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CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
Cette chronique a été mise en ligne le 23 décembre 2013
Sa note : 13/20

LINE UP

-Ted Leonard
(chant)

-Michael Harris
(guitare+claviers+harmonie vocale)

-Bill Jenkins
(claviers)

-Jeff Plant
(basse)

-Mike Haid
(batterie)

TRACKLIST

1) Inceptus
2) Exodus
3) Psykerion: The Question
4) In the Words of Avakus
5) Light Year Time
6) Kerakryps
7) The Black Hole Lounge
8) Circuits of O.D.D.
9) Behind the Eyes of Ikk
10) Isle of Bizen
11) Xyrethius II
12) Recoil
13) Breath of Life
14) Transcend
15) Planet Qwinkle
16) Inner Peace
17) Isle Of Bizen (acoustic version) (digipack)
18)Recoil (instrumental version) (digipack)

DISCOGRAPHIE

Psykerion (2013)

Thought Chamber - Psykerion
(2013) - rock prog metal prog du passé - Label : Inside Out Music



Parfois il y a les groupes qui comme ça sonnent kitsch avant même d’écouter le CD. Serait-ce dû à la pochette ? Au nom du groupe et au titre de l’album ? Au fait que ce soit un album de metal prog qui tente de faire un concept album ? Ou encore parce que la promo cite des influences comme Yes et Rush et que le groupe a été l’un des préférés de Mike Portnoy en 2007 ? Peut-être un peu de tout ça à la fois. Alors aujourd’hui, nous allons nous attaquer à Psykerion deuxième album (et deuxième concept album) des américains de Thought Chamber cinq ans après le premier, Angular Perceptions, et pouvoir vérifier notre pressentiment.

Le verdict est sans appel : bienvenue au royaume du rock et du metal progressif du passé, celui que l’on aime bien écouter, mais qui a pris un sacré coup de vieux. Les américains de Thought Chamber le savent et ne cherchent pas le moins du monde à cacher leur amour pour leurs groupes préférés. A commencer par Rush dont l’influence se ressent sur tout l’album et notamment dans "Psykerion : The Question" qui ne ferait pas tâche au sein de Moving Pictures. C’est le cas aussi dans le traitement du son qui se veut moins metal, permettant un meilleur équilibre entre les différents instruments (la basse est d’ailleurs très agréable à écouter). Le mix privilégie un clavier aux sons très kitsch qui n’est pas sans rappeler ceux de Yes. D’ailleurs beaucoup de passages sont très yessien : la balade mélodique "Light Year Time" ou "Isle of Bizen" dont le début rappelle "And You And I". Si par moments ses ressemblances agaces ("Psykerion : The Question" particulièrement et "Breath of Life" pour son côté Neal Morse), elles sont souvent assez maîtrisées et assumées pour être agréables voir réussies ("Light Year Time" surtout). C’est particulièrement le cas des nombreux passages instrumentaux qui s’inspirent aussi, histoire d’en rajouter une couche, de Dream Theater avec des duels entre les différents instruments (surtout sur l’excellent "Behind The Eyes of Ikk" ou la fin de "Kerakryps"). S’imbriquant dans les morceaux les plus longs, ils forment véritablement la meilleure facette de l’album, ce qui, bien sûr, n’étonnera pas le fan de prog.
Alors qu’est-ce qui cloche sur Psykerion ? Ce qui ne va pas, c’est sans nul doute cet aspect trop scolaire présent durant tout l’album. Que ce soit les sympathiques duels entre guitares, claviers et basse ou les morceaux purement instrumentaux bien foutus ("Xyrethius  II" et "Planet Twinkle"), ces passages laissent le sentiment amer d’écouter les inévitables exercices de style obligatoire à tout bon album de prog. Histoire d’enfoncer le clou, les différents instruments ont droit à au moins un  solo (dont la très belle guitare de "Breath of Life", mais aussi l'étrange duel basse-batterie à la fin de "Kerakryps"). Finalement, seul le clavier semble offrir une véritable personnalité au groupe.  Omniprésent que ce soit dans la mise en place d’ambiances futuristes ou dans la réalisation de très bons solos ("Behind The Eyes of Ikk" et ses touches de piano ou "Xyrethius II"), il sonne délicieusement kitsch et exaspérera les défenseurs du bon goût. Il nous reste un dernier point à éclairer : les codes liés au concept album. Là encore, Thought Chamber maîtrise son sujet et sait faire des rappels de thèmes réussis ("Inceptus", "In the World of Avakus" et "Recoil") ce qui malheureusement a pour conséquence de déséquilibrer l’album. Car, Psykerion est rempli de titres courts pas toujours indispensables. Cela commence dès le début avec non pas une, mais deux introductions et continue avec des longueurs ("The Black Hole Lounge") ou des transitions ratées ("Recoil" et "Breath of Life"). Résultat : l’album s’en trouve allongé et alourdi inutilement. Dommage.


Profondément tourné vers le passé aussi bien au niveau des influences que des sons, Psykerion est un concept-album agréable réservant souvent de très bons moments instrumentaux aussi bien sur les titres courts que sur les plus longs. Quel dommage que l’album soit trop scolaire et que le découpage des pistes entache sa fluidité. Mais rassurons-nous, Thought Chamber relève la barre par rapport à son premier essai et on peut parier qu’en  s’affranchissant quelque peu des règles inhérentes au prog, les américains nous livrent un très bon album… qui restera sans nul doute ancré dans le passé.


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