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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 20 octobre 2013
Sa note : 10/20

LINE UP

-Damian "Tom" Leski
(chant)

-Jeremy Wagner
(guitare)

-Chuck Wepfer
(guitare)

-Shaun Glass
(basse)

-Mike Miczek
(batterie)

TRACKLIST

1) Septic Premonitions (Intro)
2) Womb Of Horrors
3) Ghastly
4) The Flesh Mechanic
5) Rendered Into Lard
6) Omen Of Disease
7) The Docking Dead
8) Give Me The Bottom Half
9) Predacious Poltergeist
10) Blood Gullet
11) Carnage Genesis
12) Choket Out And Castrated
13) Incinerated (2013 Redux)

DISCOGRAPHIE


Broken Hope - Omen Of Disease



La scène brutal death se résume vraiment à un gros n’importe quoi depuis un moment : un flot de nouveaux groupes se pointe, juste pour «jouer la musique qui leur plait», mais un autre flot de groupes, plus ou moins anciens se reforment, d’où une scène sursaturée, dans laquelle les fans ne savent plus où donner de la tête. Broken Hope avait splitté dans les années 2000 après cinq albums plus ou moins convaincants. Il faut dire que le groupe est un second couteau de longue date, un peu comme Deeds Of Flesh, mais il profite tout de même d’un relatif statut culte. Et quand il se reforme en 2013 pour sortir un nouvel album, la question qui se pose est surtout celle de la nécessité et de la légitimité.

Qu’on ne se leurre pas, le statut de groupe de seconde division n’est nullement usurpé, ou exagéré : Broken Hope sait avoir des fulgurances, voire développer des passages intéressants ; mais il n’atteint jamais le palier qualitatif des grands pontes du genre dans leurs meilleurs œuvres. "Womb Of Horrors" place directement l’auditeur en terrain connu, avec du blast bien senti, sur un riff ressemblant assez au Cannibal Corpse des bon jours. Et la voix de Damian Leski déboule pour surprendre l’auditeur néophyte : ultra-gutturale, vomitive, et totalement incompréhensible, elle demeure l’un des atouts de Broken Hope, qui l’utilisait déjà avant que Matti Way ne donne une leçon à tout le monde avec Disgorge. Le titre se termine avec un solo mélodique du plus bel effet, qui peut paraître inattendu de la part d’un groupe de ce genre. Ledit solo ne sera pas le seul, et des aérations de ce type pointeront le bout de leur nez, accueillies par le paillasson «Welcome» de l’auditeur.
Au moins, si la musique s’inspire pas mal de Cannibal Corpse, l’écueil que représente la batterie monolithique chez ces derniers est ici évité. La dose de blast syndicale est présente, mais des patterns un peu plus variés sont également de la partie. Le principal problème vient du fait que les titres, ne dépassant pas, à trois exceptions près, les deux minutes, ne sont pas tous très mémorables, et que les riffs délivrés par le combo connaissent des hauts et des bas. "The Flesh Mechanic" en est un bon exemple : en dehors du riff du couplet, pas grand-chose ne se retient. Le titre suivant, en revanche, plus incisif, car mieux servi en terme de guitares illustre l’écart qui peut exister entre deux morceaux de ce nouveau Broken Hope. Il est toutefois regrettable que ce titre se termine par un sample de plus d’une minute, inutile comme d’habitude avec ces artifices, qui donne le sentiment que le groupe n’a pas été capable ici de composer de réel morceau développé. Enfin, ces courts tabassages permettent au moins d’éviter toute prise de tête.
Une suite de courts morceaux, qui fait que cet album, une fois amputé de ses quelques bonus, atteint péniblement les 37 minutes. Ça ne représente pas beaucoup, mais entendre beaucoup plus de ce death relativement simpliste dans lequel (sur ?)nage Broken Hope se révèlerait rapidement laborieux. Encore une fois, la faute à des riffs pas toujours au top, même si la plupart sont relativement sympathiques, et que certains tapent là où il faut, soutenu par des blasts, ou non. De là, on en déduira que cette musique doit prendre, de par son caractère très direct, voire un peu bas du front, si l’on veut être méchant, tout son potentiel en live. Les deux titres bonus en public en attestent d’ailleurs, et on peut sentir depuis son canapé la sueur du moshpit.  Sur album, on en retire un certain plaisir, entaché de ce sentiment d’écouter un album bon, sans plus, au lieu de creuser cet album dont on a retenu peu de choses, Pierced From Within.


Au final, Omen Of Disease est un album de brutal death que l’on pourrait qualifier de « générique » : des tonnes de groupes font la même chose, souvent avec plus de talent. Se présentant avec des compos correctes sous le bras, loin d’atteindre le nirvana, l’album s’écoute de façon pépère, sans prise de tête. Il remet bien comme il faut le statut culte du groupe en question, et indique qu’il aurait aussi bien pu être reformé pour donner des concerts un peu partout. Pas très convaincant tout ça, et surtout bien dommage.



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