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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 24 août 2013
Sa note : 13/20

LINE UP

-Ashtrael
(chant black)

-Sathonys
(chant clair+guitare)

-Thilo Feucht 
(guitare+claviers)

-Till Ottinger
(basse)

-Manuel Steitz 
(batterie)
 



TRACKLIST

1) In Darkness (We Shall Be Reborn)
2) I've Risen
3) Favourite Sin
4) Oceans of Black
5) Adio
6) Somewhere Somewhen
7) Dusk of an Infinite Shade (Amurg)
8) Hoellenfahrt Der Selbsterkenntnis
9) Adio (Acoustic Version)

DISCOGRAPHIE

Phoenix (2009)
In Darkness (2013)

Agathodaimon - In Darkness



Massacre. Ce seul mot suffit à me donner des sueurs froides. Oh, ce n'est pas de l'oeuvre d'un Breivik ou d'un Al-Assad dont on parle... Ces massacres là ne sont pas très sympas, c’est sûr, , mais ne sont rien par rapport au Massacre dont on parle. Massacre est une bête plus insidieuse qui, régulièrement, envoie sur Terre ses pires démons détruire la santé mentale des chroniqueurs (aujourd'hui : Agathe, le démon au nom mignon). En règle générale, recevoir un présent du maître Massacre Records est mauvais signe. Mais toute règle connait des exceptions... et on dirait bien que je m'en tire pour cette fois. 

La première fois que j'ai rencontré Agathodaimon, c'était dans un disque de Mnemic, au détour d'un petit coupon de promotion. Allez savoir pourquoi, mais cette pochette en 3x3 cm qui n'avait rien de spécial m'avait captivé, hameçonné. Des années plus tard, ce souvenir encore bien présent allait me pousser à vous parler d'In Darkness, le bien nommé. Dans un genre propice aux déviances poûet-pouêt - le black symphonique - Agathodaimon reste classique au possible et s'en tire avec les honneurs. En l'espace de 9 pistes, souvent mid-tempo, mêlant tremolos, envolées doom, voix de canard blackeux et/ou de grand sage de la confrérie de la Noirceur Gothique et orchestrations d'ambiance évitant le kitsch, ce In Darkness risque d'être une agréable surprise pour les amateurs de Dimmu Borgir et compagnie.
Le gros point fort du groupe est de ne pas se cantonner à un black d'école. Si ce n'est le chant, qui reste classique et écorché comme il se doit, la musique d'Agathodaimon se fait douce et se fond avec aisance dans un moule de doom mélodique, à base de tempos lents et, surtout, de leads de guitares vraiment jolis. Après deux premiers titres sont clairement axés black, les deux suivant, "Favourite Sin" et "Oceans of Black", se payent le luxe d'un doom de bonne facture. "Oceans..." instaure une ambiance planante, survolée d'un piano tristounet et d'un voix claire céleste réellement... reposante. Avant que le final n'explose en double pédales et tremolos black, néanmoins tempérés par un relent d'ambiance doom. Le meilleur dans cette histoire ? Cette fusion des genres doom, black et sympho, s'applique à tout le disque. 
Mélange de musiques a priori extrêmes, In Darkness est pourtant doux comme un agneau (chose que regretteront surement les puristes de la noirceur - et on les comprend). Les explosions black ("Adio" ; "Dusk of Infinite Shade...") restent inoffensives, juste pertinentes. L'expérience aidant, l'intensité ne retombe jamais vraiment et Agathodaimon glisse dans ses compos un certain nombre d'élément certes classiques (guitare acoustique, soli, etc.) mais qui permettent d'aérer l'ensemble et de donner une trame que l'auditeur suivra sans mal. Et l'album se laisse écouter, sans mal, mais, il faut l'avouer également, sans énorme passion. La faute au respects de trop nombreux codes et à un aspect scolaire par trop présent. 


Dans l'esprit, In Darkness est plus proche d'un doom lyrique et mélodique que d'un black hargneux et vindicatif. En témoignent les leads de guitare, qui piochent clairement dans le monde du metal gothique des Paradise Lost et autres Sentenced. Ce mariage, pas spécialement novateur, est exécuté avec suffisamment de savoir faire et de variations pour que l'on puisse passer un honnête et agréable moment. Si je ne vois pas cet Agathodaimon marquer l'année 2013 de son sceau de noirceur, je l'aurais néanmoins franchement apprécié le temps de quelques semaines. S'agissant d'une oeuvre Massacre, ce n'était pas gagné. 



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