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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 06 octobre 2012
Sa note : 19/20

LINE UP

-Petr "Ptoe" Tomanek
(guitare + chant)

-Ondra Martinek
(guitare)

-Andy Maresh
(basse)

-Tomas Corn
(batterie)

TRACKLIST

1) Land Where Sympathy Is Air
2) To Become Shelter And Salvation
3) Bringer Of Elvenefris Flame
4) Flowering Entities
5) To Give
6) On The Way Home
7) Shine Of Consolation
8) Sadness And Strenght
9) A Step Closer
10) An Old Man And A Child 

11) Walking In The Garden Of Ma'at

DISCOGRAPHIE

Elvenefris (2000)

Lykathea Aflame - Elvenefris
(2000) - brutal death égyptien technico-progressif - Label : Obscene Productions



Le pharaon contemplait les musiciens officiels de sa cour et pensa que « tout de même, un peu de changement ne ferait pas de mal à cette bande de jean-foutre » (l’auteur décline toute responsabilité pour des mots qui pourraient sembler décalés par rapport au contexte historique). Après les avoir fait mander par un papyrus sur lequel figuraient 3 mots écrits de sa main (on avait des scribes pour ça, alors pourquoi se casser le cul franchement ? Un record mondial on vous dit !), leur soumit son dilemme par une simple demande : ils devraient composer une musique digne des dieux, mais qui rendrait un hommage à sa gloire personnelle de pharaon d’Egypte des pyramides du sable du désert et j’ai plus de mots alors fin de la phrase.

Ainsi que clairement indiqué dans l’intro, au demeurant relativement foireuse tant elle utilise des procédés comiques de bas étage qui mériteraient à son auteur une lente flagellation avec des ananas, cet album c’est la vision de la musique égyptienne antique (si vous connaissez la vraie musique égyptienne d’il y a 2 000 ans, faites-moi signe) par des Tchèques. Plus précisément, c’est un joyeux mélange entre un brutal death qui emprunte pas mal à Devourment pour la voix (certains diront que le vocaliste essaye d’imiter les grognements de Seth, enfermé dans une sombre crypte remplie de scarabées nécrophages en attendant son retour qui apportera la mort et la désolation), et des passages plus atmosphériques, avec une touche progressive parfois pour finir de rendre le tout totalement unique. C’est d’ailleurs assez étonnant que cet album nous vienne de la République Tchèque, tant le pays est plus connu pour ses formations de brutal death ou porngrind / goregrind bas du front.
Bien que cela ne soit pas très attrayant dans une chronique, je me vois obligé de passer en revue chaque instrument afin de leur rendre justice comme il se doit. Le clavier, déjà, tient une part non négligeable dans cet opus. En effet, il crée de nombreuses ambiances, sans que l’on remarque toujours sa présence, et ceci est une force, car trop d’exubérance de sa part aurait desservi la musique. En revanche, l’épique solo de 11 minutes, à la fin du disque, où l’incroyable technique de l’instrumentiste nous permet de découvrir les différentes races d’oiseaux ne plaira pas à tout le monde, et sera presque systématiquement zappée. La batterie se trouve usée par un maître qui a bien appris ses leçons chez Cryptopsy. La pieuvre nous abreuve d’un jeu fluide alternant de fort belle manière le blast avec des passages plein de cymbales tirant presque sur le jazzy à l’occasion. Mais, la batterie est justement aussi un des principaux défauts de l’album, ou plutôt son mix, qui fait trop claquer la caisse-claire et place l’instrument trop en avant par rapport aux autres.
Le vocaliste, comme déjà dit, emprunte beaucoup à Devourment pour la profondeur de sa voix, mais place aussi de temps à autre des lignes de chant clair véritablement délicieuses. La basse ensuite, se fait assez discrète lors des passages blastés, mais dans d’autres occasions il est visible que son soutien aux guitares est indispensable. D’ailleurs, lesdites guitares représentent le noyau-dur de ce chef-d’œuvre, alternant les riffs pachydermiques mais groovy à souhait avec les arpèges cristallins et les trémolos mélodiques. Certes, dit comme ça cela peut paraître presque banal (OK, le mec, il nous a gavé avec ses instruments, il aurait pu le faire avec n’importe quel album), mais je tiens à insister, chaque passage de cet album est aussi inspiré que le précédent et l’intensité ne retombe absolument jamais, jusqu’à l’infâme outro. Mais une fois zappée, l’album repart, et les cavalcades en char dans les dunes entre les pyramides afin d’échapper à  une nuée de sauterelle ou une crue intempestive du Nil reprennent leur cour de plus belle.


Malheureusement, après cet unique album, le groupe splittera, pour se reformer en 2006 sous le nom de Lykathé, sans donner plus de nouvelles. Mais l’album se verra réédité par Obscene Productions. Un album unique, qui fait la nique à Nile et son brutal death pseudo-ambiancé Egyptien en proposant une musique capable de plaire à des personnes pas adeptes du genre à la base, par sa constante mélodie et sa permanente inspiration. Un chef-d’œuvre trop peu connu qui aurait mérité de sortir de l’anonymat et de marquer plus durablement les esprits. Monde de merde.


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