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CHRONIQUE PAR ...

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Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 23 août 2013
Sa note : 15/20

LINE UP

-Matti 
(chant)

-Jani Kekarainen 
(guitare)

-Eero Pöyry
(claviers)

-Lasse Pelkonen
(batterie)



 


TRACKLIST

1) The Raven and the Backward Funeral
2) Shred of Light, Pinch of Endless
3) Farmakon Process
4) (Untitled)
5) Nowhere
6) Nothing


DISCOGRAPHIE

Stormcrowfleet (1995)
AES (1998)
Farmakon (2003)
Alloy (2008)
Ordeal (2015)

Skepticism - Farmakon
(2003) - doom metal pionnier du funeral doom - Label : Red Stream



C'est bête, mais en une année et bientôt cent chroniques, ma présence chez les Eternels m'aura fait comprendre qu'il est important de sélectionner avec soin ses écoutes. Après avoir ingurgité plus de doom de seconde zone qu'il n'est raisonnable de le faire, je ressens comme un besoin de me recentrer sur mes classiques, sur LES classiques. Exit les obscurs combos du bout du monde ; j'ai besoin de me prouver que ce genre si particulier peut encore provoquer chez moi autre chose qu'un soupir de lassitude. Et là, je remercie Les Grands Anciens du genre. Merci Skepticism pour me redonner la foi. 

En 2013, avec 10 années de recul (déjà !), on le sait désormais : Farmakon marque le dernier album d'un cycle : le cycle brumeux entamé en 1995 avec l'épitome du genre qu'est Stormcrowfleet (1995). Alloy (2008) marquera un renouveau du son du groupe - plus grandiose, plus lisible - mais pour l'heure, le coton noir et douillet domine encore la production du groupe. Comme pour nous prouver que rien ne change jamais vraiment, "The Raven and the Backward Funeral" s'ouvre sur un orgue - loin d'être aussi massif et imposant qu'il le sera sur Alloy - qui ne s'éteindra pas du morceau. Et toutes les fondations du groupe suivent : lenteur ahurissante, progression mélodique ténue mais réelle, voix growlée en douceur émananr du fond d'on ne sait où, riffing d'une simplicité n'ayant d'égal que sa pertinence et sa particularité... Le Skepticism des débuts n'a donc pas changé. Et, prenant une moue dubitative, on se dit qu'il manque peut-être quelque chose... Comment être surpris si tout a déjà été dit ? 
Fi de tous les doutes ! "Shred of Light, Pinch of Endless" marque un pas supplémentaire vers la noirceur apaisante développée par Skepticism. Les mélodies conjuguées des voix, guitares et claviers se fait plus imposante, aidée par une batterie aux roulements lointains. Le tempo accélère. Tout est relatif. "Farmakon Process" suit le même schéma, l'orgue en avant, qui domine le monde. Les compositions sont étranges, les enchaînements pas forcément évidents ni réussis à première vue, et pourtant, tout ça semble se tenir... La marque de Skepticism : faire tenir debout un édifice gigantesque et sombre dont on garde l'impression persistante de ne voir que le sommet. Car l'album est à l'image de son artwork : noir, doucement vaporeux et doux. L'agressivité n'est pas de mise, aussi radical que puisse être le propos. 
Tout semble classique et figé. En réalité rien ne l'est. Tout redémarre à partir de la quatrième piste sur laquelle Skepticism semble se réinventer à coups de grandeur. L'édifice se dévoile en partie. Le clavier / orgue mange l'espace, la guitare sature le spectre sonore, la batterie impose un rythme cardiaque de plus en plus rapide et le chant devient comme habité, possédé comme jamais, entre chuchotements growlé, parlé venu du fond des âges, respirations profondes et rires inhumains. Le summum de l'oppression est atteint sur ce morceau sans nom qui contraste avec la douceur des débuts. Skepticism devient un monstre le temps d'une piste. Il confine à la folie et nous entraîne dans sa chute. Puis le calme et la douceur - relative - reviennent dans le néant : "Nowhere", "Nothing". Tout est dit en l'espace de deux pistes plus traditionnelles mais magistrales. Farmakon, comme son nom l'indique, est à la fois le poison et le remède. 


Skepticism continue son chemin sans sortir de son sillon. Abstrait, ce Farmakon, ne PEUT PAS plaire ni à tout le monde, ni en permanence. C'est son plus grand défaut. Trop lointain, trop extrême dans ses développements, Farmakon exige de l'auditeur un état d'esprit particulier, ce qui limite automatiquement sa note... il reste pourtant l'un des grands albums du genre, à l'instar de l'intégralité de la discographie de Skepticism. 


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