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CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 27 juillet 2012
Sa note : 17/20

LINE UP

-Joe Stump
(guitare)

-Jay Rigney
(basse)

-Rock Jetstream
(claviers)

-Hector Jaramillo
(batterie)

TRACKLIST

1) The Ritual Begins
2) Man Your Battlestations
3) Pistoleros
4) Shredlord’s Sonata
5) Master’s Prelude
6) In The Master’s House
7) The Black Knight’s Castle
8) Enter The Coven
9) Evil Beasts Below
10) Strat Outa Hell
11) White Knuckle Mayhem
12) The End Approaches

DISCOGRAPHIE


Stump, Joe - Revenge Of The Shredlord
(2012) - shred instrumental neo-classique - Label : Lion Music



Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah………… (soupir d’aise) Bon sang de bois, ça fait du bien ! Pardonnez-moi, je me mets à l’aise, mais je dois reconnaitre que cela fait longtemps que je n’avais pas eu du bon shred à me mettre dans les oreilles. Des choses techniques, oui, parfois à base de guitare, dans le trip guitar-hero et compagnie, si, cela arrive encore de temps en temps. Mais du shred décomplexé, néo-classique, pompeux et supersonique, ça faisait bien longtemps. L’age d’or des années 2000 avec Borislav Mitic, Vitalij Kuprij, George Bellas, Rusty Cooley ou encore Theodore Ziras (et je ne parle même pas de Malmsteen) est-il achevé ? Non, car le bon Joe Stump est encore présent.

Et pour Revenge Of The Shredlord (rah, ce titre, il ne changera jamais, le bonhomme), Joe a ressorti sa bonne six cordes, a aiguisé son manche et c’est parti pour une heure dix de shred explosif, de sweeps infernaux et de gammes enchainées à la vitesse d’un F-16. N’insistez pas : si ce que je viens de dire n’a pas déclenché chez vous une excitation quasi-sexuelle, passez votre chemin, nous resterons entre initiés. En 2009, Virtuostic Vendetta avait déçu, trop creux et prévisible, comme si Joe Stump était à bout de souffle et avait perdu la Holy Flame of Shred. L’arrivée de Revenge Of The Shredlord, toujours chez Lion Music, avec ce titre en droite ligne de ce que propose le bonhomme depuis son premier album Guitar Dominance en 1993 et cet artwork toujours aussi laid a légitimement provoqué à la fois de l’enthousiasme (« ah, content de voir que rien n’a changé ») et la crainte d’une nouvelle déception pour un album qui, semblait-il, partait sur strictement les même bases que Virtuostic Vendetta. Mais en même temps, la première écoute donne le ton : Joe n’est plus là pour rigoler, et du shred néo-classique, z’allez en bouffer une bonne louchée.
Le mot d’ordre est ici : metal. Déjà, pour une fois, le maître fait l’impasse sur le blues/rock bien gras qui à chaque fois correspond aux titres les plus dispensables de la galette pour se concentrer sur le néo-classique efficace et épique. Visez-moi cette introduction : clavecin, sweep et arpèges, le ton est donné et s’ensuivra soixante-dix minutes de folie, avec du shred totalement fou ("Shredlord’s Sonata", "White Knuckle Mayhem", "Enter The Coven"), de jolies mélodies ("In The Master’s House", "The End Approaches") et des ambiances plus lourdes ("Evil Beasts Below"). Le son de l’ESP de Joe Stump est toujours aussi reconnaissable, sale, avec un gros grain, bref un son parfait pour son touché lui aussi très axé sur le feeling plus que sur la précision, avec un jeu décontracté et très souvent improvisé. Inutile de rentrer dans un track by track fastidieux, puisque de toute façon il n’y a pas de ratage dans les douze titres que composent ce Revenge Of The Shredlord, et même de très bonnes réussites comme l’explosif "Shredlord’s Sonata" ou la très mélodique et très belle "The End Approaches", plus posée et qui clôt majestueusement l’album.
Bien sûr, la recette du bonhomme ne change pas par rapport à ce qu’il nous propose depuis maintenant 20 ans. Rien de véritablement notable, pas de prise de risque, aucune innovation : tout cela est du Joe Stump pur jus qui continue à s’amuser comme un petit fou sans rien chercher à prouver à qui que ce soit. Du coup, chaque chanson ou presque propose ces fameux passages où Joe, sur un riff simple (bateau, diront certains), shred en improvisation totale (en générale, il le met dans la boite en 2 ou 3 prises, voire une seule) comme si sa vie en dépendait. Certes, du coup, certains plans se répètent, les gimmicks reviennent souvent et le tout est rarement basé sur une simple ligne mélodique mais plus sur une virtuosité et une vélocité inébranlable, ce qui aura le don sans doute d’énerver ses détracteurs pour qui l’expression à la guitare se doit d’être plus posée, plus construite. Mais Joe, lui, s’en fout : en bon cow-boy de la six-corde, il dégaine plus vite que son ombre et noie son auditeur sous un déluge de notes et de patterns.


A vous de voir si, à ce genre d’exercice, vous êtes du genre à tout prendre dans le visage avec un sourire béat ou à vous enfuir sans vous retourner. Mais, en tout état de cause, Revenge Of The Shredlord remplit parfaitement son office avec ce qui fait le bonheur de tout amateur de shred : de l’identité, de la rapidité et une assurance solidifiée par des années d’intense pratique. Merci maître.


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