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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 14 octobre 2012
Sa note : 13/20

LINE UP

-Jon Kristian Skare
(chant + guitare + basse)

-Martin Wasa Olsen
(guitare + basse)

-Morten Edseth
(batterie)

TRACKLIST

1) Untame
2) Leave it all to Burn
3) Scarecrow
4) Red
5) Absence
6) Resilient
7) Down on Blood
8) Summoned at Night
9) Afterglow
10) Lights Out

DISCOGRAPHIE


Posthum - Lights Out
(2012) - black metal - Label : Indie Recordings



Top ! Je suis un groupe norvégien formé en 2004. Je reste confidentiel jusqu'en 2009 date à laquelle je sors mon premier album. Je ne proviens pas de la scène de Bergen et ne me mélange pas aux mondanités du black metal avant mon premier album. Je suis ensuite repéré et on m'embarque dans un tour avec Satyricon et Shining. Je suis bien vu des critiques et on me prête des sonorités post black metal. Je suis, je suis ? … Non, toujours pas ? Ok, je vous donne la réponse, je suis Posthum !

Et Posthum revient donc en cette année 2012 pour livrer en pâture à la critique incorruptible un second album. Ce second album a pour nom Lights Out et semble aller dans la droite ligne de cette sortie originelle qui les fit connaître. Pour se faire, les Norvégiens ont opté pour un son typique de leur région, à savoir froid, brumeux et un poil cruel. Boisées, les guitares font indéniablement penser à ces grandes forêts de conifères qui parsèment si bien leur pays et les albums de tous leurs compères. Un très bon point donc. Pourtant, il va rapidement différer des grands frères et cousins par son orientation plus « post » qu'à l'accoutumée. Orientation post qui se voit matérialisée par des syncopes régulières et habituelles du genre. Les accords peuvent être également distants les uns des autres pour laisser le temps à l'atmosphère de s'installer. Bref, on ne navigue pas dans les attaques brutales et supra-rapides qui peuplent la scène.
Posthum n'en oublie cependant pas que les utilisations plus traditionnelles des guitares restent un bienfait confortable pour les oreilles et l'ajoute à son arc. Pourtant, le terme post prend un sens tout particulier lorsque sur "Leave it All to Burn", où on se surprend à entendre Isis période Panopticon. Incroyablement proches dans la structure et la composition, les deux groupes se mélangent pour donner une chanson aux allures post hardcore qui ne dépareille pas au sein de l'album. Pour ajouter aux affiliations plutôt lointaine au pur black metal, si le chant n'en est pas moins râclé et rocailleux, il possède une distance et une sécheresse qui font se dire que décidément, Posthum a envie d'aller voir un peu plus loin que le black metal brut s'il y est. Ce n'est pas un mal le moins du monde et on serait presque tenté de dire que c'est heureux puisque cela donne instantanément un cachet au groupe qui le fait sortir de la masse connue. 
Est-ce seulement suffisant pour bâtir un grand album ? Non, il s'agit uniquement d'une base car le fondement même restent les chansons et sur ce point, Posthum donne dans l'entre-deux. De par son positionnement post, il lui faut être impeccable sur les atmosphères, et c'est effectivement bien fait. Cependant, le groupe a tendance à manquer de peps. Très souvent en mid tempo, il n'a tendance que trop peu souvent à dévier de cette route ce qui le rend par moment ennuyeux. L'accélération de "Down on Blood" qui donne un quasi blast est à ce point bienvenue qu'elle réveille l'auditeur et prouve par la même occasion que Posthum aurait tout intérêt à forcer un peu plus ses variations de rythme. Ce sont elles qui vont maintenir l'attention de l'auditeur lorsqu'on parle de musique quasi-lancinante, et d'autant plus qu'il fait montre d'un certain talent dans ses côtés plus « brutaux ».


La seule conclusion qui devient alors possible est que non, cet album n'est pas celui de la maturité, il manque encore de trop de choses, notamment d'assise des compositions et de maîtrise des rythmes. Lorsqu'il lâche davantage son côté black metal, qu'il l'assume, Posthum est encore plus intéressant et casse l'ennui qu'il installe sans vraiment y prendre garde. Donc encore un peu plus de folie messieurs s'il vous plaît, car vous avez de bonnes idées.


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