5339

CHRONIQUE PAR ...

40
Joe Le Hareng
Cette chronique a été mise en ligne le 26 juillet 2012
Sa note : 18/20

LINE UP

-Jenks Miller
(chant+tout)

-Scott Endres
(guitare)

-John Crouch
(batterie)

TRACKLIST

1)Mithras
2)
Ahriman
3)Inheritance (The Changeling)  
4)Arjuna
5)
Hallucigenia I : Hermetic Gifts
6)Hallucigenia II : Spiritual Junk
7)Hallucigenia III : The Emerald Tablet  

DISCOGRAPHIE

Half Blood (2012)

Horseback - Half Blood
(2012) - doom metal ambient Drone-doom-psyché-un peu black sur les bords - Label : Relapse Records



« Chapeau ». C'est par ce seul mot que pourrait être remplacée cette chronique. Avec son metal psychédélico-doom-stoner-un-peu-black-il-faut-bien-l'avouer sinistre et comtemplatif, Half Blood met la barre très haut. Mais vraiment haut. A chatouiller les sommets où sont perchés Neurosis, Impure Wilhelmina et autres pointures. Excusez du peu.

La recette est très simple : des arpèges qui tournent en boucle, des nappes de clavier et une voix lugubre. Simple mais exécutée avec génie. Dès le début de l'album, le ton est donné et les chevaux lachés : le son monte, s'arrête sur un coup de caisse claire et fait place à la basse. Basse qui fera tourner son riff lancinant pendant tout le morceau sur la batterie mid-tempo. Les guitares égrainent alors leurs arpèges tournoyants sur cette ossature proboscidienne. Déboule alors la voix. Distordue. Très distordue. Du growl avec de la distortion dessus ? Ca passe tout seul. Avec une pointe de reverberation pour faire caverneux ? Encore mieux !
Et la recette sera appliquée à tous les morceaux. Une section rythmique hypnotique qui vous traine dans la boue, des guitares qui développent leurs mélodies psychédéliques (parfois épaulées d'un clavier qui nappe à n'en plus finir) et cette voix déroutante mais totalement dans le propos. Fichtre que c'est sombre, lent et beau comme un cimetière sous la pluie. Un peu comme si les sus-cités Neurosis s'étaient accoquinés avec Electric Wizard le temps d'un album de reprises de Kyuss. Ici, point de gros riff qui tabasse, place aux mélodies catchy, aux petites ritournelles qui tournent, tournent et retournent. Bien peu de variété dans les morceaux et entre les morceaux mais le propos est justement là : tout est fait pour créer l'Ambiance ! Et quelle ambiance !
Le summum est atteint sur le triptyque "Hallucigenia" : un prélude noisy qui monte gentiment en puissance, venant mourir aux pieds d'une deuxième partie qui porte génialement son nom : "Spiritual Junk", où la contemplation morbide à son summum. Y'a rien... Mais un rien d'exception ! "The Emerald Tablet" clotûre notre trilogie à grands coups d'infra-basse, de guitares qui zonzonnent et de notes de clavier éparses en un crescendo inquiétant dans lequel il est bon de se laisser couler. "Hallucigenia" ou l'instrumental de 35 minutes aux aspects de sables mouvants enchantés. On s'enfonce, lentement, surement, jusqu'à être totalement englouti dans ce piège musical sans même penser une seule seconde à se débattre tant on y est bien.


Il est des fois où il est bien difficile de mettre des mots sur de la musique, surtout quand celle-ci fait plus appel à vos tripes qu'à vos neurones. Avec trois fois rien, les Américains de Horseback vous happent et vous entrainent dans un voyage psychédelico-metal au cœur de leurs cauchemars. L'ambiance douceâtre cachant à merveille les relents méphétiques, on en redemande. Encore. Et encore. Un chef d'oeuvre.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7