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CHRONIQUE PAR ...

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Tabris
Cette chronique a été mise en ligne le 22 juillet 2012
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Siegfried Samer
(chant)

-Andreas Poppernitsch
(guitare)

-Daniel Stockinger
(guitare)

-Georg Lorenz
(clavier)

 -Herbert Glos
(basse)

-Frederic Brünner
(batterie)

TRACKLIST

1)Of Legends
2) Burning Skies
3) Land of Broken Dreams
4) Dragonslayer
5) Wings of the Night
6) Vaults of Heaven
7) The Longest Night
8) Hero's Return
9) The Ride
10) Alcador

DISCOGRAPHIE

Legends (2012)

Dragony - Legends
(2012) - metal symphonique power metal - Label : Limb Music



« Comme le vin, les légendes réjouissent le cœur de l'homme ». L'homme, englué dans son marasme quotidien et pris dans la tourmente, a de tout temps fait appel à son imaginaire pour se libérer l'esprit. Dragons rugissants, mondes enchanteurs, licornes insaisissables... Les arts ont toujours offert une place de choix à ce monde féerique et la musique n'est évidement pas en reste. Bon nombre de groupes ont tenté de nous envelopper dans ce voile du merveilleux, mais voilà, comment se distinguer ? Il est dit que l'« on ne reconnaît jamais un phénomène, une individualité qu'à sa flamme, qu'à sa passion », voyons donc ce que ce jeune groupe autrichien de power métal symphonique a dans le ventre pour nous faire valser les sens !

The Dragonslayer Project, rebaptisé Dragony par la suite, est fondé en 2007 par les guitaristes Andreas Poppernitsch et Daniel Stockinger, ainsi que le chanteur Siegfried Samer. Faisant d'abord place à des guests, le line up se met progressivement en place pour compter au final six membres. Si initialement, il s'agissait exclusivement d'un projet studio d'opéra rock, le groupe se fait connaître en faisant l'ouverture de groupes comme Serenity, Sonata Artica ou encore Axxis et apparaît comme un jeune espoir de la scène autrichienne. Influencés par Kamelot, Judas Priest, Nightwish ou Avantasia, nos gaillards ne s'aventurent cependant pas à révolutionner le genre, mais se plaisent simplement à délivrer un son à la frontière de l'épique et du heavy metal traditionnel, propice à l'évasion.
Legends (c'est original !) est donc le tout premier fruit de cette sympathique formation. Et dès la première écoute, on ne peut que constater que tout les éléments sont bel et bien là pour constituer un classique du genre. Une atmosphère lyrique, soutenue par une rythmique rapide et enjouée, ainsi que des mélodies accrocheuses, des solos de guitares efficaces et de belles nappes de clavier, que demander de plus ? L'album démarre donc par un "Of Legends" orchestral, certes très attendu pour le genre, mais qui n'en demeure pas moins fort agréable. Sans surprises, s'en suit un "Burning Skies" (en compagnie de Ralph Scheepers de Primal Fear) dont la rythmique rapide nous emporte d'emblée. L'album égraine ainsi ses dix tableaux épiques de façon fluide et cohérente.
Mais c'est peut être là que le bât blesse, car si la prestation est tout à fait honorable, nos musiciens ne manquant pas de talent, l'album s'écoute pourtant sans grande passion. La trame, par son trop grand classicisme, dessert nos artistes, conduisant à un sentiment de platitude de l'ensemble. En outre, la voix de Siegfried Samer, bien que claire et juste, manque encore quelque peu de flamme et de profondeur, et semble parfois même dénoter quelque peu. On saluera cependant la présence d'un certain nombre de guests qui viennent appuyer l'ensemble de leur expérience, commepar exemple Katarina Bilak (de Siren's Cry) qui apporte une belle touche d'émotion à "The longest Night", Phil Porter (Siren's Cry) ou encore Tom Tieber (Ecliptica).


On ne le répètera jamais assez, mais dans le vivier musical, les œuvres pullulent pèle-mêle et dans ce tumulte, il est très difficile de distinguer la perle rare. Et pour revendiquer ce titre, il ne suffit pas de suivre le schéma prédéterminé d'un genre musical, mais il faut encore faire germer cette petite graine de sublime qui fait la différence. Gageons que notre jeune groupe a encore du chemin à faire, mais semble avoir les éléments en main pour s'engager sur la bonne voie.


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