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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 22 août 2013
Sa note : 12/20

LINE UP

-Laura Pleasants
(chant+guitare+basse)

-Phillip Cope
(chant+guitare+basse+clavier
+theremine+percussions)

-Eric Hernandez
(guitare+basse+batterie)

-Carl McGinley
(batterie+percussions)

TRACKLIST

1) Exhale
2) Unspoken
3) Grounded
4) We're Taking This
5) Long Gone
6) What Does It Take
7) Steady Breakdown
8) Low Tide
9) Vulture's Landing
10) Quicksand
11) Drifting

DISCOGRAPHIE

Ultraviolet (2013)

Kylesa - Ultraviolet
(2013) - stoner sludge coldwave - Label : Season Of Mist



Kylesa fait déjà son petit bout de chemin depuis quelques années. Arrivé dans la seconde vague du sludge, après les papes Melvins, Eyehategod et Neurosis, le groupe Louisiannais marquait par une certaine forme d’originalité, en mélangeant la musique dépravée d’Eyehategod avec un stoner relativement typique des Queens of The Stone Age ou de Kyuss. Ah, et ceci est la seconde chronique écrite en train par votre serviteur. On s’en fout ? Au moins ça me fait gagner deux lignes, tout n’est pas négatif.

Depuis Kylesa, qui charcutait à tout bout de champ sans vraiment réfléchir à l’impact qu’il pouvait avoir, du chemin a été parcouru, et cet Ultraviolet est une sorte de témoin. En effet, c’est un disque assez contrasté, tiraillé entre sludge, stoner, et psychédélisme qui nous est présenté. Le premier titre part pourtant dans la droite lignée des habitudes du groupe, en mode équarrissage, avant qu’un passage presque atmosphérique vienne taper l’incruste. Mais après cet "Exhale" assez typique, rien ne va plus, et Laura Pleasants se met à se prendre pour la chanteuse de Dead Can Dance. Cette voix claire, plutôt agréable, sera plus ou moins bien exploitée tout au long du disque. Plus sur "Unspoken"; moins sur "Vulture‘s Landing". Toutefois, la bougresse n’a pas totalement perdu son talent pour les éclats plus déchaînés de vocalises hardcore. Le « What goes around, comes back around »  anthologique de "We’re Taking This" vous fera sûrement remettre la piste au début. La miss n’est d’ailleurs pas seule, et ses collègues la soutiendront gentiment de temps à autre.
La touche psychédélique est moins appuyée, en dehors des solos d’"Unspoken" et de "Grounded", qui marquent l’apogée de cette tendance à coup de stoner mâtiné de larsen hypnotisant et d’effet de guitare la rendant déliquescente, au profit de ces tentatives de coldwave. Bref, jusqu’à "We’re Taking This", une certaine cohérence est encore de mise, puisque tout est lié par un gros sludge bien pâteux, que l’organe de Mrs. Pleasant rend dantesque. A partir de "Long Gone", le groupe cherche à varier la formule en rendant le propos moins violent, ne l’empêchant pas d’accoucher encore de riffs efficaces. Le seul problème, c’est que sur un disque aussi court qu’Ultraviolet, qui affiche moins de quarante minutes au compteur, la baisse de tension affichée jusqu’à la fin pourra provoquer l’ennui. Surtout avec des morceaux aussi inutiles et plats que "Low Tide", ou "What Does It Take", et son délire bizarre et gentillet qui ne dure heureusement que deux minutes. 
Du sludge à riffs en papier de verre du départ, on passe à un stoner mélangé à de la coldwave sur le reste du disque. Grâce aux incorporations précédentes, le changement ne paraît pas trop abrupt, même si on regrette clairement que la formation n’ait plus laissé parler la poudre. En revanche, lorsqu’il fait un effort, le groupe arrive à pondre un petit miracle d’ambiance comme "Steady Breakdown", véritable avis de tempête qui attend jusqu’au dernier moment pour nous prendre par surprise, après une éclaircie acoustique qu’on croyait définitive. Les effets sur les guitares, sont ici  excellents, leur donnant ce rendu aérien, et la voix de Laura, renforcée à l’écho, colle parfaitement à l’ambiance générale. En revanche, les quatre derniers morceaux tirent méchamment l’ensemble vers le bas. "Low Tide" se prend pour un hymne de stade guilleret, et contraste fortement avec le reste, et les autres morceaux ne sont pas forcément beaucoup plus intéressants, en dehors de "Vulture’s Landing" qui se décide enfin à remettre un peu d’agressivité dans la soupe.


Bref, pas le meilleur Kylesa, mais un des plus surprenants par sa diversité. Le seul problème, c’est que cette diversité n’est pas utilisée à bon escient, donnant à cette tentative un goût entre l'amer et le doux. Il y a plus de bons moments que de mauvais sur Ultraviolet, certes, mais avoir à subir des morceaux inutiles dans un album de 38 minutes… il y a un peu d’abus dans l’air. De quoi donner une note équivalente au Lord Dying, qui, lui, manquait de folie.



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