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CHRONIQUE PAR ...

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Archaic Prayer
Cette chronique a été mise en ligne le 22 novembre 2013
Sa note : 14/20

LINE UP

-Rei
(vocaux)

-Tetsu
(guitares)

-Mataro
(basse)

-Fumi
(batterie)


TRACKLIST

1) §1
2) The Indoctrination Rites
3) Sabbath Breaker
4) Insane Doll
5) In My Dream
6) From The Darkside
7) End Of…


DISCOGRAPHIE

Bellzlleb (1989)

Bellzlleb - Bellzlleb



Si on évoque le métal au Japon, il y a quoi, finalement ? Loudness, Seikima II, Sigh, Sabbat et X-Japan, et peut-être quelques groupes de porno-grind ou de rock/j-pop bizarre. Bref, pas grand chose quand on y pense (et encore, pour Seikima II, pas certain que cela ait connu un grand succès hors de l'archipel). Quoi qu'il en soit, les groupes japonais sont connus pour avoir une mode de retard par rapport à l'Occident. Mais peut-être est-ce un bien pour un mal : Satriani et d'autres guitar-hero sont très populaires chez eux (d'ailleurs, ils en ont de la chance qu'un des meilleurs live du hard rock ait été enregistré là-bas...)? D'autant qu'en fouillant, certains groupes cherchant à se démarquer en produisant d'étranges concepts dignes des films de Shinya Tsukamoto. Parmi eux se trouve Bellzlleb.

Nanti du nom d'un des noms de groupes les plus bizarres, le quatuor, avec un seul E.P en guise de discographie, arrive aux studios Take pour enregistrer son premier album, teinté de doom et d'un heavy-speed des plus inquiétants. Déjà, rien que le son nous rassure quant à leur connaissance du son de l'époque. Les guitares Ibanez se reconnaissent, le son des amplis crache et la basse rampe sans être noyée dans le mixage. Tout n'est que grincement, riff généralement lent et rythmique lourde, massive. Le premier morceau pourrait faire croire à un thrash lent comme c'est le cas avec leurs compatriotes de Sacrifice (avec l'album Crest of Black, sorti deux ans plus tôt). Sauf qu'à ce moment, le chanteur débarque et... comment dire ? C'est là qu'on se rend compte que ce groupe ne joue pas pour plaire, et semble avoir moisé sur la guitare et cet organe pour dérouter l'auditeur. Cassée, digne d'un fou nous racontant des histoires horrifiques (à l'instar du film Asylum), cette voix va mettre vos nerfs à rude épreuve. Mais elle sait s'adoucir comme sur In "My Dreams", seul morceau en son clair et où le groupe ne se contente pas de  faire du rentre dedans. Car oui, avant que Sabbat et Sigh n'envahissent leurs contrées avec un premier album, le concept des groupes plus visionnaires prônaient un peu plus que d'être le plus evil possible. Il fallait aussi rendre la musique attrayante. 
En cela, ce premier effort longue durée peut se rapprocher de G.I.S.M plutôt que des groupes de heavy.Viré au heavy à son tour avec Military Affairs Neurotic, God in Schizoid Mind assenait aussi des riffs tranchants, de superbes soli et une voix black assez convaincante. Pas de cela chez Bellzlleb, noir jusqu'au bout. La meilleure preuve ? Elle tient en un seul titre : "Sabbath Breaker". Tout en mid-tempo, les membres du quartette se déchainent, reprennent en chœur tandis que la voix horrifique se fait ressentir. Plus occulte, c'est difficile. Sauf que bon, Bellzlleb a, comme G.I.S.M, des défauts du premier album et est loin d'être parfait. Lui qui démarrait si bien sur le premier titre, va patauger un peu dans le riz (cliché-powaaa) avec "Indoctrination Rites" qui va révéler un caractère répétitif assez embarrassant. Ce n'est que sur "Insane Dolls" et "End Off" que le groupe se reprend. Car oui, le premier démarre avec deux riffs bien lourds, une voix plus calme et puis ensuite, la guitare s'emballe. Le groupe continue de marteler ses riffs, de distiller une ambiance de danse macabre. Et cela malgré que les soli soient d'un basique à rappeler des coups de Vibrato de chez Mantas, guitariste de Venom. Et puis après tout, G.I.S.M avait deux interludes bruitistes sur son second album et puis le premier est un peu... pas terrible. Mais il reste les cris d'agonies, cette voix déformée. Et il faut insister sur ces riffs couplés à cette voix (surtout pour "From the Darkside") , qui permet à Bellzlleb d'être plus qu'un groupe anecdotique.


Comme tous les autres disques un peu cultes (voir très vaguement), le disque est dur à choper et pourtant il mérite le coup d'œil. Après deux autres albums et un E.P, le groupe se séparera et comme d'autres groupes japonais du genre Sacrifice, Jurassic Jade (si, ce groupe existe) et bien sûr, ce groupe de hardcore si controversé appelé God in Schizoid Mind, deviendra un objet de convoitise. Si vous voulez savoir ce que ça fait que de coupler le doom à du heavy et du speed/black? Ce disque est pour vous, d'autant qu'en cherchant bien, vous le trouverez. Comme quoi, un premier album peut frapper d'entrée et déroger à la règle qui veut que l'aboutissement se fait dès le 4° album.



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