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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 05 février 2014
Sa note : 16/20

LINE UP

-Richard Vargas
(chant)

-Sebastian Elizondo
(guitare)

-Kenny Bias
(guitare)

-Victor Rodriguez
(basse)

-Mark Cervantes
(claviers)

-Vince Parra
(batterie)

TRACKLIST

1) Mankind's Fool
2) Insanity

3) Facade Of Truth
4) We The People
5) Deuces (Outro)

DISCOGRAPHIE

Asylum 2.0 (2012)

One We Created - Asylum 2.0
(2012) - death metal Deathcore Progressif et Symphonique - Label : Auto-production



Ce groupe formé en 2011, nous vient de San Antonio, Texas et n'a livré jusqu'à présent qu'un seul et unique EP du plus grand effet : Asylum 2.0 en 2012. C'est un peu moins de 20 minutes (18'20 pour être précis) de Deathcore progressif symphonique qui attend l'auditeur, et qui traite, comme les anglophiles l'auront deviné, de la folie. La pochette rappelle, sois-dit en passant, le film "Grave Encounters" qui serait ici assez bien approprié pour nous plonger dans du concret !

Côté musical, les guitaristes ont l'air assez bien calés sur le plan technique, que ce soit au niveau du tempo, des riffs syncopés, ou de la technicité de ces riffs. Écoutez ces riffs et ces breaks (4 de suite) dans ''Mankind's Fool'' à 2'56 pour mieux comprendre. Le bassiste est très bien mis en avant, ce qui est assez rare de nos jours pour être souligné, et on peut même l'entendre seul, très succinctement, à 3'56 sur ''Mankind's Fool'' ou à 1'20 sur ''We The People''. Le batteur n'est pas en reste et fait preuve d'une grande dextérité, totalement indépendant des mains et des pieds. Sa double pédale accompagne très bien les guitares et plus particulièrement la basse, avec laquelle elle se marie très bien, notamment lors des breaks. L'influence majeure que l'on perçoit dans cet EP est celle de Born Of Osiris au niveau des claviers, notamment dans ''Insanity''. Deux autres éléments, plus techniques, viennent rappeler les groupes Burning The Masses et Cannibal Corpse. Le premier se détecte dans le break à 2'53 de ''Insanity'' : on se demande si c'est fait exprès, mais les sonorités aiguës sont exactement les mêmes que dans la chanson ''Nailgun Massacre''. Le deuxième élément est le tapping qui fait penser à celui du refrain de ''Cyanide Assassin'' de nos chers Cannibal Corpse. Quant à la voix, celle-ci n'est pas mauvaise mais loin d'être exceptionnelle.
Le grogneur nous emmène tantôt dans un chant death (majoritaire), tantôt dans un chant typé black. L'alternance entre les deux est une bonne idée pour éviter de se lasser trop vite de sa voix assez ''monotone''.  Du côté de l'ambiance, le claviériste, sans être omniprésent, apporte juste ce qu'il faut pour mettre l'auditeur dans une ambiance pesante, oppressante et parfois froide que l'on ressent très vite (dès les toutes premières notes de l'EP à vrai dire). En effet, le groupe joue beaucoup avec les contrastes, alternant aussi bien passage rapide et plus lent mais en mettant aussi en opposition le clavier, plus calme et les riffs plus violents. L'exemple le plus marquant est celui de la chanson ''Insanity'' (qui porte clairement bien son nom) : à partir de 3'50, le claviériste (seul au début) vient poser une ambiance sur laquelle les guitaristes et le bassiste vont venir poser un break. Le contraste est parfait entre le clavier mélodieux qui semble imperturbable et les autres instruments qui se déchainent. L'esprit schizophrénique du groupe ressort très bien à ce moment. Lorsque la voix vient se pose sur le clavier, on trouve encore une opposition esprit torturé/esprit apaisé. Par l'intermédiaire de samples ou d'un synthé, le groupe inocule des sons très difficilement descriptibles mais qui se rapprochent d'une ambiance d'un manoir hanté où erraient des âmes en peine (débuts de ''We The Pople'' et ''Facade Of Truth'').
Le groupe joue beaucoup avec les balances (alternance du son de droite-gauche) ce qui procure un effet quelque peu paranoïaque, voire schizophrénique (''We The People'', et ''Mankind's Fool''). L'outro mise de côté, l'album se termine sur un rythme beaucoup plus lent et simple, comme si on réussissait à sortir de cette folie, bien que le dernier riff assez polyrythmique nous y ramène, comme une dernière frayeur, une ombre au fond du couloir avant que l'on ne ferme la porte.  Malgré le fait que ce soit un EP auto-produit, on a droit à une très bonne qualité, avec un son un peu gras, mais qui se prête mieux à l'ambiance du groupe qu'un son clair ne l'aurait été. On pourrait juste reprocher une petite baisse de régime en termes de qualité pour ''Facade Of Truth'' et ''We The People'' par rapport au deux premières. L'outro quant à elle, est sans grand intérêt compte-tenu de sa longueur (1 minute), et qui n'est qu'un enchaînement de rythmes aux allures de breaks, mais en moins soutenues. A la limite, celle-ci aurait pu être réduite un peu et incorporée dans la dernière chanson en guise de conclusion, mais on a l'impression que les mecs voulaient faire une 5ème piste pour plus "coller" avec les critères généraux d'un EP basique. Quelque peu regrettable.


One We Created nous pond donc un EP assez homogène, assez abordable pour les fans de death, d'une grande qualité technique (mention spécial pour le batteur), avec une ambiance particulière grâce au claviériste et un son de basse qui fait plaisir à entendre. Petit conseil, écoutez cet EP avec votre caisson de basse au maximum, si vous n'avez pas de voisins proches !



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