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CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 18 décembre 2013
Sa note : 15/20

LINE UP

-Glen Benton
(chant+basse)

-Jack Owen
(guitare)

-Kevin Quirion
(guitare)

-Steve Asheim
(batterie)

TRACKLIST

1) In the Minds of Evil
2) Thou Begone
3) Godkill
4) Beyond Salvation
5) Misery of One
6) Between the Flesh and the Void
7) Even the Gods Can Bleed
8) Trample the Cross
9) Fallen to Silence
10)  Kill the Light of Christ
11) End the Wrath of God

DISCOGRAPHIE


Deicide - In The Minds Of Evil
(2013) - death metal - Label : Century Media



Deicide, tout comme ses petits copains de Cannibal Corpse et Obituary, est devenu depuis pas mal d'années une institution, presque une marque déposée. Gros riff death ? Growl râpeux ? Satanisme agressif ? Imagerie provocante ? Il y a gros à parier que le tout-venant (oui, oui, même Mme Michu, ma boulangère) vous réponde « ah oui Deicide ! ». C'est que le groupe de Benton a réussi, même après plus de 20 ans de carrière, à sauvegarder son image de marque et sa musique – avec certes, des hauts et des bas.

Mais en tous cas, à aucun moment on ne peut accuser Benton & Cie de compromission. Même si l'arrivée de guitares plus mélodiques en 2006 – après le départ des frères Hoffman – avait fait jaser dans les chaumières (et une fois de plus, Mme Michu n'était pas la dernière à se lancer sur le sujet), les quelques ajustements de line-up au niveau des six-cordes n'ont jamais eu un impact décisif sur l'orientation de Deicide. Et en 2013, pour leur douzième album, l'absence de virage se confirme : Deicide reste dans le giron du death à légère tendance old-school, brutal, vif et sans concession. Et en plus, In The Minds Of Evil est vraiment sympa. Le titre d'ouverture, ravageur, donne le ton : Benton est en forme, peut-être un peu moins râpeux que durant ses jeunes années, mais le flow, qui a toujours été très important dans Deicide, est impeccable, bien en phase avec des guitares inspirées et tranchantes. On regrettera peut-être juste l'absence presque totale de voix hurlée, celle qui – il y a quelques années – rendait tellement bien lorsque doublée au growl de Benton, ajoutant un peu d'hystérie à son chant monolithique.
La production est résolument moderne, peut-être un peu trop écrasée, mais en tout cas dense et puissante, claire et agressive tout en restant propre et assez proche de celle du dernier album en date, To Hell With God – presque trash dans le son des guitares. On regrettera juste que, par rapport à l'album de 2011, la basse soit retournée dans les tréfonds du spectre sonore. Tout aussi compactes, les compositions vont directement à l'essentiel et n'atteignent jamais les 4 minutes, faisant de leur mieux pour être directement catchy et agressives. La plupart du temps, cela marche bien ("In The Minds of Evil", "Fallen To Silence", "Even the Gods Can Bleed"...), l'énergie et la haine suintant des hauts-parleurs. Même sur un titre un peu plus mélodique comme "Kill The Light of Christ" ou sur la conclusion "End The Wrath of God" et ses nombreuses guitares superposées, le groupe reste crédible. Il n'y a pas vraiment de morceaux décevants sur In The Minds Of Evil, juste peut-être quelques titres un peu plus classiques (le thrashisant "Godkill" ou le banal "Misery Of One") mais sur la longueur, la nouvelle production de Deicide tient parfaitement la route
.


Vingt-trois ans après leur premier album, le couple Asheim/Benton a toujours une forme olympique et nous prouve que si leur longue carrière n'a pas été un long fleuve tranquille, les deux compères ont encore assez de haine et de rage pour continuer à nous proposer des albums puissants et carrés, certes rarement étonnants mais assurément réjouissants. Et ça n'est pas Mme Michu qui me contredira.



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