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CHRONIQUE PAR ...

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Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 14 septembre 2013
Sa note : 14/20

LINE UP

-Andrew Tkachenko
(chant)

-Serge Pokhvala
(guitare)

-Alex Vynogredoff
(guitare+basse+piano+chant)

-Igor Babayev
(batterie)

TRACKLIST

1) A Study In Scarlet
2) Nowhere Is Here
3) Là Où Le Rêve Et Le Jours S'effleurèrent
4) The Sleep Of Reason
5) Silent World
6) La Persistencià De La Memoria
7) Metamorphosis
8) Mat?

DISCOGRAPHIE


Vin De Mia Trix - Once Hidden From Sight
(2013) - doom metal melodeath atmo - Label : Hypnotic Dirge



Houla, la surprise. Ils ont un nom qui sonne hispanique, ils ont des gueules d’hispaniques, mais en fait ils sont Ukrainiens. Déjà actifs depuis 2007, ils n’avaient sorti jusqu’ici que des démos. Signés sur Hypnotic Dirge, label plus spécialisé en black qu’autre chose (va comprendre…) ils se décident finalement en 2013 à lancer leur œuvre révolutionnaire à la face du monde. Hem, non pardon, je m’emporte.

Vin De Mia Trix sur Once Hidden From Sight, ainsi que ne le laisse pas supposer sa pochette, pourtant très réussie, joue du doom/death atmosphérique. Il est donc peu surprenant d’entendre dès le départ une mélodie lancinante, soutenue par des guitares lentes. Le temps également de constater que la basse sera, pour une fois, ou enfin, un élément important de la musique, puisque bien mise en évidence, et sortant très souvent des lignes différentes des guitares, voire des mélodies qui complètent celle de ses consœurs à cordes. Certains passages tendent aussi vers le funeral doom ("A Study In Scarlet", "Silent World"), bien aidés par le growl du chanteur, très organique, et l’écho qui vient alors se greffer dessus. Il arrive de temps à autre que les guitares s’emballent, partant dans un death dissonant, restant tout de même assez lent ("A Study In Scarlet", "Silent World").
Les Ukrainiens brillent toutefois par leur talent en tant que mélodistes, dévoilant des phrasés neurasthéniques délectables ("Nowhere Is Here", où la basse brille encore,). La voix claire, utilisée avec parcimonie, mais à bon escient, et tendant vers le parler agonisant, ajoute également une touche de variation bienvenue. D’ailleurs, de variations, ce disque ne manque pas. Ces gais lurons ont en effet eu la bonne idée d’inclure deux interludes au piano. Le premier est très réussi, exploitant bien les dissonances, alors que le second et ses cinq minutes sont dispensables, car n’apportant pas grand-chose au schmilblick. Le retirer n’aurait donc pas fait grand mal, au contraire, car le disque aurait tout de même duré une heure. D’ailleurs, ne vous leurrez pas en regardant la durée des morceaux et le genre : la musique de Vin De Mia Trix n’est pas mortellement répétitive, comme celle de certaines formations, qui se contentent de répéter 3 riffs sur 9 minutes.
Les changements sont assez nombreux pour que l’ennui demeure lointain inconnu, et que quelques écoutes soient nécessaires à la bonne appréhension de l’œuvre. Mais quid des atmosphères dans tout ça ? Dans l’immense majorité des cas, elles suggèrent l’élément aqueux. Ceci tient particulièrement à l’usage très fréquent d’écho sur certains accords acoustiques, ou sur les mélodies, qui entretient cette impression d’immersion. « Du Ahab ? » demanderez-vous. Pas tout à fait, car Vin De Mia Trix nage dans des eaux où la lumière du Soleil perce encore, loin des fonds marins de leurs camarades allemands. A la rigueur, quelques courts clins d’œil, à base de growl renforcé à l’écho, permettront le rapprochement ("The Sleep Of Reason", la plus proche de ce point de vue). En revanche, de façon assez dommageable, après trois excellents premiers morceaux, on se retrouve avec une suite parfois moins percutante, notamment "The Sleep Of Reason", qui manque d’une mélodie réellement marquante.


Pas de quoi réellement tirer vers le bas un premier album qui se pose comme une bonne surprise, malgré quelques points perfectibles. Le groupe a simplement voulu en faire un peu trop, et gagnerait la prochaine fois à raccourcir légèrement le propos, pour se concentrer sur la qualité des morceaux. Enfin, c’est toujours un bon moyen de passer une heure en bonne compagnie, pour les dépressifs (YEAH CLICHÉ).



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