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CHRONIQUE PAR ...

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Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 24 novembre 2012
Sa note : 13/20

LINE UP

-Thomas Akim Grønbæk Jensen
(chant)

-Rune Stiassny
(guitare+claviers)

-Mattias Svensson 
(guitare)

-Brian Pomy Hansen
(basse)

-Henrik Glass
(batterie)

TRACKLIST

1) Litany of Rain
2) Wind Torn
3) A Lonely Passage

4) A Fathers Providence
5) Mourning Sun
6) Call of the Raven Moon
7) Forest of Insomnia
8) Between
9) Limb of Crystal Clear

DISCOGRAPHIE


Saturnus - Saturn In Ascension
(2012) - doom metal mélodique - Label : Cyclone Empire



Retrouver Saturnus, c'est retrouver un vieil ami. Un vieil ami rencontré un soir de réveillon, avec Martyre. Étonnante et délicieuse circonstance de rencontre. Toujours est-il que le doom / death très mélancolique de ces Danois aura été une étape importante pour votre serviteur. Martyre était sublime. Veronika Decides To Die était de la même trempe. Six années plus tard et après un changement de personnel important auquel seul le chanteur Thomas A.G aura survécu, se réveillant d'un sommeil qu'on aurait pu croire éternel, Saturnus est de retour avec Saturn In Ascension. Comme la planète du même nom, Saturnus se fait oublier, le temps de revenir une fois sa révolution effectuée.

Une chose est certaine: le ton n'a guère été modifié par les nombreux départs. Il est d'ailleurs étonnant de voir à quel point l'entité Saturnus dépasse la simple addition de ses membres. Doté d'une personnalité propre, le groupe persévère dans une musique fondamentalement mélodique, mélancolique et romantique. Les nouveaux membres, eux, ne semblent pas effrayés par le long sommeil entamé en 2006 et chacun semble avoir trouvé sa place. Les guitares lead continuent de se tailler la part du lion (et rappellent le funeral doom pratiqué par Ea, pour les plus avertis) tandis que les riffs s’enchaînent, n'hésitant pas à accélérer à l'occasion pour mieux marquer le contraste avec la lenteur propre au style pratiqué ("A Fathers Providence", rythmé et proche des morceaux les plus efficaces de Paradise Lost). La plus forte accélération se trouve pourtant sur la piste bonus "Limb of Crystal Clear", sortie des archives du groupe et terminant de la manière la plus impropre qu'il soit un album qui méritait mieux. Voici un bonus qui s'avère être un malus tant il détruit l'ambiance instaurée sur le joli "Between", mélange de violons, choeurs, et solo majestueux. Passons.
Comme toujours chez les Danois, les arrangements sont soignés. Partout s'immiscent avec subtilité les douces notes de guitare acoustique, de piano, de violon ou encore de flûte ("Call of the Raven Moon"). Le producteur, Flemming Rasmussen (Metallica, Blind Guardian...) n'est surement pas étranger à ce résultat limpide. Au titre des bonnes surprises, il convient de signaler "A Lonely Passage". Dans le même esprit qu'un "All Alone" sur Veronika..., ce court morceau acoustique se révèle particulièrement touchant, notamment par l'ajout de chœurs arabisants et par l'apparition d'une voix féminine charmante et inattendue. Car le chant est bien évidemment l'une des marques du groupe. Thomas A.G alterne entre growl (peu puissant, aucune amélioration n'étant à noter), chant clair plaintif et spoken words (un peu envahissants sur ce nouvel album), les trois volets étant souvent utilisés au sein de chaque morceau. Ceux-ci autorisent en effet de telles alternances en raison de leurs durées respectables (trois titres dépassent les dix minutes). Le minimum syndical du doomster est ainsi respecté.
Nous avions parlé des lead. Continuons. Cette guitare aérienne mène la danse. Dès le morceau d'ouverture, elle occupe tout l'espace, reléguant le reste au second plan. Ces accroches mélodiques font de Saturn In Ascension un disque aisément mémorisable. Mais cet avantage est également un défaut, car qui dit mémorisable dit lassitude et le disque ne possède que peu de recoins cachés. Très vite, l'auditeur convaincu et charmé par ces envolées ("Wind Torn", parfaite; "Forest On Insomnia") n'aura plus rien à se mettre sous la dent qu'il ne connaisse déjà. Voilà d'ailleurs le problème de Saturn In Ascension : tout y est déjà connu. Les six années d'absence du groupe ont légitimement fait naître chez le fan une certaine impatience, qui risque ici d'être refroidie. Et si ce nouvel album satisfait à ses obligations, tout ce que l'on peut y entendre l'a déjà été sur les opus précédents. Aussi n'y aura t-il aucune surprise cette fois-ci. La qualité des compositions permet certes de se réjouir, mais il est clair que le choc sera moindre pour ceux connaissant déjà le groupe sur le bout des doigts.


Objectivement, Saturn In Ascension répond aux attentes de base du doomster. L'esprit Saturnus est présent, les mélodies sont touchantes et les compositions variées. Une réussite donc. Mais, et c'est le fan qui parle, après un hiatus de six ans, l'on pouvait espérer davantage. Davantage de quoi ? Comment ? C'est là tout le problème. Rien n'est à ajouter à un disque honnête. Pourtant, nous voilà face à "un album de plus". Finalement, chacun jugera selon la connaissance qu'il possède des travaux antérieurs du groupe. Me concernant, Saturn In Ascension ne sera qu'un album de qualité de plus dans une discographie sans faille. C'est déjà ça, me direz-vous.


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