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CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 22 mars 2013
Sa note : 11/20

LINE UP

-Phillip Cross
(chant)

-Tom Weaver
(guitare)

-Darryl Sweet
(guitare)

-Dominic Turner
(basse)

-Duncan Hamill
(batterie)

TRACKLIST

1) 224
2) Idle Hands
3) Pegasus, Pegasus
4) Inhale
5) Land Of The Free
6) Sheep In Wolves' Clothing
7) Regrets
8) Loathe
9) Trials
10) Exhale
11) Truth and Lies
12) Lion's Den

DISCOGRAPHIE

Idle Hands (2012)

Continents - Idle Hands
(2012) - hardcore beatdown metalcore - Label : Victory Records



Victory Records, c'est le genre de label sur lequel il est difficile de se faire un avis tranché, parce que son roster compte autant de putains de bons groupes que de véritables étrons, parmi les pires de la scène hardcore / metalcore / deathcore (la spécialité de la maison). Ainsi, les excellents Within The Ruins côtoient les immondes bouzins de Design The Skyline, les très respectables Comeback Kid sont de mèche avec les ignobles The Bunny The Bear, les vénérables Taproot ou Snapcase frayent avec des torchons tels que A Day To Remember ou encore Emmure. Continents, petit nouveau de la bande, semble lui pile à sa place niveau look et niveau style pratiqué. Niveau qualité maintenant, où placer le curseur sur l'échelle bipolaire de ce label un peu schizo?

Eh bien malheureusement, pas très haut. La faute à quoi la faute à qui ? Ils sont pourtant sympas, les petits Gallois, et ils sortent d'une terre plutôt fertile en la matière ces dernières années : les excellents Gallows - sur le génial Grey Britain du moins -, les talentueux mais inconstants Architects, les pénibles mais célébrés Bring Me The Horizon, etc. Et puis bon, pour un groupe formé en 2010, arriver à signer chez Victory et sortir un premieur skeud aussi vite, c'est plutôt bien joué. Mais c'est peut-être aussi là le problème. On sent la musique des Gallois vraiment mal dégrossie, blindée de vilaines scories deathcore (car c'est bien de cela qu'on parle en premier lieu, même si le hardcore plus « pur » est également présent sur cet opus) assez pénibles, à l'image de ces gros beatdowns à la con (et surtout à la Emmure), qui fatiguent vite ("Land Of The Free", "Regrets"...). On pense également beaucoup à Bring Me The Horizon, ce qui n'est pas franchement un compliment, dans le rendu général : puissance absolument écrasante et lourdissime de la production, infrabasses, riffs gras et pas bien techniques, hurlements désespérés (mais sonnant plus HxC que chez un BMTH, notamment grâce à l'apport des chœurs typiques du genre sur quelques refrains), on est vraiment dans le cahier des charges Victory / Sumerian / Bastardized et consorts. 
De vagues tentatives d'appel aux codes autrement plus intéressants du mathcore sont à noter (sur un "Idle Hands" par exemple), mais le reste du temps c'est « beatdowns et moshparts » pour tout le monde ("Pegasus, Pegasus", au demeurant plutôt réussie, ou "Inhale" et pas mal d'autres), mais là encore, on sent que tout ça n'est pas tout à fait maitrisé. Rythmiquement, peu de cohérence, l'ensemble est pataud, pesant, haché, et entrecoupé de refrains mélodiques pas dingues. Même si c'est bien le but recherché et que l'efficacité est à peu près au rendez-vous, force est de constater que l'ensemble est plus pénible et redondant qu'autre chose (si vous voulez sonnez vraiment lourd et méchant, les gars, prenez des leçons avec Black Sheep Wall ou Armed For Apocalypse, là ça reste trop générique). Bref, on a envie de dire « encore un album sorti trop tôt », tendance qui revient de plus en plus dans les sorties hardcore au sens large ces derniers temps, et plus particulièrement dans les sorties hardcore beatdown. Faut croire que le style a le vent en poupe, et on ne peut lui nier une indéniable efficacité, mais que de limites... Si un morceau comme "Idle Hands" fait un peu illusion avec ses atours mathcore plutôt bien exploités (ce n'est pas le seul, cet élément se retrouve dans plusieurs morceaux), et qu'un "Truth & Lies" s'avère particulièrement efficace, dans l'ensemble on a très vite fait le tour, et pas plus envie que cela d'y revenir.

Un album en demi-teinte au final. Il semble y avoir un certain potentiel et le groupe a la chance d'avoir déjà un gros label derrière lui, ce qui le met dans des conditions idéales. Pour autant, l'essai est loin d'être transformé. Tout cela est trop emprunté, pas assez varié, ne marque pas assez l'oreille et c'est très dommage. Le sentiment de redondance s'installe vite, notamment grâce à ces damnées moshparts à répétition. Continents gagnerait à alléger un peu son propos, à accélérer de temps en temps, et à moins vouloir la jouer deathcore tough guy, y a tellement plus cool comme modèle que Emmure... Mais bon, un groupe à potentiel pas inintéressant, à suivre à l'avenir.


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