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CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
Cette chronique a été mise en ligne le 17 décembre 2013
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Jonny McBee
(chant+programmations)

-Collin Woroniak
(basse+guitare)

-Drew Ellis
(basse+guitare)

-Cody Stewart
(batterie)

TRACKLIST

1) Invasion
2) Save the World
3) Gravedigger 
4) Industry
5) Hypernova
6) Fifth Kind
7) Type 1A
8) Slaves
9) Black Hole
10) Breaking Point  
11) Planet Hate
12) Cross the Line
13) Fearplex
14) Breaking Point (Hypernova Mix)

DISCOGRAPHIE

Burn this World (2011)
Hypernova (2013)

The Browning - Hypernova
(2013) - metalcore deathcore electronicore - Label : Earache Records



Le mélange des genres, et a fortiori metal et musique électronique, a toujours été difficile. Sauf exception, les groupes ne parviennent pas réellement à faire fusion des deux. L’influence de l'une étant toujours plus prononcée que l'autre. Ajoutons à cela le manque d’ouverture d'esprit de certaines oreilles du rock et la brèche est difficilement exploitable. Pourtant les Américains de The Browning, en proposant leur deuxième album studio intitulé tout simplement Hypernova,  tentent le gros coup de latte dans cette fourmilière sonore. Chronique.

Metal core, électrocore, électronicore, deathcore électro , etc...Le genre cherche en tout cas à se labelliser depuis quelques temps. Naturellement apparu après les premiers prémices du metal core, il paraissait logique que quelques groupes finissent par mélanger voire composer leur metal avec d'abord des samples (de plus en plus présent) puis de complets passages ou rythmiques basés sur l'électronique. Le grand public metal a surtout connu ce mouvement avec les délires de Sid au sein de Slipknot où il s'agissait surtout de sample greffés judicieusement dans les compositions. Mais certains groupes en ont  fait leur style propre : Sybreed labellisé cyber metal ou le nippon Crossfaith en guise d'exemple. The browning a tout d'abord débuté en sortant des albums plutôt hardcore (on se perd même dans les sous genre puisqu'ils brassaient pas mal entre le screamo et la techno) et leur premier album Burn this world  qui, sans être mauvais, n'était pas forcément super accrocheur et où l'impression d'ajout de samples sur du hardcocre d'un côté ou ajout de hardcore sur de l'electro était plus sous couches de genre qu'une fusion à proprement parler.
Si le groupe donnait donc l'impression de se chercher après ces quelques démos et son premier album, Hypernova passe un cap et apporte de son côté sa pierre à l'édifice fusion électro metal. Superbe et pêchu par ces breaks électro / riff sur certains morceaux qui dévissent à la fois du mec en fluo et du graisseux coreux : "Invasion" valant intro de l'album en est le meilleur exemple. D'autant que les deux minutes posent une ambiance bien lourde. "Save the World" vaut témoignage de ce cap franchit car réussi à envoyer la mélodie souvent associée à la musique électronique avec la rage et la puissance du coté deathcore traditionnel. Non seulement la voix colle parfaitement à la composition (et McBee chante au moins de manière compréhensible sans négliger le grognard growl). Riffs et techno saccadés s'harmonisent plutôt pas mal et chaque genre trouve sa place sans vouloir étouffer l'autre. De sages concessions permettant un honnête mariage. Alors album réussi?
Et bien la réponse est mitigée selon le public : déjà parce que les catégorisations ont pour défaut de rendre difficilement acceptable par certains l' ouverture d'esprit. Le metal 'head est-il prêt à s’embarquer toute une nuit sur un tarmac transformé en Rave Party à gigoter son corps alcoolisé transpercé par les décibels crachées de montagnes d'HP ? Le raveur se sent-il prêt à investir un grand festival pour un marathon de move nourri aux smarties synthétiques et illégaux ? La réponse est OUI  pour celui qui sera surpris de ces deux clichés primaires. Pour le lecteur protégeant son espace musical c'est NON : il ne pourra que moyennement adhérer à l'album. Navrant car les tueries que sont "Gravedigger", l’excellent "Fifth Kind", "Breaking Point" ou encore "Hypernova" mériteraient cet ouverture d'esprit. Et pour finir avec les clichés empruntés à la musique techno/électro, une possible sensation de répétition et de manque d'originalité pourrait apparaître aux oreilles critiques et aux rhéteurs mélomanes. Dommage mais légitime.
Pour ma part et si on en revient tout simplement à une approche j'écoute et j'aime, Hypernova est une superbe réussite pour 2013 et figurera dans quelques top album annuel. Laissons le passer l'épreuve du temps pour savoir si les cotés répétitifs inhérents au style pratiqué lassent et ennuient. Mais ne doutons pas que le groupe réussit à la fois à se révéler artistiquement mais aussi faire avancer le bouzin musical global à sa façon. Reste à découvrir le groupe en live d'abord dans les circuits metal bien sur mais qui sait peut être un jour dans les festivals dits electro.



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