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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 12 janvier 2014
Sa note : 12/20

LINE UP

-Jake Willoughby
(chant)

-Aaron Osborne
(guitare+chant)

-Sam Provost
(guitare)

-Alex Young
(basse)

-Simon Murphy
(batterie)

TRACKLIST

1) Lightning Curse
2) Heal Me In Smoke
3) Sorrow On Hill 105
4) Rituals
5) In My Head
6) Bloodlust
7) Eternal Reign
8) Obsession
9) Tear Down The Crucifix
10) Ride To Hell
11) Cold World Vermin
12) From Darkness
13) Fool For Death

DISCOGRAPHIE

From Darkness (2013)

I Exist - From Darkness
(2013) - stoner /sludge - Label : Resist Records



Encore du stoner/sludge ? Si une mouvance a bien le vent en poupe depuis un bon moment, c’est celle-ci. Depuis les reines de l’âge de pierre, Kiousse, ou le groupe de Dave chaussure, on ne cesse de voir de nouveaux groupes de ce courant, et les fans ont chaque année une belle livraison du point de vue de la quantité. Quant à la qualité, ce disque, From Darkness, est symptomatique :

Dire que I Exist fait dans l’originalité reviendrait à mentir sciemment. I Exist ne se préoccupe que peu d’innovation ou de recherche musicale. Comme chez la majorité des groupes, c’est surtout la volonté de faire la musique qui plait à chaque membre qui prime. Toutefois, cela ne dédouane pas le tout d’une certaine facilité parce que Kylesa, Baroness, et d’autres l’ont fait, et lui confère une certitude assez importante de passer inaperçu, parce que le clonage, ça va bien deux minutes. Ne serait-ce que le départ de "Sorrow On Hill 105" : bonjour la ressemblance frappante avec "Grounded" du dernier Kylesa… Voilà qui en dit long. Sans parler des gimmicks stoner, avec des motifs, usés jusqu’à la corde et qui ne provoquent au mieux qu’un haussement de sourcil… Heureusement, que la plupart des autres riffs, aidés par un son plombé, comme de coutume, font correctement le boulot, sinon ce serait la bérézina totale.
Bah, on exagère sûrement en étant aussi dogmatique avec eux : la belle agressivité de titres comme "Heal Me In Smoke" ou "Tear Down The Crucifix", plus thrash dans l’esprit, permet de faire surnager quelques passages par rapport à d’autres, et l’enchaînement sur "Sorrow On Hill 105" renseigne sur le talent plus prononcé du groupe pour les courtes mandales que pour les longues pièces, sur lesquelles les formations stoner gagnent à développer un psychédélisme flamboyant, qui ici fait pâle figure, malgré des passages stoner plus relevés. De même, on peine malheureusement à trouver beaucoup de groove dans tout ça, alors que ce mélange de doom et de stoner (retourne écouter du funk ! jamais content celui-là…); c’est tout juste si un petit "In My Head" des familles vient rectifier le tir. Bref, c’est un peu peinant de voir une recette tellement réchauffée qu’elle peine à retourner vers ses fondamentaux.
Et pourtant, From Darkness n’est pas fondamentalement mauvais, et a quand même de bons moments pour lui ("Bloodlust") en plus d’une bonne dose d’énergie. Il lui manque juste le sens du riff mémorable de l’époque où Isis poutrait les moustiques à grands coups de marteau piqueur, car rien ne ressemble plus à un riff stoner qu’un autre riff stoner, et, à moins d’un grand effort, il sera ardu de retenir ce disque dans son intégralité. En effet, certains passages, tirant du côté rock désertique de la force dans la majorité des cas, ne se prêtent que peu à ce qu’on les retienne. On peut tout de même souligner le gros effort de fin de parcours avec un titre de 11 minutes, qui ne les fait pas vraiment, mais qui déballe du riff qui tue à la pelle, avec enfin une ambiance désertique digne de ce nom, par le biais d’une légère influence doomisante. Et le titre bonus est aussi à saluer, étant plus marquant que certains des autres morceaux ; paradoxe quand tu nous tiens…


Un album de plus dans un océ… Ah non, déjà dit. En même temps, les sorties en stoner et en sludge évoluent si peu que les chroniqueurs doivent eux aussi commencer à avoir du mal à ne pas répéter inlassablement la même chose : que c’est cool, mais que ça ne vaut pas les poncifs, et que du coup, on se le passe quelques fois et basta. Du coup, je me demande si je ne mettrai pas un lien vers cette chronique dans ma prochaine sur un album du genre ; ce sera plus rapide.



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