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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 15 juillet 2013
Sa note : 14/20

LINE UP

-Rosarius
(chant+guitare+basse+claviers)

-Walran
(chant+claviers)

-Ronnie
(batterie)

TRACKLIST

1) Dans les Vallées Eternelles
2) Tears of Snow
3) I Am the Agony
4) Weeping Ghost
5) Errances
6) ...Where Roses Never Die...
7) Shades of Sorrow

DISCOGRAPHIE


Angellore - Errances
(2013) - death metal doom metal gothique Romantique - Label : Aural Music



Le gothic doom death, c’est l’adolescence romantique dans toute sa splendeur. L’univers n’est alors qu’émotion et sentiment, et la raison n’a pas le droit de cité. Règnent en maîtres absolus les messages griffonnés à la hâte (oui je sais, j’ai plusieurs trains de retard, on ne griffonne plus, on tape…), les regards qui se veulent lourd de sens, les moments de panique lorsque l’être aimé n’a pas saisi la portée de l’amour qui lui est voué. Le coeur danse en permanence la chamade et les mots “réflexion”, “patience” ou encore “plan” n’existent pas. Le gothic doom death original, le véritable, se moque des notes et des chroniques, soi-disant objectives, ce qu’il veut, c’est tenir dans sa main un cœur  fraichement arraché, encore palpitant.  Mais que voulez-vous, il faut bien que je ramène un salaire à la maison pour faire vivre la famille…

Et puis il y en a des choses à dire sur Errances, le premier album des Frenchies d’Angellore. Il y a autant de choses à dire sur cette œuvre que sur le gothic doom death en général, parce qu’on pourrait carrément qualifier le groupe de parangon du genre. Angellore ne joue pas du gothic doom-death, Angellore EST le gothic doom-death, pour le meilleur comme pour le pire, car soyons clairs : il y a un certain nombre de choses moyennes ou approximatives sur le premier long essai des Sudistes, comme pouvaient être approximatives des œuvres comme Wisdom Floats de Decoryah ou le grand Forever Scarlet Passion de qui on sait. Un titre comme "Weeping Ghost" par exemple semble plus être une suite de plans juxtaposés qu’un morceau unique. L’initial "Dans les Vallées Eternelles" n’est pas non plus extrêmement palpitant. On pourra aussi se plaindre de la batterie, trop sobre dans un genre qui demande un petit plus d’étoffe de la part du monsieur qui se trouve derrière les futs, histoire de meubler la lenteur du tempo propre au style. Bref, Errances n’est pas parfait. Forever Scarlet Passion ne l’est pas non plus, et pourtant ça ne l’empêche pas d’être un des meilleurs albums du genre, en toute subjectivité. En réalité, Angellore compense ses approximations de la meilleure des manières : avec conviction, en donnant tout ce qu’ils ont - c’est en tout cas la sensation que l’opus transmet – et avec quelques bonnes idées aussi, il faut bien l’admettre.
Plus gothic et doom que très death  (les growls de Rosarius et Walran tiennent plus de l’homme en colère que du monstre des profondeurs et les riffs ne sont pas non plus extrêmement abrasifs), le trio s’attache à créer la fameuse ambiance mélancolico-romantique propre au genre et y arrive en général bien. Utilisant de manière intelligente un large éventail de voix, les artistes ont le bon goût de nous épargner les pleurnichages à la Christian Death, pas toujours extraordinairement bien utilisés par les metalleux, et les remplacent par un assortiment de growls donc, de chants hauts-perchés, de vocaux clairs typiques de la cold-wave (et remis au goût du jour par Les Discrets et leurs amis). Le chant se rapproche même par moments de groupes pop comme Air ("Shades of Sorrow") sans qu’on ait à crier au scandale ou à l’imposture (les puristes du death ont déjà décroché de puis longtemps de toute façon). Les synthés et autres guitares acoustiques sont également de sortie, comme on pouvait l’attendre, et le résultat est parfois saisissant. Les deux chansons les plus percutantes de l’album, à savoir "I Am the Agony" et "Shades of Sorrow" offrent un mélange sucré-salé absolument fameux, et malgré deux titres plus faibles (ceux évoqués plus haut), l’ensemble est aussi démonstrativement poétique, triste, prenant et varié que ce qu’on attend du genre.


Franchement, la note on s’en tape et si les grands chefs Eternels ne m’avaient pas menacé de m’émasculer et de me couper le foie en mille morceaux en cas de non-notation, je me serais abstenu d’évaluer Errances en termes quantitatifs. Mettre une note à un genre qui se base quasi uniquement sur l’émotionnel, c’est vain. Ce que je peux affirmer en revanche, c’est qu’Errances, malgré ses défauts, est un album extrêmement attachant et que j’attends très impatiemment la suite des aventures d’Angellore.



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