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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 08 novembre 2012
Sa note : 13/20

LINE UP

-Kostas Panagiotou
(chant+clavier)

-Ilia Rodriguez
(guitare+chant)

-Mark Bodossian
(basse+chant)

-Sterghios Moschos
(batterie)

TRACKLIST

1) Deliverance
2) Unknown Land
3) Dum Spiro Despiro
4) Haven
5) Oblivion
6) The Loss of Innocence

7) Eternal Sorrow
8) Mourning The Passing of Certainty

DISCOGRAPHIE


Pantheist - Journey Through Lands Unknown
(2008) - doom metal progressif - Label : Firebox records



Pantheist... Oui, décidément, en bon doomster, ce nom doit me dire quelque chose. Je n'ai encore jamais écouté mais... mais oui, voilà ! Pantheist, c'est ce groupe suisse qui, en 2003 et 2005, avait su faire frétiller quelques oreilles sensibles avec un funeral doom emprunt d'un certain mysticisme, voire d'une dimension quasi-religieuse. L'hésitation terminée, il est temps de lancer ce Journey Through Lands Unknown, initialement délivré en l'An 2008 après Jésus-Christ. 

Le doom est un genre balisé, les tempi lents n'étant guère propices aux expérimentations les plus folles. Dans le cas du funeral doom, c'est encore pire. Au rythme d'une note jouée toutes les 15 secondes, tout devient plus difficile. On pourra toutefois citer l'exemple remarquable d'Esoteric qui parvient à transcender le genre. Il n'est donc pas anodin de constater que cet album de Pantheist a non seulement été enregistré dans les studios de Greg Chandler, tête pensante d'Esoteric, mais aussi mixé par le monsieur lui-même. Cela se ressent, car d’expérimentations, il sera bien question sur cette galette. Pantheist n'œuvre ici ni dans le doom trad', ni dans le courant death, pas plus qu'il ne délivre un funeral pur. Même si l'aspect strictement funéraire domine quelques compositions ("Oblivion", "The Loss of Innocence") le groupe est allé dans son propre univers.  Du coup, alors que l'on pensait se reposer les doigts de pieds en éventail devant une musique pré-mâchée, il nous faut au contraire détricoter un amas d'influences et de genres allant de passages strictement doom à d'autres axé death ("Unknown Land"), de passages aux influences célestes ("Mourning The Passing of Certainty") à d'autres aux influences de... cabaret (sic) ("Dum Spiro Despiro"). C'est peu dire que la première écoute est... déstabilisante. 
L'album est clair et laisse chaque instrument s'exprimer, notamment la basse, ce qui est loin d'être un luxe. Parmi ces instruments se cache un invité surprise et relativement invasif : l'orgue hammond. Responsable des dérives cabaret évoquées plus haut, cet instrument se taille parfois la part du lion, comme sur "Dum Spiro Despiro", le tout pour un résultat d'abord irritant, puis finalement assez sympathique. Le chant, lui, se veut à la fois clair et grogné, dans la plus pure tradition du genre. Si l'aspect growlé dévoile un coté old school assez chouette, le chant clair, qui se voudrait choral et religieux, pêche parfois par un manque de puissance et de justesse pour le moins décevant. Le morceau final, "Mourning The Passing of Certainty", est à cet égard tristement remarquable. Pour peu que l'auditeur ait goûté à un certain Funeral, la comparaison sera dure pour nos pauvres Suisses. Signalons encore "Haven", courte piste faisant office d'interlude jouée à la guitare classique, qui voit carrément Pantheist sortir du tiroir un... harmonica. Incontestablement, la musique présente sur cet opus globalement sombre est rendue sympathique par ce foisonnement de détails. 
Album unique, album varié, oui. Mais album parfait ? Non. Journey Through Lands Unknown souffre de ses particularités. Celles-ci, et malgré toute la bonne volonté du groupe, ne convainquent pas suffisamment pour être marquantes. De ces passages expérimentaux ressort un sentiment d'inachevé. Si les trois premiers morceaux sont agréables et originaux, ils ne sont guère plus. Le meilleur ne débute finalement qu'avec "Haven", précédemment évoquée. Suit alors "Oblivion", un concentré de funeral doom on ne peut plus classique, très beau. "The Loss of Innocence" côtoie les sommets. Une introduction teintée de divin (on ne s'appelle par Pantheist pour rien), suivie d'un doom sépulcral, lui-même cassé par un piano particulièrement touchant accompagné d'une mélodie spectrale de... flûte (hautbois... qu'en sais-je ?! Encore un instrument inattendu !) avant une reprise du thème en choeur ! On vous avait prévenu, Pantheist aime varier les plaisirs. Enfin, "Eternal Sorrow", fort d'un riff efficace et d'une guitare quasi-bluesy annonce d'une fort belle manière la clôture d'un album, ma foi, fort riche. Le morceau final, principalement vocal, ne sera quant à lui malheureusement pas le meilleur moment de Journey...


Étrange album que celui-ci. Pantheist prend le parti d'innover dans un cadre pourtant souvent strict. Rien que pour cela, l'album mérite le coup d'oreille. Toutefois, et là est le paradoxe, c'est sur les parties les plus classiques de sa musique que Pantheist parvient le plus à nous faire vibrer. Au final, Journey Throught Lands Unknown s'avère donc être un album honnête et riche.  Bien qu'il laisse une impression de manque sur ses parties les plus expérimentales les passages les plus classiques, eux, seront appréciés des amateurs du genre.


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