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CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
Cette chronique a été mise en ligne le 05 novembre 2013
Sa note : 12/20

LINE UP

- Charles
(chant) 

- Tony
(chant)

- Quentin
(guitare)

- Greg
(guitare)

- Jerem 
(basse)
 
- Yannick
(batterie) 


TRACKLIST

1) Lumen Gentium
2) Dans Le Parjure
3) Derniers Honneurs
4) Renaissance
5) Telostigma
6) Reprouve
7) Innocente
8) Indus
9) Anastasie
10) Ascension Divine

DISCOGRAPHIE


Spellbinding - Par-delà l'hymne des souffrances
(2013) - death metal - Label : Autoproduction



A la question existe t'il des groupes fatals en Picardie (qui tiennent la route), on peut penser, qu'avec Par-delà l'hymne des souffrances, Spellbinding se propose dans la catégorie. Avec ce premier album auto-produit du combo aux deux chanteurs,Spellbinding  s'espère évoluant dans les (hautes) sphères du metal français. Je précise le cocorico car avec maintenant presque deux générations ( d'abord il y a bien longtemps avec les Loudblast & co' puis puis par les Gojira & cie ) les combos tricolores fleurissent et bourgeonnes pour notre plus grande joie (pourvu que ça dure).
 
Deux chanteurs pour faire du death metal ! On a plutôt envie de penser aux gueulards à tue tête comme l'avait proposé Black Bomb A à l'époque où le groupe savait faire vibrer les pits. Pourtant à la lecture des influences proposées par le groupe (Dark Tranquility, Lamb of God et Children Of Bodom) on est de suite fixé sur le registre de l'album. En bref : du death, un peu de core dans les vocaux et pas mal de phases mélodiques. Les musiciens ont d'ailleurs pu, avant enregistrement de cet album, faire leurs gammes sur les nombreuses scènes leur permettant de roder leur style et leur musique (par exemple : Dagoba, Punish Yourself, l'Esprit du Clan ou encore Vulcain et ADX puisqu'on parlait des deux vagues de metal à la française). Dix morceaux, 46 minutes en guise de CV et de sésame pour la prochaine étapes. L'album est construit de manière plutôt standard et débute avec une intro sur "Lumen Gentium" aux samples vocaux de plusieurs langues avant d'envoyer au bout d'une minute et tout à tour le plus beau growl de Tony et Charles sur une rythmique marteau piqueur du genre. Voilà ! Comme ça on est de suite fixé sur la suite de l'album. S'agissant d'une autoproduction, on appréhende toujours un peu la qualité sonore des productions. pour le coup le son est pas mal et bien en relief. Les parties chants auraient peut être méritées plus de profondeur et de basse car manquant du coup d'un peu de consistance par rapport au style pratiqué.Cela dit ce point n'est pas gênant en soit et ne permet pas de dire que l'album est mauvais d'un point de vue sonore.

Le point notable dans le registre est l'utilisation de la langue française dans le chant. Du coup on a droit à du death growlé et plutôt facilement compréhensible. Les sujets des chansons sont généralement une coutumière critique des thèmes sociaux comme la politique, la religion, les guerres, le grand capitaliste etc.. Le morceaux "Anastasie" est d'ailleurs le superbe hit du LP et donne envie de sauter partout : la rythmique fait mouche ainsi que la couche synthé qui la recouvre. Le refrain envoie du lourd et risque de réchauffer les publics les plus froids ou d'embraser les festivals d'excités. Dans la même vaine "Reprouvé" embarque l'auditeur dans une composition carré et bien écrite. Les autres morceaux sont du même ressort mais semblent un peu plus poussifs. Les compositions, réalisations interprétations sont de qualité mais ne dépassent pas les limitations de vitesses. Sans se rattraper aux textes nativement compréhensibles on peut facilement décrocher de l'album voire l’arrêter. Ce n'est pas tant négatif car le tout se tient et offre une logique sur les 3/4 d'heure de durée."Ascension Divine", le dernier et long morceaux (pas loin de huit minutes) boucle intelligemment l'album avec son outro lente et ses plages de synthés reposantes comme si l'auditeur devait se reprendre doucement de son expérience musicale. Cette dernière pourrait paraître longue mais au contraire donne le temps de repenser aux chansons passées et laisser l'album se finir calmement. Serein.Comme si finalement les sombres thèmes abordés par le groupe offrait un espoir possible, un «demain ça ira mieux».

Pour conclure on peut se contenter raisonnablement de ce premier album des Spellbinding. Il faut tout d'abord passer au delà de l’infâme pochette d'album et de la police d'écriture qui , a mon sens, devront vite évoluer pour ne pas laisser une impression d'amateurisme ou de dessin de coin de table. Niveau musical, l'album est un bonne étape de franchie, elle contient deux très bon titres et se tient dans sa globalité. Espérons voir ce groupe poursuivre sa progression musicale à partir de maintenant et par delà l'hymne des groupes sans saveur ni odeur.


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