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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 21 juin 2013
Sa note : 14/20

LINE UP

-Azentrius
(chant+guitare+basse+claviers)

-Job Bos
(claviers)

-Wrest
(basse)

-Sam Shroyer
(batterie)

TRACKLIST

1) Prelude to Apocalypse
2) The Deceiver and the Believer
3) Impure Rage
4)
End Times
5) The Genocide March
6) Wrath and Revenge
7) Scars
8) Shadows World

DISCOGRAPHIE

Scars (2013)

Hate Meditation - Scars
(2013) - black metal Trve de chez Trve - Label : Indie Recordings



1995 : en pleine campagne présidentielle, Jacques Chirac reconnaît cultiver un « jardin secret », qu’il n’aime pas évoquer en public, à savoir sa passion pour la culture chinoise.
2000 : en plein boom du Katatonia musicalement remanié, le mythique duo Renkse/Blackheim avoue à la face du monde aimer en secret le bon vieux death metal des familles et n’a plus envie de la cacher. Ils lancent Bloodbath.
2007 : des scientifiques démontrent que la surface cultivable des jardins secrets des artistes (Jacques Chirac était véritablement un artiste) couvrirait 666 fois la terre
2013 : au tour de Blake Judd, leader des cold-waveux/blackeux de Nachtmysitum, d’y aller de son side-project (comprendre « jardin secret »), intitulé Hate Meditation. Le style ? Du unholy black metal, mon bon monsieur.

 
Soixante-dix secondes. C’est la durée totale des influences non-orthodoxes typiques de Nachtmystium qui peuvent se faire entendre sur Scars (morceau : "End Times" - instant initial : 5min00s - instant final : 6min10s - forme que prend hérésie : une lead guitare mélancolique qu’on aurait pu entendre sur Silencing Machine). C’est le seul péché dont aura à répondre le sieur Judd (ah pardon, c’est Azentrius en fait) et ses comparses devant le tribunal de la Unholy Inquisition Contre le Black Metal Déviant (U.I.C.B.M.D.). On peut gager que le contenu du reste de l’œuvre devrait éviter au quatuor des peines trop sévères telles l’ingestion de deux litres d’eau bénite ou la lecture à l’endroit de l’Evangile selon Saint-Mathieu, car pour le reste Scars est un album de trve black metal, de A à Z. Tout y est, mais alors tout. Le son d’abord, donnant l’impression que l’album a été produit à l’aide d’un vieux mange-disque poussiéreux (mention spéciale au même "End Times" où les metalleux un peu durs de la feuille auront même du mal à distinguer la batterie tellement elle est loin). Les mélodies ensuite, assez rares, bien rocailleuses, parfois construites autour d’envolées similaires à celle des toutes premières œuvres d’Emperor ("The Deceiver and the Believer", "Wrath and Revenge").
La voix enfin. Azentrius/Judd pousse la chansonnette d’une manière extrêmement haineuse et convaincante sur l’ensemble de l’œuvre, à tel point que même les titres les moins haletants (euh… "End Times" ?) conservent de l’intérêt. Tout amateur de black metal un tant soit peu versé dans la langue de Shakespeare saura se délecter de la conviction avec laquelle Azentrius prononce certaines paroles (« Never to rise agaaain », « Human fleshhhhhh », j'en passe et des meilleures). Alors quoi : Hate Meditation arrive vingt ans trop tard ? Peut-être. Il n’empêche que des titres comme "Impure Rage", qui rappelle fortement l’éponyme (et orthodoxe !), "Silencing Machine", mais aussi, et surtout, l’imparable "The Genocide March", dont la haine palpable à mains nues devrait ravir tout fan de A Blaze In The Northern Sky, font vraiment mouche et nous confortent dans l’idée que là où il y a de l’authenticité, il y a du plaisir. On pourra également mentionner le sympathique final éponyme de l’album, qu’on pourrait croire sorti du Filosofem de l’orque pleurant. Scars n’est pas parfait et comporte quelques moments légèrement moins intenses, mais dans l’ensemble il s’agit d’un morceau de sincérité obscure crédible et qui fait du bien par où il passe.


Hate Meditation propose, avec ce premier album, une bonne petite remontée dans le temps, à l’époque où la scène métallique regardait avec étonnement comment quelques artistes scandinaves (un peu allumés pour certain d’entre eux) gagnaient en notoriété non seulement pour leurs agissements douteux, mais encore pour le déferlement sonore d’un genre nouveau qui s’abattaient sur le monde et l’univers tout entier. Scars ne convertira personne à la religion du metal noir. Ça tombe bien, les trve black metalleux n’aiment personne et encore moins les petits nouveaux, c’est bien connu.



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