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CHRONIQUE PAR ...

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Archaic Prayer
Cette chronique a été mise en ligne le 22 décembre 2013
Sa note : 16.5/20

LINE UP

Dan Izzo
(chant)

Mike Davis
(guitare)

Sean McNenny
(guitare)

Louis Panzer
(claviers)

Chris Anderson
(basse de session)

Mike Browning
(batterie)


TRACKLIST

Climate Controller
Tribal Vodoun
Nocturne in Bm
Artic Crypt
Aquatica
Subterranean Infiltrator

After Reality
Gridzone


DISCOGRAPHIE

Thresholds (1992)

Nocturnus - Thresholds
(1992) - death metal spatial - Label : Earache Records



En voilà un disque dont la réédition fut chaleureusement accueillie, un peu comme la reformation. Le CD comme le vinyle étaient assez durs à trouver, mais désormais, chacun pourra s'offrir cette perle de death progressif à peu de frais. A croire qu'en ce moment, c'est la valse des rééditions pour les fêtes de Noël. Si des disques comme les démos du groupe de black/death suédois Treblinka ou Clockwork (side-project de Vetterli) semblent peu attrayantes, la réédition inattendue de Mental Vortex de Coroner est une autre paire de manche. Pour faire découvrir le techno-thrash, on ne peut pas rêver mieux. Pareil pour le death metal concernant Nocturnus. Bien moins connu que Morbid Angel, ce groupe est pourtant à ne pas négliger car c'est un des rares à utiliser des claviers entre les riffs percutants et la voix gutturale.

Dans le cas de Thresholds, la voix est au moins aussi typée que celle de Mike Browning, qui partageait avec Chris Reifert de Autopsy, la particularité d'être un batteur/chanteur. Hurlée, assez profonde, elle risque de trancher un peu trop avec les compos du disque comme le jeu de guitares des deux musiciens. Et c'est dommage devant la qualité de cet album de death technique. Les deux guitaristes multiplient les solos oscillant entre speederies folles et presque un super bon jeu de guitare. Même si elles en sont pas aidées par une production un peu trop typée death de chez Tampa (Morissound Studios, tout ça). Tandis que le batteur multiple les changements de rythme déconcertants, la basse sera la grande perdante de cette production. Cela dit, cet aspect semble s'améliorer depuis The Key. Le premier, tout aussi destructeur et technique, avait toutefois un son un peu trop semblable à Altars of Madness de Morbid Angel. Ainsi, c'était dire combien Mike Browning se plaisait bien avec Trey Azagthoth et Richard Brunelle avant de partir, suite au lancement raté de Abominations of Desolations. En fait, avant c'était juste Morbid Angel avec plus de claviers. Cette fois c'est différent. Parlons en justement : ces claviers sont schizophréniques (cliché sur la psychiatrie, c'est fait) : les claviers vont tantôt aider comme sur "Artic Crypt" ou vous casser les oreilles comme pour l'instrumentale (d'autant plus frustrant que cela démarrait bien).
Passons au fond maintenant, à savoir les titres en eux mêmes. Partageant le titre de meilleur morceau de l'album avec le terrassant "Climate Controller" (malgré son caractère interminable), "Aquatica" montre la différence avec les morceaux de The Key. Les riffs sont un peu plus variés, et même si la basse ne se montre toujours pas, le travail de composition se fait ressentir entre les sons et l'utilisation des claviers. Pourtant, le death metal se fait parfois plus musclé comme sur le reste de l'album. Et l'album se termine par un peu convaincant "Gridzone". Martelante, napée de claviers un peu moins en avant mais un peu banale, elle semble parachever un disque ayant essayé d'évoluer vers le death progressif. En effet, elle semble être construite sur le même principe que le premier. Heureusement, l'autre point fort du disque intervient : "Subterranean Infiltrator". Quittant l'espace un bref instant pour aborder la guerre terrestre, Nocturnus ralentit et décoche ses riffs les plus meurtriers avec ceux de "Climate Controller", qui montre un album commençant avec une tuerie. Davis et McNenny s'en donnent à cœur joie, tranchant alors radicalement avec Tomb of the Mutilated de Cannibal Coprse ou encore Ultimate Incantation de Vader, sortis la même année, et sans que rien ne puisse prévoir une sortie du death mélodique : Heartwork du groupe sanguinolent Carcass.

Ici, Nocturnus semble donc sortir de son carcan version plus occulte de Morbid Angel et atteint un niveau excellent. Alors que ces derniers allaient se maintenir avec Covenant, Mike Browning aurait pu collaborer avec les deux guitaristes qui ne manquent pas de dextérité. Mais cela ne durera pas : changer de concept est dur à avaler, marquant une rupture au sein du groupe. Mike Browning est définitivement en froid avec Louis Panzer et McNenny, le groupe ne peut être reformé sous l'appellation exacte pour cause de droits sur le nom. Le groupe est reformé sous appellation Nocturnus AD, mais il y a de quoi se plonger dans des affres de perplexité. Mais là n'est pas la question : maintenant que cet album est enfin de retour dans les prix accessibles, vous pouvez croquer dans son étrangeté et sa sophistication. Donc très bien.



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