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CHRONIQUE PAR ...

103
Amdor
Cette chronique a été mise en ligne le 19 décembre 2012
Sa note : 13/20

LINE UP

-Sam Anetzberger
(chant)

-Stefan Weimar
(guitare+chant)

-Sascha Ehrich
(guitare)

-Christopher Körtgen
(basse)

-Ingo Maier
(batterie)

TRACKLIST

1) The Art of Coming Apart
2) Barren and Bleak
3) Four Winters
4) Hours of Suffering
5) Memorial Stone
6) A Silence Dressed in Black
7) Sundown
8) Trapping the Unseen
9) Seasons of Tranquillity

10) Fathomless

DISCOGRAPHIE


Fragments of Unbecoming - The Art of Coming Apart
(2012) - melodeath - Label : Cyclone Empire



A l’heure où bon nombre de groupes tendent à miser principalement sur une production moderne et propre, voire lisse, il existe encore quelques irréductibles qui persistent à chercher ce son old school qui pourrait ajouter un certain cachet à la musique. Les Teutons de Fragments of Unbecoming font partie de ces derniers, ne cachant pas une seconde leur amour pour le death mélodique suédois du début des années 90, allant même jusqu’à le mettre particulièrement en avant pour assurer leur promotion. Si la nostalgie semble bien être devenue un nouveau moteur dans le metal, ceci dans presque tous ses sous-genres (on a renoncé à compter les groupes de black inspirés par le prog des 70’s…), les FOUs (attention au jeu de mots !) pourraient bel et bien incarner la tendance dans cette frange de la scène.

Trois ans après leur dernier essai, peu de choses ont changé pour ce cinquième album : même label, même line-up et une pochette, plutôt jolie en l’occurrence, toujours réalisée par le guitariste du groupe, Sascha Ehrich, notamment connu pour avoir réalisé celle d’un des plus grands monuments venus d’outre-Rhin : Epitaph de Necrophagist. Inutile donc d’ajouter qu’au niveau de la musique,  on reste, dans les grandes lignes, dans le même registre qu’auparavant. C’est avec un son à l’ancienne, un peu crade, que le groupe nous joue un death mélodique dépourvu des éléments plus modernes du genre à savoir chant clair, samples ou encore rythmiques syncopées à l’extrême. Les premières écoutes peuvent d’ailleurs se montrer assez décevantes en raison du son qui demande par moment de tendre légèrement l’oreille pour bien cerner la mélodie, mais ce son et ses aspérités contribuent notamment à durcir et à densifier la musique du groupe, ce qui n’est pas pour déplaire. On obtient donc un résultat brut à l’image de la voix caverneuse de Sam Anetzberger qui est absolument impeccable tout du long, comme son compère Stefan Weimar en charge quant à lui, en plus de la guitare, des cris aigus. Les lignes de chant sont en effet de très bonne qualité et suffisamment variées pour ne pas lasser l’auditeur un seul instant et constituent donc un autre gros point fort de l’album.
Pourtant, si le titre éponyme était de bon augure quant à la suite, violent et mélodique comme il faut, l’album subit une certaine baisse de régime sur les trois pistes suivantes où se succèdent des riffs de qualité assez variable. On est d’ailleurs en droit de penser que la durée relativement élevée de quelques pistes qui dépassent les 5 minutes a pu leur être préjudiciable. Bien heureusement, alors qu’on ne s’y attendait plus vraiment, la qualité remonte progressivement à partir de "Memorial Stone", si bien que sur cette seconde moitié d’album, le groupe nous livre ce qu’il sait faire de mieux, c’est-à-dire des titres testostéronés et énervés qui ne laissent pas de repos à l’auditeur, hormis sur les courts passages acoustiques que sont "Sundown" et "Fathomless". L’enchaînement de "Trapping the Unseen" et de "Seasons of Tranquility" constituera le point d’orgue de l’album : particulièrement puissants et efficaces, ces deux titres que n’aurait certainement pas reniés un certain Dan Swanö, en charge du mastering (et qui tient des propos absolument dithyrambiques à propos du combo allemand), laissent entrevoir tout le talent du groupe qui n’aurait plus qu’à le laisser s’exprimer librement à l'avenir, si seulement c’était aussi simple que cela…


Fragments of Unbecoming continue son bonhomme de chemin dans son genre, ajoutant un nouvel album d’un bon niveau à son actif. Si l’originalité n’est pas au rendez-vous, le groupe nous montre sur ce The Art of Coming Apart qu’il peut avoir un sens du riff aiguisé. On regrettera simplement que l’album connaisse une succession de titres anecdotiques au début et mette un peu de temps à devenir réellement prenant, mais mieux vaut tard que jamais comme on dit... Il reste du chemin à parcourir au groupe pour fournir une musique de qualité plus constante pendant 45 minutes mais ils en sont capables, soyez-en sûrs.


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