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CHRONIQUE PAR ...

120
Bixl3r
Cette chronique a été mise en ligne le 20 février 2014
Sa note : 17/20

LINE UP

-Aaron Turner
(chant+guitare)

-Michael Gallagher
(guitare)

-Jeff Caxide
(basse)

-Bryant Clifford Meyer
(claviers)

-Aaron Harris
(batterie)

TRACKLIST

1) Wrists Of Kings
2)
Not In Rivers, But In Drops
3)
Dulcinea
4)
Over Root And Thorn
5) 1,000 Shards
6)
All Out Of Time, All Into Space
7)
Holy Tears
8)
Firdous E Bareen
9)
Garden Of Light

DISCOGRAPHIE


Isis - In The Absence Of Truth
(2006) - postcore post rock - Label : Ipecac



Isis fait partie de ces groupes cultes qu’on ne présente plus et qui n’ont rien à prouver. Au côté de Neurosis, le groupe a donné ses lettres de noblesse au postcore. Est-ce bien nécessaire donc d’écrire une énième chronique d’un groupe entré au panthéon des légendes? En sus, d’un album venant après un Oceanic et un Panopticon indispensables et magistraux? Oui, ne serait-ce que pour rendre hommage à ce groupe qui nous a gratifié pendant une décennie d’une œuvre à part. Cet album, a bénéficié d’une écriture soignée,  d’une atmosphère travaillée, entre puissance brute et cocon duveteux atmosphérique. Tout le monde sur le pont, prêt à la manœuvre, nous levons l’ancre vers de nouveaux horizons!

Semblant plus accessibles que ses aînés, In The Absence Of Truth n’en reste pas moins racé et complexe. Isis continue son bonhomme de chemin vers l’excellence, impassible face à la hargne des jeunes corsaires cherchant à faire leur place dans un genre dont ils restent les maîtres indétrônables. Le groupe est désormais un Single Malt tourbé vieillit en fût de chêne, il n’a plus autant de puissance qu’avant (je pense au premier album, plus corsé, Celestial) mais révèle des arômes nouveaux dans sa musique. Son nez ample laisse présager un voyage vers des paysages moins torturés, plus apaisés; le palais révèle des notes lourdes mais distinguées. Quand à la longueur en bouche, elle a un petit goût de « reviens-y cocotte ». Vous l’aurez compris à travers mes délires éthyliques, cet album est un nectar raffiné.
"Wrists Of Kings" ouvre l’album avec une montée en puissance sur le fil du rasoir. Sous une nappe de clavier éthérée, la batterie pose un rythme hypnotique, rapidement rejointe par une guitare lumineuse, matérialisant une tension palpable, apaisée par la seconde moitié du morceau. Une intro superbe qui donne un aperçu rapide de cette traversée : plus lent et aérien, Isis prend son temps pour faire durer le voyage. Et quel voyage! Car des titres comme "Dulcinea", "1000 Shards" et "Holy Tears" sont de véritables invitations à la contemplation, moins angoissants que les titres des premiers albums, plus sereins. L’omniprésence du chant clair ne choque pas tant son emploi est approprié ici. On navigue sur un océan en apparence tranquille, sous un ciel orageux, le soleil perce par moment les nuages créant un jeu de lumière subtil et fascinant à la surface de l’eau. "Garden Of Light" conclue cette épopée majestueuse en nous ramenant au port, des images pleins la tête et avec l’envie de reprendre le large au plus vite.


In The Absence Of Truth est un album à écouter au moins une fois dans sa vie. Les paysages défilent avec grâce sans jamais lasser, et l’auditeur se laisse doucement emporter vers cet univers évanescent de souvenirs et d’émotions. Jamais triste, c’est un bol d’air rafraîchissant dans notre monde saturé de bruits et d’images parasites. Une thérapie contre le stress du quotidien, un palliatif à la dépression, un élixir de jouvence, un album qui devrait être remboursé par la Sécu! Sorti la même année qu'un certain 10 000 Days de Tool, In The Absence Of Truth est un pilier du genre, qui ne cesse d’émerveiller à chaque écoute. Aaron Turner et sa bande ont encore une fois prouvé qu'ils étaient les maîtres à bord du grand vaisseau postcore. La grande classe. Messieurs, chapeau bas!


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