ils le montrent très bien sur cette ballade qui fait fi de ces années 90. Tout comme le premier extrait intitulé "Scream", une balle d'adrénaline où l'on peut percevoir l'ombre d'un Ronnie notamment lors d'un refrain qui fera remonter à la surface cet instinct animal caché en tout et chacun. Ce titre est porté par la performance de Rikard, martelant ses fûts sans relâche, Veronica puisant dans les dernières ressources de ses poumons et Pete Wells y posant un solo aérien créant ainsi un yin au yang de courte durée avant de repartir de plus belle dans une rythmique hypnotisante qui mène le morceau à terme. Intense. "Obey" lance l'auditeur dans une mer de notes exécutées rapidement avant de ralentir le tout dans un tempo sabbathéen pour les couplets, dans un mariage des plus réussis. Encore une fois, l'ombre d'un groupe tel que Metal Church est bien présente.
Autre figure emblématique du metal ricain dont semble s'être inspiré Benedictum pour ce nouvel opus est Overkill. Après l'effet Castafiore pour "Fractured", on se trouve dans un rythme effréné de double basse. On peut entendre DD Verni et être presque surpris de retrouver Veronica et non Blitz. Ce titre est une simple tuerie, rythmique frénétique, chant endiablé, guitares menaçantes. Un moment d'exercice pour les cervicales. Il y a presque une ambiance britannique menée par la batterie de Rikard qui sonne très Birmingham et ses métallurgies lourdes. Un grand moment de metal qui montre le talent de ce groupe. Talent qui ne dépérit pas par la suite, et qui atteint des sommets lorsque le groupe se laisse porter par l'inspiration. "Thornz" joue la carte des tempos variés, la guitare de Pete Wells se faisant hypnotique. Deux morceaux de bravoure sont ceux où le groupe s'aventure dans des zones légèrement plus progressives tels que "Crossing Over" et "Retrograde." Le premier joue la carte d'un metal à la Dio ou Black Sabbath, où les riffs de Pete savent garder l'intérêt de l'auditeur et le mènent dans un royaume épique dans lequel Veronica y est parfaite et où les claviers sont utilisés avec parcimonie. Le grand Ronnie aurait approuvé. Autre pépite est ce "Retrograde" qui termine cet album. Il débute avec des chants entonnés en latin et une intensité qui monte doucement. L'influence de Birmingham y est encore une fois présente. Si "Crossing Over" aurait été à l'aise sur un album de Dio, ce "Retrograde" serait bien sur The Devil You Know juste après "Fear". Un grand morceau épique avec piano, gong et guitare classique. Une fin en apothéose pendant laquelle Veronica vous prend les tripes et ne les lâche qu'à la dernière note de claviers. Sept minutes de bonheur intense.


Alors que les dernières notes de "Retrograde" disparaissent, on n'a envie de faire qu'une seule chose, remettre ce disque et se prendre une autre dose d'un metal de qualité. Veronica Freeman est peut-être l'exemple parfait de la chanteuse metal par excellence. On peut espérer que le nouveau batteur reste parmi eux car il semble avoir eu un effet bénéfique sur le groupe. Au vu des années passées avec Jag Panzer, le bonhomme semble être fidèle. Un grand chapitre de la carrière de Benedictum semble s'ouvrir avec ce Obey. Vous savez ce qu'il vous reste à faire.


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