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CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
Cette chronique a été mise en ligne le 28 novembre 2013
Sa note : 11/20

LINE UP

- Sindre Solem  
(Chant+Guitare)

- Arlid Myren Torp
(Guitare)

- Didrik Telle  
(Basse)

- Kristian Valbo
(Batterie)


TRACKLIST

1) The Distant Sun (They Are the Key)
2) Goat Skull Crown
3) Transient Passage
4) Ascendance (Sol Invictus)
5) Sepulchral Rites
6) Black Death Horizon
7) Churning Magma (Outro)

DISCOGRAPHIE


Obliteration - Black Death Horizon
(2013) - death metal A l'ancienne - Label : Indie Recordings



Faut il être complètement timbré pour appeler le nom de son groupe Oblitération ? C'est une très bonne question. A force de chercher à nommer son groupe de death avec une extension en -tion on arrive à un moment donné à racler le fonds du seau du dico du name's band édition 2013. Quoiqu'il en soit, voici le premier album des Norvégiens, alors :
- «Anne, ma Soeur Anne ne vois tu rien venir ?  »
- « Si, si : à l'horizon  je vois la peste par Oblitération»


Sorti cette année chez Relapse nos amis de Obliteration sont citoyens norvégiens et a fortiori habitants de Kolbotn, commune décidément musicale puisque patrie des Darkthrone ou autre Aura Noir. Le registre est néanmoins un peu différent puisque le groupe se dit digne héritier des traditionnels Dismember ou Autopsy (dont, au passage, l'album du retour cette année n'est pas mal du tout). Il faut donc s'attendre à un death plutôt old school et avec un a priori selon lequel il ne faudra pas s'attendre à de l'originalité. Toutefois avec sept titres pour un peu plus de quarante minutes, on déglingue déjà un peu le principe du dessus ; alors quand, en plus, on passe le premier morceau et qu'on pense s'être trompé de galette tant l'intro est lourde et digne des doomer du coin : on se fixe et on se calme ! Pas de death en tout cas sur les trois premières minutes mais le trompe l’œil mélodique est astucieux : ça démarre doucement et au final Obliteration envoie son jeu. On se dit que l'on va prendre cher. Le groupe s'emballe, envoie du punch dans tous les sens tout en modérant l'ardeur primaire. Se rajoutent à cette explosion instrumentaliste les vocaux rocailleux , éraillés mais puissant de Solem et voilà comment on joue les ascenseurs émotionnels pour mélomanes initiés. Sorti de ce premier titre on reste un peu sur le séant. Le deuxième titre laisse perplexe car il reste coincé sur une couche de death traditionnel (pour éviter de dire barbant old school) de l'époque où le seul moyen de découvrir les groupes de la grande épopée était de s'échanger des cassettes audio de deux fois trente minutes en standard ou, pour les plus fous, de quatre-vingt-dix minutes permettant l'affront de mettre un album sur chaque face.
Les bandes usées à force de passage et repassage augmentaient la production en pourrissant les mixages et pour certains albums qualifiaient ou enrichissaient le tout. Toute une époque ! Voilà ce qu'on ressent à l'écoute de "Goat Skull Crown" et de "Black Death Horizon". Peut-être est ce une volonté du groupe de construire des morceaux très (voire trop) denses où la composition flatteuse et goulue tend à proposer non seulement ce dont est techniquement capable le groupe mais aussi toute son inspiration et ses influences, probablement issues de sa jolie contrée, mais aussi de toute la révolution thrash des années 80 puis death à la fin de la décennie, lorsque Chuck et les autres pères fondateurs balbutiaient le genre à grand coup de milk shake mulli saveur : punk, thrash, metal etc..  Le hic c'est que ça ne marche qu'à la découverte et qu'une fois la piste passée on n' a pas tellement envie de la ré-écouter dans l'instant...et même plus tard. Osons alors l'affirmation de dire que oui, Obliteration a son style propre même sans copier ni réinventer le genre ou le faire avancer, ni même à dire l’enrichir. Oui, l'homme de la rue pourra être déçu par cette galette qui en sept titres pouvait faire synthèse de tout ce qu'il faut savoir en trente ans de thrash /death music, car non, ça ne marche pas droit, il manque la petite étincelle, la fibre spontanéité, cette chimère consciente utilisée pour caresser le cerveau malade, souffrant et créateur des monstres du genre. Une exemple d'album bien écrit où l'auditeur n'est pas embarqué dans le délirium malgré des compositions de bonne facture.


Obliteration nous propose un album qui passe comme une lettre à la poste au tarif rapide. Un recommandé pour qui aime le old school dans le sens où à l'époque on prenait un peu de tout dans le metal  et qu'on en faisait un truc true evil scandinave puissant, bref mortel ! Sauf que... Si ces gars là on bien appris leur leçon tant pour la composition que  pour la réalisation ils ont juste oublié l'essentiel et ce qui ne peut s'apprendre car doit être ressenti : la spontanéité ! Ou cette foutue urgence que peuvent mettre les groupes qui vous collent des mandales avec leur créativité malsaine mais géniale. Soyons optimiste : Obliteration a de quoi faire, il leur reste juste à saloper la muse créatrice qui pourra les transcender. 


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