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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 08 septembre 2013
Sa note : 6/20

LINE UP

-Ethan McCarthy 
(chant+guitare)

-Zach Harlan 
(basse)

-John P. Damron 
(drums)




TRACKLIST

1) Scorn
2) Rags
3) I Can't Forget
4) Antietam
5) Black Smoke
6) Stretched Thin
7) Astral Sleep

DISCOGRAPHIE

Scorn (2013)

Primitive Man - Scorn
(2013) - doom metal sludge crasseux - Label : Throatruiner



Sale et violent. C'est comme ça que l'on cherche à nous vendre le soi-disant monstre. Et il faut bien avouer que la pochette l'est belle et bien, sale et violente. Sans aucun doute la pochette la plus dérangeante qu'il m'ait été donné de voir cette année. Vraiment, ce visuel me met mal à l'aise et la tension qui en émane m'use. Tout ça me fatigue et m'effraie. Le truc, c'est que j'aurais pu m'arrêter là, sur le seuil. Car le problème, c'est que Scorn a plus de gueule que de carrure et qu'il fait bien trop le méchant pour être pris au sérieux. 

Scorn n'a pas de sens. A trop pousser dans ses retranchements les genres qu'il a choisi de mettre en avant, à savoir un sludge mâtiné de doom, d'indus et injecté de black, Scorn en fait trop et se vautre un peu bêtement dans la fange qu'il a voulu créer. Pas facile de sortir de la bouillasse. En somme, ce disque reprend la formule malsaine et poisseuse d'un Eyehategod et l’apure (si j'ose dire) en ôtant tout ce qui ressemble un peu trop à une mélodie, à savoir tout sauf les larsens. Avec le premier essai de Primitive Man, il n'est plus question de d'être influencé par le blues du bayou ni de faire parler des guitares au groove boueux mais imparable. Ici, on préfère se rouler dans une musique des bas fonds, grave en diable et parfois ponctuée de cris rauuuuuuuuuques et de semblant de musique (confère "I Can't Forget", sorte d'interlude terriblement claustrophobe et a-musicale). Or, Eyehategod sans la musique, c'est très sale et très vilain mais ça ne fonctionne pas. Pas cette fois, pas sur moi, en tout cas.
Car à trop jouer le boueux de la première heure à forte tendance sociopathe, Primitive Man s'enferme lui-même dans son propre piège et Scorn passe sans trop se faire remarquer. D'accord, les gars sont des gros méchants. Et après ? Qu'est-ce qu'on retient là-dedans ? L'absence de la moindre mélodie, voire du moindre riff (qui sont pourtant là épisodiquement, mais qui ne se démarquent pas franchement sous les tonnes de boue et d'accords bêtement plaqués là, grossièrement, et qui ne servent qu'a mettre en avant la lourdeur du truc), cette « absence de tout » empêche Scorn de faire naître l'envie d'une nouvelle rencontre. Reste une mauvaise ambiance permanente - qui plaira à certain extrémistes musicaux, c'est évident, et tant mieux - commentée par un râle profond et inhumain. Impressionnant de prime abord mais vite lassant. 


Sur Scorn, tout est fait pour être très lourd et très méchant, ceci au détriment de toute tentative d'accroche. Pas de riffs auxquels se raccrocher et encore moins de mélodies à mémoriser. Or, sans repère, le potentiel séduction de l'album tombe à zéro et des brouettes (pleine de boue). Finalement, Primitive Man est un brin prétentieux sur les bords (ce qui est paradoxal vu la non-complexité musicale du sujet) et propose avec Scorn une sortie impressionnante de noirceur si l'on veut, mais dispensable. 


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