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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 26 septembre 2012
Sa note : 10/20

LINE UP

-Zoltan Farkas 
(chant + guitare) 

-Tamas Schrottner 
(guitare) 

-Szabolcs Murvai 
(basse) 

-Robert Jaksa 
(batterie) 

TRACKLIST

1) War is my Way
2) Unscarred
3) The Cross
4) Cut it Out
5) Black Flag
6) Private Hell
7) 12 Angels
8) Enemy
9) Fuck Your God
10) Never Surrender
11) Sick Love
12) Feel Like This
13) Kill it
14) The Pretender

DISCOGRAPHIE


Ektomorf - Black Flag
(2012) - néo metal - Label : AFM Records



Je ne sais pas si c'est pareil partout, mais Ektomorf se fait régulièrement défoncer par le presse metal française. Il faut dire que l'obsession de son leader Zoltan Farkas à vouloir être Max Cavalera à la place de Max Cavalera (et même pas le Max prince du thrash de l'époque Arise, non, le gros Maxou bouffi et cradingue de Soulfly) a quelque chose de pathétique dans le fond. Que les optimistes se rassurent, ce n'est pas avec Black Flag, déjà le huitième album du groupe, que les choses vont changer…

Bon, soyons honnêtes, on trouve aussi une réelle influence de Machine Head sur Black Flag. Pas le Machine Head récent, celui où Robb Flynn chiale comme une gamine entre deux parties de twin lead, mais le Machine Head des débuts qui envoyait du gros riff en mode bulldozer. Impossible de ne pas y penser dès le premier titre, "War is my Way", dont la partie lente rappelle la fin de "Davidian". Idem un peu plus tard avec "Private Hell", dont le riff lent ponctué par une note de guitare sifflante sonne un peu "None but my Own" version 2.0. Cette influence était peut-être déjà présente sur les albums précédents du groupe, mais je vous avoue que le peu que j'en ai entendu ne m'a guère incité à creuser plus profond… Pour le reste, que du classique : une copie carbone de Soulfly, avec le même son gonflé aux hormones, les mêmes riffs basiques, le même type de paroles neuneu, les mêmes refrains simplistes consistants à marteler le titre de la chanson ("Cut it Out", "Black Flag", "Enemy", "Never Surrender" et j'en passe)… C'est donc parti pour 14 titres, dont un interlude de 2 minutes tout de même et une reprise (on y reviendra). 14 titres bordel… Un peu de tri, c'était trop demander ? D'autant que de mémoire de chroniqueur, je n'ai pas le souvenir d'avoir connu un album pareil : de bons albums avec un ou deux gros craquages OK, des albums moisis avec un éclair de génie OK aussi, mais un album qui contient autant de morceaux sympas que de trucs vraiment nazes, je crois bien n'avoir encore jamais vu ça.
C'est quand même dommage, car en dégageant les quelques compos torchées en 5 minutes (du moins on l'espère, parce que sinon il y a de quoi s'inquiéter) telles que "Enemy", "Feel Like This" ou "Sick Love", on arrivait à un album d'un niveau tout à fait correct et suffisamment fourni avec une dizaine de compositions originales. Dans ce cas-là, on aurait retrouvé dans le fond du panier des titres comme "Cut It Out" ou "Kill It", qui ne sont peut-être pas terribles mais déjà nettement moins honteux. A côté de ça, on trouve des trucs vraiment pas mal comme "The Cross" et son couplet en forme de rouleau compresseur ou "Unscarred", qui dispose d'un bon refrain même si Farkas nous montre toutes ses limites au chant. Mais à l'évidence, c'est quand Ektomorf aligne tous les poncifs du neo metal qu'il s'avère le plus efficace. "Black Flag" est irrésistible avec ses plans de batterie à la John Otto, tandis que le refrain hyper calibré de "Never Surrender" fait lui aussi son petit effet. Bonne pioche pour l'édition limitée avec la reprise de "The Pretender", car ce titre rock apporte un peu de couleur à un album terriblement monochrome, où seule la touche hardcore de "Fuck Your God" amène un peu de variété. Le traitement au gros son n'empêche pas de reconnaître la patte originale des Foo Fighters, et si Farkas est franchement à la lutte sur le couplet où on n'est jamais très loin du massacre, il insuffle un supplément de patate bienvenu sur le refrain. Excellente conclusion, qui arrive malheureusement un peu tard.


J'avoue, pendant 20 minutes, j'ai presque cru qu'Ektomorf allait nous sortir un truc pas mal du tout ; et puis voilà, comme souvent, les Hongrois se tirent une balle dans le pied avec toute une série de morceaux composés à la va-vite qui viennent ruiner les bonnes choses du début. Black Flag ne fait pas exception à la règle, et en dépit de quelques titres d'une efficacité redoutable, cet album s'avère au final plus que moyen. Mais qui croyait sérieusement le contraire ?


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